Société | Accueil Val de Marne (94) Val de Marne | 29/09/2011
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Chennevières : la famille en débat avec l’UMP

Chennevières : la famille en débat avec l’UMP
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C’est dans une petite salle voûtée du Fort de Chennevières, d’où l’on percevait quelques notes de clairon, que la section UMP de la 4ème circonscription du Val de Marne s’est retrouvée hier soir pour aborder la question de la famille avec comme intervenants Dominique de Legge, sénateur d’Ille et Vilaine

et  ancien délégué interministériel, auteur de la Famille dans tous ses éclats (édition Bruno Leprince 2007) et Jacques-Alain Bénisti, député-maire de Villiers sur Marne.

Une réunion en petit comité – une trentaine de personnes s’étaient déplacées, loin des meetings à claque sonore et lors de laquelle furent à peine évoquées les élections passées et à venir. « Nous organisons cela régulièrement, sur des thématiques variées. Nous invitons aussi nos militants à donner leur avis à partir de questionnaires assez détaillés  sur plusieurs pages », explique le maire (UMP) de Chennevières, Bernard Haemmerlé.

Après un rappel historique de la politique familiale par Dominique de Legge, occasion d’esquisser plusieurs débats comme le mariage des homosexuels, la question de l’adoption en France, l’éducation, la crise de la transmission, les relations intergénérationnelles et encore la fin de vie, la discussion s’est engagée sous forme de questions réponses, laissant libre cours aux préoccupations des militants.

 

 

Questions d’autorité

Les questions de l’éducation et de la crise de l’autorité parentale ont été au coeur du débat. « Quid de la suppression des allocations familiales pour les familles dont les enfants font des dégâts ? » s’est enquis un participant. »Les allocations familiales font partie d’un contrat global avec la famille qu’il est légitime de remettre en question si la famille ne joue pas son rôle mais le problème n’est pas simple. Il ne s’agit pas non plus de retirer de l’argent d’un côté pour qu’il soit pris sur un autre budget comme les dispositifs départementaux d’aide sociale. Nous préconisons plutôt une mise sous tutelle des allocations, afin de s’assurer qu’elles sont bien utilisées pour ce à quoi elles sont destinées. L’un des problèmes aujourd’hui concernant les familles dont les enfants sont en grande difficulté est qu’il y a trop d’intervenants sociaux qui gravitent autour d’elles sans vision globale. Avant, les personnes qui venaient aider étaient dans le « faire avec », aujourd’hui elles sont dans le prescriptif « il faudrait faire comme cela ». Je ne remets pas en question leur professionnalisme mais le mode de fonctionnement du système », a répondu Dominique de Legge.

Jacques-Alain Bénisti a pour sa part plaidé le bien fondé des EPIDE (Etablissements publics d’insertion de la Défense) qui accueillent les jeunes délinquants dans des centres fermés animés par des militaires en alternative à la prison, et suggéré de prolonger la durée de séjour possible, actuellement de 6 mois, à 12 mois renouvelables une fois, car le problème est que les jeunes replongent une fois revenus chez eux alors que tout se passait bien lors de leur séjour. Il a également souhaité que ces centres, qui accueillent aujourd’hui des jeunes entre 18 et 25 ans, puissent les accueillir des 16 ans, regrettant le désert actuel de prise en charge des jeunes de 16 à 18 ans que l’Education nationale n’a plus obligation de prendre en charge et qui se retrouvent encore plus démunis,  insistant sur la nécessité de pouvoir leur offrir un projet professionnel.

« Le problème est que les parents n’ont plus d’autorité sur leurs enfants, ce-sont devenus leurs copains, et l’école ne suffit pas pour y remédier », s’est indignée une professeur de lycée. Que peut-on demander à l’école ? De l’instruction ou de l’éducation ? Se  sont alors interrogés les participants. « Il faudrait faire chanter  l’hymne national aux élèves tous les matins en arrivant à l’école, comme cela se pratique dans d’autres pays », a proposé un militant. « Il faut arrêter de tout demander à l’Education, de la prévention aux risques sismiques à la sécurité routière », a plaidé pour sa part le sénateur.

« Ne pourrait-on pas imposer des travaux d’intérêt général aux jeunes coupables d’incivilités ? a insisté un convive. « Lorsque cela concerne des enfants, la question de la sanction ne peut pas seulement être publique mais doit avant tout se traiter en famille même si de temps en temps il y a une claque qui se perd. Il y a des vrais cas de maltraitance d’enfants mais elles sont de nature perverse. Il faut faire un  peu confiance aux familles », a répondu Dominique de Legge. « A Villiers sur Marne, nous proposons des cours de parentalité pour apprendre aux parents à se comporter en parents, que dispensons également aux futures mamans », a indiqué Jacques Alain Bénisti.

Inter-générations

« Mais comment voulez-vous que les jeunes prennent leur autonomie, lorsqu’ils enchaînent des CDD sans situation pérenne pour payer un loyer et sa caution », a repris une mère de famille. Une autre participante s’est aussi inquiétée de la question des parents dépendants, qui vient s’ajouter à une prise en charge des jeunes de plus en plus longtemps. « Nous sommes pris en sandwich entre nos enfants qui ne sont pas autonomes et nos parents qui deviennent dépendants. Comment gérer cela? » s’est-elle exclamée. « C’est vrai que nous faisons beaucoup pour le début de la vie et pas encore assez pour la fin. C’est aussi plus complexe car la fin de vie est beaucoup moins facile à cerner dans le temps. Il existe tout de même un dispositif qui permet de prendre un congé parental de 6 mois pour accompagner un parent en fin de vie »

« Et pour les conjoints de parents divorcés ? Quel statut par rapport aux beaux enfants ? La situation peut-elle évoluer ? », a réclamé un beau-père. « Actuellement, le père biologique peut donner une délégation mais cela ne peut se faire sans son autorisation. La loi pourrait renforcer le rôle du père adoptif mais cela ne doit pas se faire au détriment du père biologique ou de l’enfant. La question est délicate. Outre le problème de l’autorité parentale pour les jeunes enfants, celle de la responsabilité des enfants  vis à vis de leur père biologique se pose aussi en fin de vie. Même si le père biologique a délaissé ses enfants tout au long de sa vie, les laissant se faire élever par une autre personne, les enfants ont actuellement une obligation alimentaire à son égard en fin de vie tandis qu’ils ne doivent rien à la personne qui les a réellement élevés », a expliqué Dominique de Legge.

Les médias, et Internet en particulier, ont été pointés du doigt à plusieurs reprises par les militants comme véhicules de violence sans retenue.

Beaucoup de questions de société égrenées en deux heures, qui risquent d’être difficiles à résoudre avec des seules lois mais sur lesquelles les militants attendent des réponses de leurs candidats.

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