| Val de Marne

Grand Paris : les réactions des élus locaux

Les élus locaux ont réagi diversement aux annonces du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, concernant le Grand Paris Express et la gouvernance du Grand Paris. Si la réalisation du Grand Paris Express réjouit, malgré les délais de réalisation trop longs concernant une partie du tracé orange et le prolongement de la ligne 14 jusqu’à Orly, la vision métropolitaine de Maatignon, et donc de l’Elysée, suscite l’inquiétude et la colère à droite comme à gauche.

Dans le Val de Marne, le député UMP Sylvain Berrios a fustigé un « coup de force institutionnel » qui « piétine le principe constitutionnel de libre administration des communes ». « C’est une véritable provocation à l’égard des maires d’Ile-de-France, le projet de «Métropole de Paris» exclut de sa gouvernance les communes au profit d’intercommunalités créées et imposées par l’Etat au plus tard en décembre 2015. C’est un projet méprisant pour les collectivités locales qui se voient confisquées leurs attributions en matière de transport, en matière de logement et d’aménagement du territoire. Ainsi, par exemple, les villes verront leur pouvoir en matière d’urbanisme mis sous la triple tutelle du préfet pour ce qui concerne la mise en œuvre de la loi Duflot, l’intercommunalité pour ce qui concerne l’élaboration de plans locaux d’urbanisme (PLU), de la « Métropole de Paris » pour ce qui concerne l’implantation de logements et les aménagements des équipements publics », a regretté le député de Saint-Maur des Fossés, qui a également pointé les surcoûts générés par cette nouvelle collectivité pour les contribuables, et appelé à une mobilisation des élus.

De son côté, la députée EELV Laurence Abeille s’est au contraire réjouie de ce projet « ambitieux et réaliste » avec un « engagement financier de l’Etat, la clarification du calendrier et des acteurs mobilisés ». « Cela va permettre d’avancer pour mettre en œuvre les aménagements nécessaires de la zone dense de la Région Ile-de-France, pour la construction de logements, le rééquilibrage des territoires, pour un développement économique mieux partagé », a-t-elle insisté. La députée de la 6e circonscription s’est félicitée également de la conciliation entre un projet qui relie les grands pôles d’affaires et un réseau qui désenclave les territoire et estompe les fractures urbaines et sociales. L’élue écologiste a toutefois regretté qu’une partie du tronçon orange ne soit programmé qu’à l’horizon 2030 et a réaffirmé son souhait de ne pas voir passer aux oubliettes le prolongement de la ligne 1 à Val de Fontenay.

Sénateur et président Front de Gauche du Conseil général du Val de Marne, Christian Favier s’est pour sa part montré partagé. Tout en se réjouissant que le tronçon sud de la ligne rouge (désormais ligne 15) qui correspond en grande partie au tracé Orbival, soit programmé en priorité pour être opérationnel d’ici à 2020, il a regretté que le prolongement de la ligne 14 ainsi que le tronçon orange (désormais également ligne 15) Rosny Champigny ne soient programmés à un horizon 2027-2030. « L’engagement sans délais de cette rocade indispensable au Val-de-Marne est le résultat de la mobilisation exceptionnelle autour d’Orbival, qui rassemble depuis 2006 de manière unanime, élus, citoyens, acteurs économiques, associatifs et syndicalistes. La réalisation de cette rocade de banlieue est confirmée. C’est une très bonne nouvelle, un motif de satisfaction et la preuve que la mobilisation pour des investissements publics majeurs permet de remporter des victoires », a insisté le président du Conseil général, faisant allusion aux nombreuses manifestations qui se sont déroulées dans les villes depuis des mois. Le sénateur s’est également réjoui de l’effort réaffirmé concernant le plan de mobilisation des transports existants, notamment des RER , et de son financement, tout en rappelant à ce sujet les projets en cours de prolongement de la ligne 1 vers Fontenay et de ligne 10 vers Ivry. Concernant le financement à venir du Grand Paris Express, il a rappelé les travaux en cours du groupe de travail informel à ce sujet (voir dernier article à ce sujet) et invité à s’en inspirer.

Concernant la gouvernance de la métropole, Christian Favier s’est en revanche montré nettement plus inquiet, voire carrément hostile. « Vouloir imposer de façon autoritaire la mise en place d’une métropole antidémocratique et de communautés d’agglomération de plus de 300.000 habitants, disposant de pouvoir exorbitants dans des domaines aussi stratégiques que le logement ou l’aménagement, constitue un véritable danger pour la démocratie locale et la proximité de l’action locale. Nous ne saurons accepter une mise au pas des collectivités locales au profit de nouvelles formes de baronnies ou de structures technocratiques éloignées des citoyens. C’est une perspective inacceptable que nous n’hésiterons pas à combattre avec les maires et avec tous ceux qui sont attachés au développement des services publics locaux.« 


 

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