Société | Accueil Val de Marne (94) Nogent-Sur-Marne | 22/12/2011
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Aide alimentaire, emploi, logement : Nicolas Sarkozy débat avec les Restos du Coeur

Aide alimentaire, emploi, logement : Nicolas Sarkozy débat avec les Restos du Coeur

Invité à visiter l’entrepôt logistique francilien des Restos du Coeur, à Vitry sur Seine (Val de Marne), le président de la République, Nicolas Sarkozy, a été interpellé sur trois sujets par l’association initiée en 1985 par Coluche : la pérénisation de l’aide alimentaire, l’emploi et le logement.

Sur ces questions, il a proposé d’assouplir les conditions d’emplois aidés de l’association et s’est déclaré favorable à une certaine densification pour lutter contre la pénurie de logements.
Accompagné des ministres des solidarités et de l’agriculture, Roselyne Bachelot et Bruno Le Maire,  Nicolas Sarkozy a visité jeudi matin l’entrepôt logistique des Restos du coeur de Vitry sur Seine, une immense plate-forme desservant 77 centres de l’association dans quatre départements. L’occasion pour Olivier Berthe, président de l’association et Véronique Colucci, cofondatrice du mouvement, de solliciter le président de la République sur quelques enjeux majeurs.

Premier défi : pérenniser l’aide alimentaire

Actuellement, les Restos du Coeur dépendent, pour un quart de leur budget alimentaire, du PEAD (Programme européen d’aide aux plus démunis) qui consiste à reverser aux associations caritatives les stocks d’invendus issus de la Politique agricole européenne commune (PAC). Cette aide est toutefois menacée. Les stocks étant devenus insuffisants (en raison de la régulation de la politique agricole) et de  plus en plus compensés  par des achats directs, certains pays de la Communauté européenne comme l’Allemagne et la Suède, ont en effet remis en cause ce dispositif en expliquant qu’il ne relève plus de politique agricole mais de politique sociale et ne doit donc pas être imputé au budget agricole (Le PEAD se monte à 500 millions d’euros et représente un peu moins d’1% du budget de la PAC).

Ces pays ont saisi la Cour de justice européenne qui leur a donné raison en avril 2011. Après négociations entre notamment les gouvernements français et allemands, un compromis a toutefois été trouvé pour reconduire en 2012 et 2013 le budget de 500 millions d’euros du PEAD, au grand soulagement des associations. La question de l’après 2013 se pose néanmoins. Interpellé sur ce point, le président a encouragé l’association à travailler avec ses consoeurs européennes, notamment allemandes, pour faire des propositions et travailler à une solution de pérennisation au niveau européen.

Emploi : Nicolas Sarkozy prêt à assouplir les conditions des contrats aidés

Face au président de la République, le président des Restos du Coeur, Olivier Berthe, a aussi insisté sur la globalité du soutien apportée par l’association, qui part de l’aide alimentaire pour accompagner de manière plus large les personnes dans leur réinsertion sociale, invitant plusieurs bénévoles à témoigner des diverses activités mises en oeuvre dans les centres (coiffure, atelier cuisine, couture, alphabétisation, soutien administratif…). « Notre vocation n’est pas de gérer la pauvreté mais de la combattre« , a-t-il ainsi rappelé.

Le président du mouvement a notamment détaillé le travail de réinsertion effectué à travers l’emploi de contrats aidés au sein de l’association. « Nous avons environ 1500 contrats aidés et 44% des personnes sortent de ces contrats avec un emploi. » Le problème : toutes les personnes ne mettent pas le même temps à se réadapter et se réinsérer, dépassant parfois la durée impartie par les contrats type. « Nous sommes prêts à rendre des comptes et sommes soucieux du denier public mais nous ne voulons pas nous transformer en chasseurs de primes pour renouveler tel ou tel contrat. »

« Chaque personne est différente et pour bien faire, il faudrait bien sûr du sur mesure« , a admis le président de la République, avant de proposer à l’association de travailler à une convention cadre pour obtenir des dérogations sur un certain nombre de contrats afin de pouvoir prolonger les contrats aidés le nécessitant. « On pourrait par exemple imaginer que 75 % de vos contrats restent dans le cadre imposé par la loi et que 20-25 % puissent être sujets à expérimentation » a proposé Nicolas Sarkozy.

Logement : le président pense la densification inévitable

Troisième volet de la discussion entre les représentants des Restos du coeur et le président de la République  : le mal-logement. « 20 % des personnes qui viennent chercher de l’aide alimentaire sont également mal logées, soit hébergées dans la famille, des foyers et parfois aussi à la rue et un tiers de ces personnes ont pourtant un travail. Les Restos du Coeur accompagnent chaque semaine 20 00 personnes qui sont dans la rue« , a précisé Antoine Bour, l’un des administrateurs de l’association. « C’est vrai, et pourtant, nous construisons en France trois fois plus de logements qu’il y a dix ans, dont 130 000 logements sociaux par an », a répondu Nicolas Sarkozy. L’un des problèmes est qu’il y a des personnes dans des logements sociaux qui ne devraient plus en bénéficier car leur revenu a augmenté ou leurs enfants n’y vivent plus. Le turnover ne fonctionne pas dans les logements sociaux. L’autre problème est que les prix ne baissent pas malgré la crise. Nous n’échapperons pas non plus au débat sur la densification. Ce n’est pas elle qui rend l’architecture insupportable et la ville invivable. »

Réactions à gauche : Christian Favier dénonce une opération médiatique

Le président PCF du Conseil général du Val de Marne a de son côté accueilli froidement la visite du président dans son fief : « Alors que 8 millions de Français sont sous le seuil de pauvreté, le Président- candidat UMP, Nicolas Sarkozy cherche à se refaire une virginité sociale par une visite aux Restos du Cœur. Cette opération médiatisée ne saurait effacer la dureté des mesures qu’il réserve aux Français et à nos concitoyens les plus démunis. (…) Augmentation générale des impôts les plus injustes (TVA, taxe sur les contrats santé des mutuelles…) en euro constant, diminution des allocations logements de 1,2% et revalorisation reportée au 1er avril 2012, diminution du RSA, hausse vertigineuse des tarifs du gaz et de l’électricité, salaire minimum de la fonction publique inférieur au SMIC- lequel n’a bénéficié d’aucun « coup de pouce » à la date de sa revalorisation. (…) Le logement social, l’hébergement d’urgence, l’accès aux soins sont dans une situation catastrophique après cinq ans de sarkozysme. La saignée de l’Education nationale se poursuit avec plusieurs centaines de postes supprimés dans l’Académie de Créteil. (…)Les visites du Président candidat ne trompent personne. »

Manifestation de protestation à Vitry

A l’appel de la CGT, une manifestation de protestation contre la venue de Nicolas Sarkozy s’est tenue ce matin à Vitry, en parallèle de la visite du président, qui a rassemblé militants communistes et élus locaux comme Alain Audoubert, maire de Vitry, Pierre Gosnat député-maire d’Ivry, ainsi que des  conseillers généraux. « Le gouvernement a choisi de baisser de 35 % des crédits del’hébergement d’urgence dans le département et de supprimer 500 nuitées hôtelières tandis que les expulsions locatives se multiplient du fait de loyers trop chers et de salaires trop bas. Donc non Monsieur Sarkozy, vous n’êtes pas le bienvenu dans le Val-de-Marne« , indique ainsi dans un communiqué la Fédération départementale du Parti communiste.

A lire également : article sur les Restos du Coeur dans le Val de Marne

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