| Val de Marne

Retour sur la Marche des banlieues dans le Val-de-Marne

La Marche des Banlieues a traversé le Val-de-Marne du mercredi 25 au lundi 30 avril, à la rencontre des habitants des quartiers et des associations, avant de s’en aller dans l’Essonne. Un périple pluvieux et peu suivi. Reportage sur ce passage dans le département.

Une petite camionnette pour suivre le mouvement et un caddie rempli des sacs à dos des marcheurs ainsi que d’une grande feuille blanche pour recueillir les doléances des habitants, c’est dans cet attelage que quelques indignés ont mené leur Marche des banlieues dans le Val de Marne cette dernière semaine d’avril, après la Seine Saint Denis et avant l’Essonne.

Parfois à moins de cinq, parfois au-delà de la dizaine, ils ont arpenté les rues du département au hasard de leurs points de chute, là où des associations leur avaient donné rendez-vous. Le mouvement se veut horizontal et surtout sans chef ni même porte-parole, et tant pis si les discours se contredisent parfois un peu d’un membre à l’autre.

Dans la journée, les gens interpellés écoutent avec plus ou moins d’attention le discours des marcheurs qui distribuent leur tract. Ces derniers ne passent pas non plus toujours par les quartiers les plus peuplés pour rejoindre leur objectif, coupant parfois par des boulevards peu fréquentés des piétons ou encore les bords de Marne et la pluie lancinante ne favorise pas la socialisation au grand air.

Echanges avec les associations locales

C’est surtout le soir que les échanges ont lieu, avec les associations d’accueil. Ainsi, les militants gardent un souvenir ému de leur assemblée thématique sur l’alimentation, organisée à Aubervilliers et qui a attiré plusieurs dizaines de personnes. Dans le Val de Marne, le mouvement a aussi été chaleureusement accueilli par le Collectif des Travailleurs Sans-Papiers de Vitry-sur-Seine, rencontré le vendredi 27 avril. Ce soir là, une cinquantaine d’entre eux étaient présents pour l’assemblée thématique organisée sur la situation des sans-papiers en France et la géopolitique du Mali. « Un sacré coup de pouce, un jour où nous étions un peu découragés » avoue Christophe. Les sans-papiers et les marcheurs ont ensuite tous campés devant l’Hôtel des Impôts, « pour soutenir les sans-papiers travailleurs qui doivent aussi bénéficier de leurs droits« .

A Fontenay-sous-Bois, les marcheurs ont été reçus par les habitants du squat « La Roue Libre », connu pour organiser des soirées de débats en lien avec l’actualité. « Un café, un bon moment de convivialité ne peut que nous motiver à poursuivre notre marche » lance Christophe, tout en assurant : « Quoiqu’il arrive, nous continuons notre chemin, et rien ne nous arrêtera« .

Qui sont ces engagés ?

Rach, Christophe, Hasna, Marie, Jonathan, Hugo sont les indignés de ce jeudi 26 avril. Partis de Saint Denis le 15 avril avec pour but de faire la tournée des banlieues, ils sont motivés pour parcourir les 8 km entre le Val de Fontenay et Champigny sur Marne.

Rach, 32 ans, a tout abandonné pour rejoindre le mouvement des indignés. Cet aubertivillarien d’origine était commerçant il y a encore peu de temps. Essayant de se réinsérer dans la vie professionnelle après quelques démêlés avec la justice, il se fait suspendre son permis de conduire pendant 3 mois l’empêchant d’exercer toute activité professionnelle. Les charges sociales s’accumulent et Rach se retrouve dans l’impossibilité d’y faire face. Exilé en Espagne, Rach se familiarise avec le mouvent des indignés. De retour à Strasbourg le 1er septembre 2011, il essaye de monter un mouvement comparable en France et crée avec d’autres volontaires la marche des banlieues.

Christophe a lui aussi tout laissé tomber pour rejoindre le mouvement. Anciennement
animateur social, cet indigné a toujours fait parti de mouvements alter-mondialistes. Après avoir assisté le 12 mars 2011 à une manifestation nationale contre l’austérité au Portugal, il a décidé de rejoindre le mouvement des indignés. « Malheureusement après ce pic à la Défense, le 15 mai 2011, le mouvement s’est essoufflé. »

Des plus jeunes sont aussi séduits par l’initiative. Comme Jonathan, 22ans et son frère aîné Hugo qui considèrent tout deux « qu’il faut démonter le système« . « Ne plus être dépendant du système financier ni de la direction des entreprises » explique Jonathan titulaire d’un Bac S et actuellement étudiant en licence de Chinois. « Cette marche est l’occasion d’informer la population mais aussi de se faire un réseau pour par la suite pouvoir créer des projets communs comme l’achat d’un terrain avec pour but l’autosuffisance alimentaire. » poursuit Hugo. « Il faut faire du bruit c’est un mouvement non violent et pour se faire entendre il faut qu’on transgresse la loi » renchérit Jonathan. Marie, en Terminale L, se dit choquée des inégalités sociales et du manque d’humanité des sociétés capitalistes. « Stéphane Hessel explique bien dans son livre que dans toutes les sociétés, des mouvements contestataires se sont formés. Alors qu’est ce qu’on attend? »

La Marche des Banlieues devrait s’achever le samedi 12 mai. Les marcheurs se retrouveront alors, avec d’autres venus de province, à la Fontaine des Innocents, aux Halles (Paris). Avant de joindre la capitale, les marcheurs doivent encore visiter l’Essonne et les Hauts-de-Seine.

« De super rencontres« , voilà ce que retiendra Christophe de son passage dans le Val-de-Marne. « Nous inviterons toutes les personnes rencontrées, le 11 mai, pour la dernière soirée de la marche. On organisera une grande fête qui nous permettra de nous retrouver tous ensemble. »

(Voir article sur leur marche dans l’Essonne dans Essonne Info)

 

 

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