Société | | 23/09/2010
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Le futur zoo de Vincennes sous toutes les coutures

La Patagonie, ses côtes rocheuse et sa pampa, la savane du Sahel, les conifères d’Europe et encore la forêt luxuriante de Madagascar… autant de natures contrastées qui prendront bientôt du relief dans le futur zoo de Vincennes. Objectif : une immersion totale des visiteurs, simplement séparés des animaux par de discrets vitrages ou quelques fossés mais sans aucun grillage. Inauguré pour la première fois en 1934 et fermé en 2008 en attente

d’un nouveau souffle, le parc zoologique devrait rouvrir en avril 2014 en s’appuyant sur un nouvel axe : l’écologie et la biodiversité.

Une volière géante avec des oiseaux en vol libre

Le site d’une quinzaine d’hectares sera pour cela entièrement restructuré. Le seul vestige qui restera ancré dans le paysage est le grand rocher, emblème du zoo du haut de ses 65 mètres, et déjà entièrement restauré en 1997.  Les autres rochers de synthèse, qui datent de 1934, disparaitront, tandis que la surface arborée sera étendue d’environ 40%. Le nouvel élément fort du paysage : une grande volière de 2000 m2 habitée par des oiseaux en vol libre (à l’emplacement de l’ancien enclos aux fauves). Environ  1000 animaux de 130 espèces différentes (des fauves aux amphibiens en passant par les oiseaux, reptiles, lémuriens…) devraient cohabiter dans le parc. Les concepteurs : la paysagiste Jacqueline Osty et les ateliers d’architectes Bernard Tschumi et El Hassani et Keller.

Une seule entrée

Concernant la déambulation, le futur zoo ne devrait plus comprendre qu’une seule entrée, Porte de Paris, (avenue Daumesnil, côté Porte dorée), même si, interpellé sur cette question lors de la présentation publique du projet hier soir à la mairie de Saint Mandé, le directeur du Muséum d’histoire naturelle, Bertrand-Pierre Galey, a répondu qu’il n’y avait initialement qu’une seule entrée de prévue au Louvre lors de l’ouverture de la pyramide et qu’il y en a maintenant six ! Une fois passée l’entrée par la volière, un itinéraire de découverte guidera les visiteurs dans chaque biozone avec des panneaux explicatifs pour les parents, d’autres pour les enfants, ainsi que des kiosques d’exploration pour approfondir ses connaissances avec des outils multimédia.

130 millions € de travaux financés par un partenariat public-privé

Cette rénovation a été évaluée à 130 millions €. Sur cette somme, l’Etat en prend 30 millions € à sa charge via une subvention tandis que les 100 millions € restants sont financés, dans le cadre partenariat public-privé (PPP), par un groupement baptisé Chrysalis et composé de  la Caisse des dépôts, la Caisse d’épargne, Icade et Bouyues Construction. Ce groupement prendra ensuite en charge une partie de la maintenance et des aménagements ultérieurs (soit 4 millions € par an) durant une période d’exploitation de 25 ans. En contrepartie, le zoo versera une redevance annuelle de 12 millions € durant toute cette durée. Les recettes annuelles du parc zoologique ont été estimées à environ 24 millions € par an. La différence entre les recettes et la redevance financera le fonctionnement courant. Le site appartient à la ville de Paris et est exploité par le Museum d’histoire naturelle. Il a été concédé à la capitale avec l’ensemble du Bois de Vincennes en 1860, par Napoléon III, en contrepartie de son aménagement.

Plein tarif public : un peu plus de 13 €

Pour atteindre l’équilibre, ce Thoiry de nouvelle génération vise 1,4 millions de visiteurs par an et devrait proposer le plein tarif à un peu plus de 13 € pour les adultes. Les scolaires, eux, accéderont au parc zoologique moyennant 3,5 €.

6 ans de réflexion

Bouclée en février 2010, la rénovation du zoo de Vincennes est l’aboutissement d’une longue partie de ping-pong entre les différentes parties prenantes (villes riveraines mais non propriétaires du site, ville de Paris, région, Etat, museum d’histoire naturelle), depuis l’annonce de fermeture partielle du site en 2004. Du Mouvement de soutien populaire au zoo lancé par le maire de Vincennes à l’association de soutien Le printemps des animaux, présidée par le maire de Saint Mandé, parrainée par les people Corinne Touzet et Smaïn et cautionnée par Allain Bougrain Dubourg (président de la Ligue protectrice des oiseaux – LPO), pétitions et actions de lobbying se sont relayées pour faire avancer ce coûteux dossier.

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