|

Que peut l’Etat dans le Val de Marne ?

Sécurité sous toutes ses formes (lutte contre la délinquance, prévention routière, risques environnementaux…), aménagement du territoire (constitution du Grand Paris, intercommunalité, logements, transports, opérations de rénovation urbaine avec l’ANRU,) et cohésion sociale (Education nationale, travail sur le handicap et l’exclusion…), c’est autour de ces trois thématiques que le préfet du Val de Marne, Pierre Dartout, a choisi de décliner le rapport d’activité 2011 de l’Etat dans le département devant les élus du Conseil général ce lundi 10 juillet.

Le préfet a à cette occasion mis un accent tout particulier sur la sécurité, et incité les élus encore récalcitrants à la vidéosurveillance à la mettre en œuvre, prônant son rôle de dissuasion et d’élucidation. La question de la sécurité s’est du reste illustrée de manière spectaculaire dans l’actualité ce mardi matin, avec la prise d’otage de l’école Charles Perrault à Vitry sur Seine qui a nécessité une intervention de l’unité d’élite du Raid.

Pour le préfet et les élus, cet échange annuel sur l’activité de l’Etat dans le Val de Marne se tenait cette fois dans un contexte politique particulier d’alternance politique. Les préfectures étant désormais sous la tutelle de Manuel Valls, ministre de l’Intérieur. «Notre rôle est d’assurer la permanence de l’Etat», a sur ce point insisté à plusieurs reprises le préfet.

Au-delà des positionnements partisans, le climat courtois qui s’est dégagé de cette séance, bien qu’étroitement corsetée par le devoir de réserve du préfet, a témoigné d’un dialogue réel entre élus et Etat tout au long de l’année, malgré les divergences politiques entre l’ancienne majorité présidentielle et le département. C’est ainsi qu’en préambule, le président Front de Gauche du Conseil général, Christian Favier, a rappelé le soutien du préfet en faveur du projet de candidature pour accueillir le futur stade de rugby de la FFR (qui ira finalement dans l’Essonne), son action pour accélérer l’évacuation de la montagne de déchets de Limeil Brévannes, la bonne collaboration avec la Société du Grand Paris concernant les futurs contras de développement territoriaux (CDT) qui accompagnent la construction du réseau de transport Grand paris express, et encore la couverture de l’A6B et autres dossiers comme le démantèlement d’un trafic de drogue à Champigny. L’élu n’a bien sûr pas manqué de rappeler la dotation budgétaire insuffisante de l’Etat pour financer les prestations sociales obligatoires du département, mais de manière moins démonstrative qu’en portant une ardoise au préfet comme cela s’était fait en 2010.

Voie auxiliaire, propreté des routes et sécurité

De nombreux dossiers ont fait l’objet de requêtes auprès du préfet. La voie auxiliaire de l’A4-A86 finira-t-elle donc un jour par être mise en service alors que cette portion routière souffre de bouchons récurrents, s’est ainsi interrogée la sénatrice Catherine Procaccia. Réponse du préfet : «Les services de sécurité sont réservés sur cette option. Mais le débat sur cette question n’est pas terminé.» Sur la propreté des autoroutes nationales, questionnée par le président Favier, la réponse s’est dispensée d’ambages, indiquant que le budget imparti à ces routes avait été utilisé prioritairement à la sécurité… Toujours à propos des routes, le préfet a précisé le calendrier d’insonorisation de l’A86 et a accédé à la demande de Catherine Procaccia de faciliter la transmission des dysfonctionnements de signalisation routière via Internet.

Usine de bitume : Eiffage devra analyser les odeurs

Parmi les dossiers chauds, les élus de Saint Maur ont interpellé le préfet sur l’usine de bitume de Bonneuil, faisant état de nuisances olfactives. Sur ce point, le préfet a tout d’abord rappelé qu’il y avait déjà une usine de bitume dans ce secteur depuis 25 ans, et que les normes avaient été respectées concernant la construction de l’usine actuelle. Il a toutefois annoncé qu’un nouvel arrêté préfectoral pris très prochainement demanderait à Eiffage d’analyser les odeurs nauséabondes dont les riverains font état, afin de déterminer la part de responsabilité de leur usine. Il a également invité à une réflexion plus globale à long terme, sur l’environnement dans le port de Bonneuil.

Permis d’exploration des huiles de schiste

L’exploration en vue d’extraire des huiles de schiste a également été abordée. Le préfet a indiqué qu’une procédure d’autorisation administrative analogue à celle des installations classées concernerait ce type d’exploitation, mais aussi rappelé qu’il serait opportun de réagir à ces dossiers pendant les enquêtes publiques, alors que celles-ci dont l’objet d’une publicité légale et que tous les documents concernant les dossiers concernés sont disponibles en ligne, et non après coup.

Fonds FEDER

Posée par Simone Abrahm-Tisse, la question de l’instruction de plus en plus longue et fastidieuse des dossiers FEDER ((Fonds européen de développement régional), a été actée par le préfet qui a reconnu la difficulté tout en plaidant que le nombre de dossiers très en retard était en nombre limité dans le Val de Marne.

Parking des Juliottes

A Abraham Johnson, conseiller de Créteil Ouest, qui s’inquiétait d’une fermeture jugée arbitraire du parking des Juliottes de Maisons Alfort, sur un terrain de l’Etat, le préfet a indiqué qu’il allait recevoir les élus de Créteil puis de Maisons Alfort à ce sujet, précisant qu’il n’y avait pas à sa connaissance de projet immobilier de prévu à cet endroit.

Pas de solution pour les Roms

Parmi les sujets évoqués, l’épineuse question du devenir des populations Roms, qui dépasse largement le département mais concerne plus d’un millier de personnes rien que dans le Val de Marne, a été soulevée en fin de séance pour rester entière. Le préfet a reconnu qu’il s’agissait d’un sujet difficile qui posait notamment des questions sanitaires et indiqué que des actions de justice étaient en cours. Il s’est montré intéressé par un suivi des actions en cours à Orly.

En attendant la mise en ligne du rapport d’activité 2011 de l’action de l’Etat dans le Val de Marne, voir le rapport d’activité 2010 sur le site de la préfecture du Val de Marne.

Cette entrée a été publiée dans Grand Paris, Politique, Société, avec comme mot(s)-clef(s) , , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Laissez un commentaire :

Une réponse à Que peut l’Etat dans le Val de Marne ?

  1. AP dit :

    Evolution pour cette voie : enfin une issue?

    Excellente nouvelle, la sénatrice UMP Catherine Procaccia, vient d’obtenir la réouverture de la voie auxiliaire, prévue cette semaine.
    Un dénouement inattendu et si espéré par les usagers… comme quoi la ténacité finit par payer.

    Après une énième intervention, l’élue a pu obtenir la réouverture de la voie qui devrait intervenir cette semaine..
    Fin du calvaire pour les automobilistes?
    En tout cas soulagement, de ne plus passer au pas devant une voie fermée en permanence depuis plus d’un an..
    A surveiller les prochains incidents qui viendront immanquablement toucher ce système « damné ».
    Devra-t-on encore attendre des mois pour faire bouger le dossier? En attendant profitons et croisons les doigts pour que l’ouverture de la voie soit effective aux heures de pointes pour fluidifier la circulation.

    Bonne route!

    L’intégralité de la question et la réponse de la ministre annonçant la nouvelle :
    http://www.senat.fr/seances/s201209/s20120925/s20120925002.html#par_427

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

S'abonner à nos informations :

E-mail :
Facebook :
Twitter :