| Fontenay-sous-Bois

Le devenir du délaissé de l’A86 fait débat à Fontenay

Achetée 900 000 euros en décembre 2012 par la ville de Fontenay, la friche de 7000 m2 comprise dans la boucle de l’A86, à proximité de Val de Fontenay, s’apprête à être revendue 2 millions d’euros à BNP Paribas Immobilier. Mais pour la ville, la  plus-value se trouve surtout dans les taxes.

Pour pouvoir construire des bureaux d’une superficie totale de 27 000 m2 sur 7 étages, qui dépasseront le plafond légal de densité (PLD) prévu par les règles d’urbanisme de la ville, l’opérateur devra en effet payer 8 millions d’euros de taxe PLD. En outre, la fiscalité attendue par l’activité qui s’y tiendra est estimée par la suite entre 1 et 2 millions d’euros par an. « De quoi  construire crèches, logement social, théâtre, et encore financer la démocratie locale qui a un coût, alors que le point de fiscalité est à 400 000 euros et que nous n’augmentons pas les impôts depuis 5 ans« , motive Jean-Jacques Joucla, directeur de cabinet du maire de Fontenay, Jean-François Voguet.

Cette transaction, qui devrait être votée lors du conseil municipal de ce jeudi 31 janvier, ne fait toutefois pas l’unanimité au sein même de la majorité. Dans un communiqué, les écologistes de la ville dénoncent une décision qui a manqué de concertation et un choix urbain qui risque de contribuer à la fracture entre le quartier des alouettes et le reste de la ville, déjà séparé par cette rocade.

« Nous pensions que les opérations de découpe du territoire municipal étaient une histoire résolue avec la dernière mandature. Mais non ! Cet urbanisme qui a constitué à lâcher un à un les meilleurs emplacements aux promoteurs sans aucune réflexion urbaine n’est hélas pas encore terminé« , regrette Laurence Abeille, adjointe à l’urbanisme. La députée de la circonscription souhaite privilégier un urbanisme qui mixe logements et bureaux et contribue à retisser la ville dans ces quartiers éparpillés par les rocades.

« Ces bâtiments sont des isolats clos sur eux même, des constructions qui nient leurs voisinages : ils possèdent à l’intérieur des services (salles de sport, restaurants, etc.) réservés à leurs seuls employés qui évitent ainsi tout contact avec le quartier« , s’inquièteMarc Brunet, élu aux circulations douces. « Cette friche encerclée par l’autoroute n’a rien de plaisant, personne n’aurait envie d’y habiter et d’y voir grandir ses enfants!« , reprend Jean-Jacques Joucla. Sur place, les premiers piétons à proximité, en allant vers Val de Fontenay, ne se sentent pas trop concernés.

« Je n’étais pas au courant de ce projet, je connaissais juste le grand bâtiment de la BNP déjà implanté ici. Si des gens veulent investir dans la ville, cela ne peut être que bien, même si cela ne me concerne pas puisque je travaille à la Défense. En fait, je ne viens ici que pour prendre le RER A à Val-de-Fontenay« , explique Farid qui vit dans un appartement non loin de la rue Louison Bobet. « Cela me paraît difficile de rendre ce quartier ou ces rues vivantes. Les gens ne sont que de passages ici : pour rejoindre l’A86, prendre le RER ou travailler dans les entrepôts. Le coin ne donne pas envie de s’installer ici« , ajoute Brigitte, habitante du Val-de-Fontenay.

« Nous sommes conscients de la nécessité de mieux relier le quartier des Alouettes au reste de la ville et c’est vrai que même si Val de Fontenay n’est pas la Défense, il ne s’agit pas de balayer d’un revers de main la question des zones essentiellement dédiées à l’activité. Il faut que l’argent vienne de quelques part mais pas au détriment de la qualité de vie. Sur le plan de l’urbanisme, ce projet ne fait que commencer. Nous serons très attentifs aux propositions qui seront faîtes. Le campus de la Société générale a montré la voie en termes de qualité d’architecture et d’urbanisme« , défend Jean-Jacques Joucla.

Au-delà du fond, le projet a aussi suscité la polémique sur la forme. « Je suis adjointe à l’urbanisme et n’ai pas été consultée sur ce dossier« , regrette Laurence Abeille. « Nous pensions révolue la période des marchés conclus entre la ville et les groupes bancaires pour alimenter le budget municipal », s’agace Anne-Marie Xambeu, adjointe au Maire chargée de l’écologie. « Le projet d’acquisition a été discuté dès le conseil municipal de septembre 2011 auquel participait Laurence Abeille, elle est même intervenue sur ce sujet. Cet achat a ensuite été discuté lors de la préparation du budget 2012. Les élus étaient donc au courant », rétorque le directeur de cabinet.

A droite, Gildas Lecocq, futur candidat aux municipales 2014 s’interroge sur la plus-value: »Comment se fait-il qu’en ayant acheté le terrain 900 000 euros, on arrive à en obtenir 10 millions d’euros ? »

Voir l’ordre du jour complet du Conseil municipal de ce 31 janvier, le point concernant le terrain de la boucle de l’A86 est le n°11. Le conseil municipal se tiendra à 20h30 à la mairie. Il sera retransmis en direct sur Internet sur cette page.

 

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