Des secouristes de la Protection civile du Val de Marne en grève de la faim

Une dizaine de secouristes bénévoles de l’Association départementale de la protection civile du Val de Marne (Adpc 94) ont entamé une grève de la faim depuis le mardi 4 octobre. Les raisons de leur colère : le retrait de l’agrément leur permettant d’assurer leurs missions de protection civile

et premiers secours lors d’évènements ainsi que leur activité de formation. A l’origine de cette situation, selon l’association départementale, un désaccord avec la politique de la Fédération nationale, visant à centraliser davantage son organisation, ceci dans le cadre de la loi de modernisation sur la protection civile.

Ainsi, les associations locales communales se sont elles dissoutes pour intégrer les associations départementales dont elles sont devenues des représentations territoriales. Une petite révolution dans l’organisation, qui a été parfois bien vécue, parfois un peu moins bien, en fonction des sites.

Concernant la région parisienne, le développement du concept d’un Grand Paris serait en ligne de mire. Et il s’agirait de réunir l’ensemble des départements de l’Ile de France pour mutualiser certains moyens et renforcer la visibilité de la fédération. Le problème : la majorité des départements de la petite couronne refusent cette régionalisation, non pas parce qu’ils sont contre sur le fond, mais parce que la démarche n’est pas suffisamment collégiale et fédérale. En attendant, la Protection civile de Paris a déjà commencé à poser un orteil à l’extérieur du périphérique avec une antenne à Thiais, dans le Val de Marne, malgré l’existence d’une association départementale, suite à un différent entre celle-ci et l’équipe de Thiais.

C’est suite à cette défection de l’antenne de Thiais que les relations entre l’association du Val de Marne et la fédération nationale se sont dégradées. L’Adpc 94 a en effet reproché à la Fédération d’avoir laissé Paris reprendre l’antenne de Thiais avec son matériel.

En outre, l’association val de marnaise refuse de se fondre dans l’organisation commune au Grand Paris. Courant 2010, la Fédération nationale obtient le retrait de l’agrément de l’ADPC 94 pour des raisons administratives mais l’Adpc 94 se défend en référé et gagne un sursis, car l’affaire n’est pas encore jugée sur le fond.

Mais début mai 2011, la Fédération nationale envoie un courrier à la Direction de la sécurité civile, pour indiquer qu’elle ne peut plus garantir les conditions d’exercice de l’association départementale et lui demande de supprimer son agrément, chose faite à l’occasion d’un arrêté ministériel du 11 juillet 2011. L’Adpc 94 tente un nouveau référé suspensif auprès du Conseil d’Etat. Mais elle est cette fois ci déboutée. Le juge des référés ne reconnaît pas le caractère d’urgence de la suspension de la décision en faisant valoir que, faute d’un agrément national, l’Adpc 94 peut en attendant le jugement demander un agrément départemental auprès de la préfecture. Problème : cela prend  concrètement plusieurs mois. En attendant le jugement sur le fond, l’association locale ne peut donc plus exercer ses missions de premier secours ni de formation au secourisme.

C’est dans ce contexte qu’une dizaine de secouristes de l’association locale ont démarré une grève de la faim à durée illimitée dans leurs locaux de Saint-Maur des Fossés. Voir leur communiqué. La Fédération nationale n’a jusqu’à présent pas communiqué publiquement sur le sujet.

L’Adpc 94 a également fait un film (voir ci-dessous) pour expliquer sa situation et créé une page Facebook. Au-delà du conflit entre la fédération nationale, l’association parisienne et l’association du Val de Marne, la concurrence entre les associations de protection civile ne date pas d’aujourd’hui dans le département, où se sont opposées ces dernières années UMPSA (devenue UDPS 94 depuis son entrée il y a un an dans le giron de l’ANPS, Association nationale des premiers secours).

 

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4 réponses à Des secouristes de la Protection civile du Val de Marne en grève de la faim

  1. Votre article très documenté, reflète bien le problème de la Protection Civile depuis la mise en œuvre de la loi de modernisation de la SC de 2006. Aujourd’hui on s’étonne des résultats que produise une loi qui donne selon, ses propres déclarations, toute autonomie de jugement, de délibéré et de sanction à une fédération qui tente de se substituer à l’administration qui devrait être seul compétente en la matière de Sécurité Civile. Il n’y a plus de garde fous et donc il ne faut pas être étonné que des bénévoles soient obligés de se mettre en grève de la faim pour faire valoir leur droit associatif et le droit de pratiquer leur bénévolat choisi et assumé.
    Tant que nos politiques ne se saisiront pas du fait que l’on demande à des associations loi 1901 de mettre en place « un service public gratuit » sans aucun financement étatique, le problème de fond perdurera encore plusieurs années et verra inexorablement la disparition programmée de toutes nos associations impliquées pour l’intérêt général.
    PS : attention les photos ne sont pas en libre droits d’accès et nous ne pouvons prendre la responsabilité des personnes qui y figure car certaines ne sont plus dans notre association depuis un certain temps.

