Politique | Saint-Maur-des-Fossés | 21/12/2012
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Guerre froide au conseil municipal de Saint-Maur

Guerre froide au conseil municipal de Saint-Maur

Le conseil municipal de Saint Maur des Fossés de ce 20 décembre n’a pas permis de résoudre sa crise politique interne non plus que donné lieu à un mélodrame, mais s’est conclue par un froid ultimatum, devant une assemblée nettement plus nombreuse qu’à l’accoutumée!

La crise politique saint-maurienne a attiré une foule de citoyens en mairie ce jeudi 20 décembre, à tel point qu’une télévision a été installée dans les couloirs pour que tout le monde puisse suivre le conseil ! Il est vrai que la situation n’était pas banale puisqu’il s’agissait de la première séance après la victoire aux législatives du second adjoint Sylvain Berrios contre son maire Henri Plagnol, dans un contexte de fronde municipale déclenchée lors du conseil du 11 octobre par le nouveau député et une majorité de conseillers du groupe majorité municipale. 

Car dans cette affaire, la législative n’était pas une fin en soi. C’est pour faire pression sur son ancien allié Henri Plagnol et l’inviter à démissionner de la mairie que Sylvain Berrios a menacé de se présenter aux législatives, et remporté le sprint dans son élan. Cet interlude électoral passé, les désaccords sur les questions de finances et gouvernance qui divisent la majorité demeurent. A trois mois du vote du budget 2013, le maire ne dispose plus aujourd’hui de majorité interne.

Conscient du péril, Henri Plagnol n’est pas venu au conseil les mains vides. Les deux délibérations qui avaient été retirées de l’ordre du jour du 11 octobre suite à une menace de vote contre par Sylvain Berrios (une hausse de la taxe CFE sur les entreprises et une décision modificative budgétaire) avaient été largement amendées pour permettre un consensus (voir article à ce sujet et explications d’Henri Plagnol).

De leur côté, les partisans de Sylvain Berrios attendaient d’autres gages, concernant la remise à plat des procédures d’attribution des marchés publics, la présentation d’un plan pluriannuel d’investissement, l’adoption d’un plan pluriannuel d’économies, la réduction du train de vie de la mairie et encore une révision du règlement intérieur pour tenir compte de la nouvelle majorité. Des demandes formulées officiellement dès la fin octobre via une demande de conseil municipal extraordinaire qui ne s’est toujours pas tenu, et rappelées lors de la séance de jeudi.

Une liste un peu gourmande à avaler pour le maire en place, revenant à le destituer par étape de ses prérogatives, et à laquelle l’intéressé n’a donc pas répondu  directement, préférant miser sur un rassemblement post-électoral.

Résultat : c’est  plutôt dans une sorte de guerre froide que le conseil municipal saint-maurien est rentré ce jeudi 20 décembre, après des déclarations préalables se promettant toutes d’oeuvrer pour le rassemblement. « Nous voulons une séance sereine, sans insultes, et surtout utile à Saint-Maur« , a invité Henri Plagnol, souhaitant que « la sagesse l’emporte » et invitant à attendre 2014 pour le « temps électoral ». Sylvain Berrios a de son côté insisté pour que la « ville prenne acte de la gravité de sa situation financière », invitant les élus à se rassembler « pour adopter un plan de maîtrise de la dépense publique ». A quoi l’édile a répondu : « ce plan existe, vous le savez puisque vous y avez été associés.« 

Pascale Luciani, candidate au premier tour ayant rallié le maire au second, a déclaré « choisir le camp de Saint-Maur » et ne se ranger ni derrière Henri Plagnol ni derrière Sylvain Berrios, coupables selon elle d’avoir fait « exploser la ville, tel un volcan« . Nicolas Clodong, chef de file de l’opposition municipale de droite en 2008, a demandé à ce que les tensions au sein de la mairie « n’enrayent pas le fonctionnement du Conseil Municipal« . Quant à Philippe Rosaire, élu de gauche pour Saint-Maur Solidaire, il s’est dit « consterné devant le spectacle pitoyable offert aux Saint-Mauriens« , regrettant que la mairie ne soit pleine, « que par curiosité plutôt que par intérêt pour la chose publique« .

Symbolique hasard, c’est en ce début de séance que l’alarme incendie de la mairie a choisi de se déclencher, suite à un acte de malveillance, suscitant dans l’assistance l’inévitable constat : »Il y a le feu à la mairie, cela ne fait aucun doute ! »

Au coeur de la séance, les sujets qui fâchent sont revenus, du train de vie de la mairie au montant des évènements culturels de Saint-Maur (notamment le festival Rock sur Marne ou encore Saint-Maur en Toutes Libertés). Henri Plagnol a concédé que « des économies pouvaient être faites« , rejetant cependant l’idée de supprimer des évènements « qui font vivre et rayonner Saint-Maur« .

L’abstention comme ultimatum

La guerre des votes qui aurait conduit à bloquer les décisions n’a toutefois pas eu lieu. Mais la modalité choisie pour l’éviter, l’abstention, n’en est pas moins un ultimatum, comme le commente Sylvain Berrios : « Nous sommes 22 conseillers à nous être abstenus lors de la décision modificative. Si nous avions voté contre, elle ne passait pas. Nous avons choisi cette formule pour faire passer le message de manière douce et ne pas bloquer les décisions. Si d’ici le vote du budget en mars 2013 nous n’avons pas de réponses aux cinq demandes que nous avons formulées, et si le maire ne donne pas clairement sa vision, à la fois sur l’intercommunalité qui sera obligatoire en 2015 et sur l’urbanisme alors que le PLU sera également obligatoire d’ici à 2016, nous voterons contre! »

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