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Société | Nogent-Sur-Marne | 20/01/2010
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La plus grande école primaire de France bientôt à Nogent sur Marne

courpaulbertNogent sur Marne (Val-de-Marne, 94) pourra s’enorgueillir dès la rentrée prochaine d’accueillir la plus grande école du pays, avec 27 classes (+1 CLAD) et 700 élèves de la grande section de maternelle au CM2. Un record obtenu grâce au rapprochement de deux écoles primaires : Paul Bert et Guy Môquet. Ce projet, très controversé localement, pourrait concerner, dans un second temps, les écoles Val de Beauté.

Pour le maire (UMP) de la ville, Jacques JP Martin, ce regroupement devrait permettre d’investir dans de nouveaux équipements, qui seront installés entre les cours des deux écoles voisines et mutualisés, comme une bibliothèque, un laboratoire de langue et encore une salle informatique avec un tableau interactif. L’élu souhaite également faire bénéficier de la réputation de l’un des deux établissements, Guy Môquet, dont le projet d’école basé sur la pratique du violon est régulièrement cité dans les médias,  à la seconde école, Paul Bert, davantage considérée comme l’école du quartier populaire. En parallèle, le maire a indiqué que la maternelle Galliéni serait agrandie (d’ici deux ans environ)  pour récupérer les grandes sections actuellement sur Guy Môquet car le nombre d’enfants ne cesse de croître. Il a en effet estimé qu’entre trois et quatre nouvelles ouvertures de classes seraient à prévoir dans le primaire et deux en maternelle d’ici une dizaine d’années suite aux nouveaux projets immobiliers du quartier.

Un projet qui avait déclenché une crise l’an dernier

Manifestation devant la Mairie de Nogent sur Marne 29 Novembre 2008 Photo Nogent CitoyenDéjà lancé l’an dernier, le projet de fusion entre ces deux écoles primaires avait alors suscité la désapprobation unanime des parents qui souhaitaient conserver des établissements à dimension humaine pour le suivi des enfants et le travail en équipe des enseignants. Une pétition lancée par les trois associations PEEP, FCPE et L’Ecolo Parents (association locale) avait recueilli 900 signatures, 250 personnes avaient manifesté dans la ville et une délégation de parents et enseignants avait été reçue au ministère. Après quelques retournements de situation et une menace de grève des enseignants de Paul Bert à la rentrée, l’inspection académique avait fini par nommer in extremis une directrice provisoire à l’école Paul Bert. Le maire avait de son côté accepté de renouer le dialogue avec les associations de parents fin août, leur indiquant qu’il n’était pas question de faire ce projet contre eux et que tout le temps de la discussion serait pris. Une première réunion a eu lieu, le 1er décembre, en présence de l’inspecteur de la circonscription Nogent-Joinville, Marc Teulier,  destinée à dresser un constat général (évolution des effectifs,  carte scolaire…) et lors de laquelle le maire et l’inspecteur sont ensuite largement revenus sur le niveau des écoles et du collège. La seconde s’est tenue le 19 janvier, lors de laquelle le maire a proposé à nouveau de fusionner les écoles en précisant que ce choix serait présenté à l’inspection la semaine prochaine, avant d’écouter  les remarques des parents.

700 élèves de la grande section au CM2 : ça coince toujours

La proposition étant identique à celle de l’an dernier, à ceci près qu’une extension de la maternelle Galliéni est prévue dans quelques années, c’est donc sans surprise les mêmes réserves qui l’ont accueillie, essentiellement liées à la taille.  «700 élèves, ce sera la plus grande école de France, ce n’est pas un projet anodin. On ne peut pas faire comme s’il s’agissait d’une simple formalité. Quelles sont les raisons qui justifient ce projet selon l’Education nationale ?», demande un parent. Marc Teulier rappelle  qu’il s’agit d’un projet municipal que l’Education nationale ne fait qu’entériner et tente de rassurer les parents :  «Je ne pense pas que le fonctionnement soit forcément plus harmonieux ou moins harmonieux en fonction du nombre de classes. Certaines grosses écoles tournent très bien car l’équipe s’entend bien tandis que des petites écoles ne fonctionnent pas bien car l’équipe ne s’entend pas. Nous avons organisé ces derniers temps plusieurs réunions avec les deux écoles et ce n’est pas vraiment un problème de travailler avec quinze enseignants ou trente. De plus, si l’école maternelle Galliéni récupère ses grandes sections, l’école descendra à 23 classes», précise l’inspecteur. «Mais peut-on attendre alors que cette extension soit réalisée pour faire ce projet ? » s’enquiert un parent. «Nous souhaitons continuer dans la lancée 2009-2010 en allant vers une seule école car l’organisation et le fonctionnement resteront similaires. Je ne vois donc pas de raison à ne pas le faire, en dehors du nombre de classes. C’est le seul élément qui peut faire peur. Or, aujourd’hui, les deux directeurs gèrent déjà 27 classes au total, réparties dans leurs  deux établissements.  Et dans le fonctionnement de chaque classe, cela ne changera rien. Donc pourquoi attendre ? », motive le maire.

« L’usine de la zone »

«Je ne vois pas en quoi ce projet améliorera l’image de l’école Paul Bert.  C’est l’ensemble qui sera désormais perçu comme l’usine de la zone !», s’exclame un père.

