Politique locale | Nogent-Sur-Marne | 18/10/2009
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Pôle RER A : présentation du projet final

Réunion sur le projet RER A du 15 octobre 2009Près de 200 Nogentais se sont pressés jeudi soir à l’Institut Montalembert pour assister à la troisième et dernière réunion publique sur le projet d’aménagement du pôle RER A (voir billets précédents sur ce projet). A l’ordre du jour : la présentation du projet final,  retouché suite aux réunions précédentes. Une dernière mouture également issue de la négociation pied à pied entre la ville, l’opérateur foncier Eiffage (qui portera financièrement le projet dans son intégralité) et le propriétaire actuel des terrains, la RATP.

La première partie de la soirée a été consacrée à la présentation du projet par l’architecte, Jean-Paul Viguier, et le maître d’ouvrage, Hervé Jobbe-Duval. Ces deux présentations sont intégralement en ligne sur le site du maître d’ouvrage (l’agence Maîtrise d’ouvrage et associés). Projet Pole RER A Nogent sur Marne Entrée principale côté avenue de Joinville Agence Jean-Paul ViguierLe premier immeuble, jouxtant celui de la pharmacie actuelle et d’une hauteur à peu près équivalente, accueillera une résidence hôtelière, tandis que les autres constructions qui s’étendent jusqu’à la pointe reliant l’avenue des Marronniers à l’avenue de Joinville abriteront le siège social d’une filiale d’Eiffage. Environ 1800 m2 de commerces sont prévus en rez-de-chaussée. En face de l’avenue de Joinville, dans la travée descendant vers Baltard, se dresseront de petits immeubles d’habitations. Le parking du RER deviendra souterrain, avec une première ouverture côté école Victor Hugo, pavillon Baltard, hôpital Armand Brillard (qui devrait s’agrandir pour accueillir les urgences et autres services actuellement hébergés à la clinique de l’Orangerie) et une seconde ouverture côté boulevard Georges Clémenceau, en face de la place Pierre Sémard.

Projet Pole RER A Nogent sur Marne Vu depuis avenue de Joinville Agence Jean-Paul ViguierHauteurs et progressivité des niveaux
Une séance de questions réponses a succédé. Un point a fait consensus dans l’assemblée : la nécessité de valoriser cet espace, aussi bien en termes de potentiel économique que d’urbanisme. Personne n’étant donc opposé à toute construction sur le site. Principale inquiétude des habitants : la hauteur des bâtiments, en particulier celui jouxtant l’immeuble de la pharmacie, jugées trop hautes. Plusieurs personnes se sont notamment préoccupées de l’ombre générée par ce bâtiment. Sur ce point, les maîtres d’ouvrage ont expliqué que la conception légèrement en biais perturberait très peu la course du soleil concernant le rayonnement sur les immeubles voisins.
Autre grief : la massification de la structure par rapport au projet initial, qui prévoyait une graduation des hauteurs progressive entre la pointe et l’immeuble de la pharmacie. Une question déjà largement évoquée lors de la réunion de juin. L’explication de ce changement de structure : les contraintes techniques de portabilité liées à la présence du RER, qui n’avaient pas pu être évaluées suffisamment lors de l’étude préalable. Ces contraintes empêchent de construire en hauteur en certains endroits et ont donc conduit à concentrer davantage les parties hautes afin de conserver un nombre de m2 exploitables suffisant pour rendre l’opération viable économiquement. Les maîtres d’ouvrage ont néanmoins insisté sur le fait que l’esprit de terrasses végétalisées avait été conservé et que l’architecture était loin d’être monobloc (pans inclinés, balcons en saillie…).
Concernant les nuisances spécifiques au quartier, un résident des immeubles Leclerc s’est  interrogé sur le bruit généré par la plate-forme de bus en extérieur. Réponse : il n’y aura que 2 lignes de bus passant par la gare routière, contre 4 prévues initialement et des terrasses paysagères en surplomb permettront d’atténuer les bruits de moteur.
Projet Pole RER A Nogent sur Marne Vu depuis la rue des Marronniers Agence Jean-Paul ViguierPerspective Baltard et commerces
Outre ces questions, Laurent Bernat, président de l’Association des Nogentais, a regretté le rétrécissement de la travée descendant vers le pavillon Baltard, insistant sur le caractère structurant de cette perspective dans le projet, ainsi que la disparition de la pépinière d’entreprises et de la moitié des surfaces commerciales prévues au départ. Il s’est en outre inquiété du fait que le projet ne pourrait guère évoluer aujourd’hui, cintré par sa faisabilité économique. Concernant la perspective Baltard, l’architecte Jean-Paul Viguier a expliqué que  c’est justement la création d’une rue qui permettrait de renforcer le cadrage sur Baltard. Le maire a pour sa part indiqué que remplacer les 2000 M2 de pépinière en surface par 2000 M2 occupés par la RATP en sous-sol n’était pas une mauvaise affaire car la RATP constituerait un occupant pérenne. Concernant les 1800 m2 de commerce au lieu de 3500 m2 prévus au départ, il a expliqué qu’une offre trop importante aurait risqué de nuire aux magasins existants. Président du conseil de quartier Le Bois porte de Nogent, Philippe Goyheneche invité les habitants à faire remonter leurs remarques pour en discuter au sein du conseil de quartier et a également plaidé pour un retour à une architecture plus graduée et plus de commerces pour répondre aux besoins des nouveaux habitants (résidences dans la descente vers Baltard) ainsi que des quelques centaines de personnes qui viendront travailler au siège d’Eiffage. De son côté, Nicolas Mauduit, président de l’Association des Contribuables Nogentais, s’est interrogé sur la possibilité de proposer un projet plus léger en termes de hauteur quitte  à ce que la ville prenne financièrement en charge une partie du projet. Une autre habitante encore, s’est déclarée favorable à cette densification, propice au développement économique et aux logements, demandant en revanche des garanties quant aux matériaux utilisés, et à leur bon vieillissement. La réunion s’est conclue par le calendrier prévisionnel d’avancement du projet qui prévoit une exposition et enquête publique au printemps 2010 pour un début des travaux début 2011 et la fin en décembre 2012. Le groupe Progrès et Solidarité (PS) a de son côté annoncé qu’il organiserait une consultation des Nogentais sur ce projet, qu’il qualifie de « téléguidé ».

