Alors qu’elles voulaient profiter de la visite du président de la République au CHU du Kremlin-Bicêtre ce vendredi pour exprimer leurs griefs, les organisations syndicales CGT et Sud Santé, parquées loin de François Hollande tout l’après-midi avant d’être reçues par des émissaires de service, sont plus que furieuses.
« On est tombés dans un traquenard, résume Robert Faurie, représentant CGT. Nous avions préparé toute notre intervention et n’étions pas du tout dans une démarche de contestation, nous voulions juste exposer quelques problèmes relatifs au CHU du Kremlin, quelques autres hôpitaux voisins et la santé publique en général« . Demandant une entrevue avec Marisol Touraine, ministre de la Santé, et proposant d’avoir comme intermédiaire la chef d’établissement, Christine Welty, le cortège s’était mis d’accord avec les forces de l’ordre pour se tenir à une quarantaine de mètres des évènements.
Alors que toute l’opération semblait prévue et claire, les 70 manifestants ont été emmenés par les forces de l’ordre, à 300 mètres de là, selon le représentant syndical. « Nous avons été encerclés par quatre cars de CRS et une foule de policiers appartenant à différents services : gendarmerie mobile, renseignements … un dispositif absolument sur-dimensionné! » regrette Robert Faurie. Bloqués pendant de longues minutes, certains manifestants perdent patience et veulent quitter le cortège pour rejoindre leurs services. « Mais on nous a empêché de sortir » s’énerve le syndicaliste.
La délégation syndicale se sent dupée
« Nous voulions juste exposer des problèmes précis, argumentés« . Des problèmes parfois directement en lien avec le nouveau bâtiment qu’inaugurait François Hollande aujourd’hui. « Nous sommes tous ravis d’avoir ce nouvel équipement mais il s’agit d’un pôle infectieux qui héberge des patients atteints de pathologies aiguës et dont l’état peut s’aggraver très rapidement. Or, le bâtiment est excentré : aucun accès direct et rapide n’est prévu vers les services d’imagerie ou de réanimation. Le 10 décembre 2011, le service a dû faire appel au SAMU de Créteil pour transporter un patient 300 mètres plus bas!« .
Une délégation sera finalement reçue, « dans le local sécurité de l’hôpital » indique le syndicaliste « et par des interlocuteurs qui n’avaient rien à voir avec ceux que l’on voulait rencontrer. » Robert Faurie ne cache pas que l’échange verbal fût violent, « mais c’est normal, c’est une situation intolérable, on méprise le personnel« . Les organisations syndicales ont du coup décidé de clore la rencontre sans débattre davantage. « Nous donnerons suite, c’est sûr, car on ne peut pas s’exprimer !«


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