Mutualiser les équipements

«Qu’est-ce que cela change concrètement en termes de budget et de personnel ?», enchaîne un parent. «La seule chose qui changera, sera la possibilité de proposer davantage d’équipements comme la salle informatique, le laboratoire de langue et la bibliothèque, car ils seront mutualisés entre les deux écoles. L’objectif du projet n’est pas de faire des économies mais des investissements appropriés et partagés»,  explique le maire. « Pourquoi ne pas mutualiser ces équipements sans fusionner puisqu’ils seront situés entre les deux écoles et que les deux directeurs auront juste à se répartir les plages horaires pour les utiliser, ce qui ne pose pas de problème s’ils s’entendent bien ? », reprend un parent. «Dans ce cas, cela deviendrait un collectif municipal!», s’ exclame le maire. Votre problème est que vous refusez simplement le nombre de classes alors que vous dites vous-même que si les directeurs s’entendent, tout va bien. Dans ce cas, autant entériner tout de suite le rapprochement. Si je ne faisais pas ce projet, vous me reprocheriez dans dix ans de ne pas avoir posé la question aujourd’hui, car dans dix ans, ce sera fait, malgré vous, parce qu’il n’y aura pas d’autre solution. Car je ne vais pas disperser des écoles dans toute la ville simplement parce qu’il y a des augmentations d’effectif ! Qui va payer la gestion de ces écoles ? Il n’y a pas d’alternative. Le seul problème est que vous avez peur du nombre de classes, quelque soit ce que l’on dit », s’emporte l’édile en reprochant au parent de vouloir donner des leçons. Mais ce n’est pas la ville qui paie le directeur se risque le parent. Ce n’est pas ce qui coûte le plus cher !  reprend le maire.

Quel encadrement ?

«S’il n’y a plus qu’un seul directeur pour gérer les deux écoles, est-il prévu une autre forme d’encadrement pour l’épauler ? », s’interroge une maman. «J’essaierai de faire en sorte qu’il y ait quelqu’un, et pas un emploi précaire, au moins un mi-temps», promet Marc Teulier.

Pas de temps pour consulter le conseil d’école

« Et les enseignants, sont-ils d’accord ? »,  enchaîne un parent. «Certains sont pour, d’autres contre. C’est vrai que certains enseignants ont tendance – et c’est humain- à avoir un lien affectif avec leur école et penser que c’est LEUR école, mais ce n’est pas leur école», pointe la directrice de l’école Paul Bert. Le directeur de Guy Môquet rappelle pour sa part que l’ensemble des enseignants de son école avaient signé un courrier l’an dernier, stipulant qu’ils auraient préféré qu’il n’y ait pas de fusion pour conserver deux écoles mais qu’ils préféraient encore la fusion à l’autre suggestion qui avait été proposée à l’époque (à savoir deux écoles de cycle). Il précise qu’au moins la moitié des enseignants de l’école Paul Bert sont aujourd’hui prêts à travailler en collaboration. L’inspecteur ajoute que quelques enseignants de Paul Bert sont très favorables à cette fusion. «Pourquoi dans ce cas ne pas les consulter ? Et  ne pas organiser en conseil d’école un vote, pour simple avis, pour ou contre la fusion, comme nous l’avons fait à plusieurs reprises pour la semaine de 4 jours lorsqu’elle était limitée à notre circonscription ? », insiste un parent. L’inspecteur explique alors que cela ne sera pas possible avant la décision de l’inspection, qui doit avoir lieu début février pour permettre aux enseignants qui veulent partir de demander leur mutation, mais qu’une fois cette étape passée, il sera toujours possible de le faire a posteriori. Concrètement, le projet de rapprochement (dont il reste à éclaircir s’il donnera lieu à une fusion ou une autre forme à préciser) doit en effet être soumis pour avis au CDEN (instance de concertation départementale de l’Education nationale réunie par le préfet) avant d’être acté par l’Inspecteur d’Académie du Val de Marne, Didier Jouault. Le Conseil municipal sera amené à voter lorsque que le projet aura été validé par  l’Education nationale.

Val de Beauté en ligne de mire ?

Sur le long terme, ce projet s’inscrit dans une perspective plus large de restructuration des écoles de la ville. Après la réunion des deux ex-écoles Marie Curie (dont le cas de figure était légèrement différent car les deux écoles étaient plus petites)  pour créer l’école Léonard de Vinci qui compte aujourd’hui 18 classes, le maire a en effet évoqué la possibilité d’un rapprochement entre les écoles primaires et maternelles Val de Beauté qui comptent respectivement 17 et 8 classes, ceci dans le cadre d’un éventuel déménagement de la maternelle à l’étroit dans ses murs. Une tendance inverse à celle d’il y a quelques années. A la fin des années 90 en effet, l’école Paul Bert qui avait dépassé le seuil des 20 classes avait alors été dédoublée en réinvestissant l’école Guy Môquet – un temps transformée en centre de loisirs et école de musique- afin de constituer deux écoles de taille intermédiaire, capables d’accueillir de nouveaux élèves.

Voir également sur ce sujet le retour sur la réunion entre parents et mairie sur cette question l’an dernier, ainsi que l’ensemble des billets publiés sur ce projet.

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