| Ivry-sur-Seine

Ivry Confluences reprend la Seine

Avec 15 000 nouveaux habitants et 20 000 emplois en perspective sur 145 hectares prolongeant immédiatement la rive gauche parisienne, le projet d’Ivry Confluences d’Ivry sur Seine (Val de Marne) constitue actuellement l’une des plus importantes opérations urbaines de l’agglomération parisienne.

Alors que déjà 35 % des terrains ont été acquis par l’aménageur, Sadev 94, et que plusieurs premières pierres vont être symboliquement posées ce weekend, s’est tenu ce mercredi 20 février un premier comité de partenariat avec toutes les institutions parties prenantes. L’occasion de faire le point sur cet investissement de 700 millions d’euros sur quinze ans.

Coincé entre rail et Seine et délimité par Vitry au sud,  Paris au nord, le site qui occupe un cinquième de la ville d’Ivry a eu une première vie industrielle et logistique dont il reste aujourd’hui quelques sites en fonctionnement comme l’imprimerie du Monde, et beaucoup de friches, de taille et de valeur patrimoniale variée. La valorisation-densification de ce territoire doit donc se faire dans la dentelle. Quel patrimoine faut-il conserver, telle HBM (habitation à loyer modéré ancêtre des HLM), telle halle industrielle ? Comment arbitrer le bon dosage financier, pratique et identitaire entre réhabilitation et démolition-reconstruction ? «La densification en proche couronne est par essence sophistiquée», rappelle Bruno Fortier, architecte coordinateur du projet pour la Sadev 94. Sans compter la délicate dépollution des sols, victimes pendant plus d’un siècle d’une activité industrielle peu réglementée en matière environnementale. A noter sur ce point que Total, qui dispose d’une large emprise sur le site, teste actuellement deux méthodes différentes de dépollution pour choisir la meilleure manière de restituer son terrain. A ces contraintes convient-il encore de mentionner le caractère inondable de la zone. Autant de difficultés que la valeur foncière et emblématique du site permet néanmoins largement de dépasser. A quelques centaines de mètres de la capitale, face à la Seine et au niveau exact de sa confluence avec la Marne, la Zac Ivry Confluences s’inscrit dans le prolongement immédiat de la Zac Paris Rive gauche et de sa dernière portion, le secteur Bruneseau, et constitue, à l’heure du Grand Paris Express, un symbole fort du passage d’un Paris intramuros à un Grand Paris.

Reconquérir la Seine

Parmi les axes majeurs de cette régénération urbaine : le passage en circulation douce des quais de Seine, grâce à une déviation de la circulation automobile depuis la sortie de Vitry sur Seine, au niveau du site Aqua-Fura (projet hors Zac) jusqu’à l’université, grâce à un nouveau boulevard planté d’arbres (voir maquette ci-contre). «Nous avons prévu une capacité de transit automobile équivalente à celle qui existe actuellement. Il est inutile de prévoir plus grand car la politique de Paris en matière de circulation automobile générerait des bouchons à l’entrée de Paris», détaille Jean-Pierre Nourrisson, directeur général de la Sadev 94.
La connexion piétonne entre la Zac et le reste d’Ivry, entrecoupée par le chemin de fer, sera renforcée par un nouveau pont au-dessus des voies. Côté transports en commun, aménageur et commune comptent sur le prolongement de la ligne de métro n°10 et le futur Tzen pour compléter l’actuelle desserte par le RER C et les lignes de métro 7 et 8.

Logements, bureaux, équipements

Au programme de ces 145 hectares : des logements (520 000 m2), des bureaux et locaux d’activité (650 000 m2) et des équipements publics (3 groupes scolaires, 1 collège, 5 équipements petite enfance, 1 pépinière-hôtel d’entreprises, un équipement sportif, une université, des espaces verts…).
Logements
La moitié des appartements seront des logements sociaux. Les biens en accession à la propriété seront eux-mêmes proposés à des prix maîtrisés pour 40% d’entre eux, avec deux plafonds pour répondre à la fois à la demande des Ivryens ou salariés locaux à faibles revenus et à celle des Ivryens ou salariés locaux- indépendamment de leur revenu. Les personnes résidant dans le quartier (environ 200 logements) seront prioritaires. A ce jour, environ 1 millier de logements sont déjà programmés, répartis en dix opérations : Quai aux grains, Villa Molière, Lumen, Ancien terrain Philips, Paul Vaillant Couturier, Ilot France Telecom, Tours de l’atelier Montrouge, Pierre Rigaud, ainsi qu’une résidence étudiante avenue Jean Jaurès et une résidence intergénérationnelle rue Pierre Rigaud.
Entreprises
Deux sites d’activités tertiaires sont déjà programmés : la reconversion de la Minoterie et celle de l’îlot BHV (110 000 m2 à lui tout seul) qui accueillera 5 immeubles de bureaux et 6 000 m2 de commerces. Un marché forain pourrait à terme se tenir sur son esplanade. Les entreprises déjà dans la Zac bénéficieront de conditions pour rester sur place. «Nous travaillons avec la Chambre de commerce pour reloger au cas par cas les entreprises», explique Jean-Pierre Nourrisson.
Equipements publics
Un groupe scolaire de 20 classes devrait démarrer sa construction dès cette année rue Emile Blyn ainsi qu’un collège de 16 classes rue Maurice Gunsbourg. Pour les plus grands, une université est également programmée rue des péniches et quai Auguste Deshaies. Des discussions sont actuellement en cours avec l’Université Paris Diderot (Paris 7) dont le campus sur la rive gauche s’est déjà progressivement rapproché des quais d’Ivry. La plate-forme immobilière de services Charles Foix est aussi en phase de démarrage, à côté de l’hôpital Charles Foix et de son institut de la longévité.
Côté Seine
Le devenir de l’activité portuaire n’a pas encore été discuté avec le port de Paris mais il est envisagé à terme un aménagement plus propice aux loisirs. Un parc est déjà prévu, qui donnera directement sur les quais.
Premiers coups de pioche
Le projet d’immeuble de logements de l’opération Quai aux grains a déjà attaqué au marteau-piqueur en décembre et verra la pose symbolique de sa première pierre ce samedi 23 février. D’autres immeubles de logements, le groupe scolaire, le collège et l’hôtel d’entreprises devraient aussi démarrer leurs travaux cette année, représentant au total environ 200 000 m2.

Qui fait quoi  et qui paie ?

Pour mener à bien ce projet, la Zac (Zone d’aménagement concerté) Ivry Confluences a été créée en octobre 2010 pour une durée de quinze ans. Sadev 94 a été désignée aménageur (l’entreprise d’économie mixte qui achète les terrains pour les céder aux promoteurs) et travaille en partenariat avec cinq architectes-urbanistes : Paul Chemetov (agence Paul Chemetov), Carlos Gotlieb et Pierre Guérin (agence Guérin & Pedroza), François Leclercq (agence François Leclercq), Bernard Reichen (agence Reichen et Robert & Associés) et Denis Valode (agence Valode et Pistre). L’investissement total est évalué à 700 millions d’euros dont environ 150 millions d’euros seront pris en charge par le département, la région ou l’Etat via diverses subventions et participations. L’aménageur, Sadev 94, se porte acquéreur des terrains au fur et à mesure et les revend à des opérateurs immobiliers sur les bases des projets prévus dans le cadre de la Zac.

En savoir plus :
Voir le site officiel de la zac Ivry Confluence
Et de l’autre côté du périph’ celui de la zac Paris Rive Gauche

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