  2. La lutte continue après 5 jours et 96 heures de grève
    de la faim, les secouristes bénévoles de la Protection
    Civile, toujours déterminés à retrouver leur agrément
    de sécurité civile pour pratiquer bénévolement leur
    activité de secours.
    Rappel : les secouristes bénévoles de l’Association Départementale de Protection Civile du Val
    de Marne (A.D.P.C 94), informent qu’ils entament une GREVE DE LA FAIM. Dans leurs locaux
    associatifs ou sur leurs lieux de travail, pour une durée indéterminée et avec refus de soins dès
    le mardi 4 octobre 2011. Depuis plus de 40 jours les secouristes bénévoles ne peuvent plus
    pratiquer sereinement leurs missions d’intérêt général, suite à la publication d’un arrêté
    ministériel le 20/08/2011, leur retirant sans les avoir informés, leur autorisation d’exercer les
    principales missions de Sécurité Civile : Porter secours bénévolement !
    Nos bénévoles, paient « cash » leur détermination à résister aux menaces de leur fédération !
    Le Ministre de L’Intérieur, la Préfecture du Val de Marne et notre
    Fédération Nationale, restent insensibles à l’appel de détresse des
    secouristes bénévoles. En effet, aucune main tendue vers une solution
    concrète et pérenne ne nous a été proposée depuis 5 jours. Notre cause ne
    leur semble visiblement peu louable, vu l’inertie des autorités qui n’ont
    même pas daigné se déplacer ou nous recevoir afin d’envisager un arrêt de
    notre grève de la faim qui met pourtant nos vies en danger si l’action devait
    se prolonger !
    Que faut-il dans ce pays pour que nos élus prennent
    la mesure du bien fondé de notre action quotidienne
    visant à porter secours bénévolement aux personnes
    en détresse physique ou morale ????
    Vous souhaitez en savoir plus, contactez nous : tél : 01 53 48 10 20 – Fax : 01 48 72 34 73
    Courriel : contact@protection-civile-94.org – Internet : http://www.protection-civile-94.org
    Sur FaceBook : Protection Civile du Val de Marne (ADPC94) ou Adpc ValdeMarne
    Sur Youtube notre vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=m42KlGDyBSg&feature=related

  3. Nous recherchons des aides pour notre mouvement, nos bénévoles travaillant la journée en plus de leur lutte, il nous manque : Matelas gonflables, couettes ou duvets, boissons énergétiques, bouteilles d’eau, PC portable (assez puissants) permettant de communiquer sur les réseaux sociaux et le net, des personnes avec compétences en communication médias…
    Des petits mots de soutien.
    Des dons (contre reçu fiscal) pour poursuivre les actions judiciaires entamées, c’est le nerf de la réussite de notre mouvement : pas d’avocat = pas de lutte !
    Merci à tous et toutes
    contact@protection-civile-94.org

  4. Après 7 jours et 120 heures de grève, notre ressentit :

    Les élus d’où qu’il appartiennent prennent la parole sur un mouvement contre nature, la grève de la faim de bénévoles qui veulent pratiquer leur bénévolat. Nous avons franchis une étape dans ce pays en obligeant par manque d’engagement poli…tique (ou de courage pour certains) de soutenir fermement les secours bénévoles ! Quand nous serons plus là, livrés à la pâture du « Grand Paris »que ferez-vous Messieurs les maires pour vos manifestations ? Comment feront les associations locales sportives et/ou culturelles pour encadrer leurs manifestations ? Au delà du pourquoi ou comment nous en sommes arrivés à cette solution extrême, c’est bien le désengagement de l’état qui est en cause dans toute cette histoire. Mais il est plus facile de taper sur les associatifs de sécurité civile qui ne veulent pas se transformer en secours publics gratuit et bénévole !
    Bravo à ceux qui ont le courage politique de poser le débat et de trouver des solutions pour que nous existions encore pour le seul intérêt général. Honte à ceux qui se servent de nous qu’à des fins électoralistes en nous distribuant des  » c’est bien se que vous faites », mais je ne peu rien pour vous ! Ayez la gentillesse de disparaitre sans faire de bruit !

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