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5 commentaires pour Pôle RER A : présentation du projet final
  • C’est très intéressant de suivre ce projet et les remarques des représentants associatifs. C’est quand même l’une des portes d’entrée principales de Nogent, il faut que la réalisation finale soit très réussie !

  • Suite à cette réunion de présentation, rien.
    Nous avons retenu le calendrier prévisionnel : vote du projet en février par le CM (ce vote a déjà été repoussé au CM du 8 mars), exposition et enquête publique au printemps prochain, début des travaux en janvier 2011.
    Il est évident que les nogentais à ce jour, ne se sont prononcés en quoi que ce soit sur le projet (consultation ou referendum populaire avec un scrutin digne de ce nom). La com de la société EIFFAGE est très professionnelle, on ne s’en étonnera pas : elle doit coûter un certain prix d’ailleurs… Mais les élus eux mêmes que disent-ils ? Ce sont les citoyens et leurs représentants qui décident , c’est notre cadre de vie qui est en jeu !
    On nous promet un équipement publique (il est déjà à la trappe), des commerces (la moitié a déjà disparu), des produits financiers incertains comme la TP (la TP vient de disparaître et l’on ne sait pas à terme qu’est ce qui va la remplacer : impossible de procéder à des simulations crédibles sur le sujet)…Qu’est ce qui va rester et de quoi est-on sûr ? De la volumétrie en plus , c’est à dire de la densification de notre Ville et du quartier Leclerc en plus. Il faut que les nogentais s’expriment et réagissent lucidement et vigoureusement sur ce projet une fois d’ailleurs qu’il sera présenté sérieusement et pas simplement par les animations du service com de la Société EIFFAGE.

  • à Bruno Morfin: un commentaire auquel j’adhère à 100%; à méditer.
    – On cherche à nous vendre un projet dont pas grand monde semble réaliser ce qu’il sera. Mis en maquettes, les constructions maintenant les plus universellement contestées ont toutes été séduisantes, les décisionnaires et leurs suiveurs s’enthousiasment face à d’habiles présentations. Et lorsqu’on les voit des années plus tard, que de déceptions, les réussites se comptent. Les résultats économiques pour la collectivité qui justifient pour certains leur adhésion ne sont pas toujours, non plus, à la hauteur des espérances.
    – Mais comme les responsables ne sont pas les payeurs…

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