Société | Val-de-Marne | 29/09/2011
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Gentilly : le SOS des CUI du collège Rosa Parks

Gentilly : le SOS des CUI du collège Rosa Parks

Quelques délégations d’élus, enseignants et parents d’élèves se sont rendues devant la préfecture de Créteil hier après-midi à l’occasion du CDEN (conseil départemental de l’éducation nationale) pour défendre, cette fois avec succès, la cause des CUI (Contrat unique d’insertion)*.

Parmi elles, celle du collège Rosa Parks de Gentilly. Leur problème : la non reconduction du contrat de quatre personnes embauchées comme personnel à mi-temps au bout de 6 mois alors qu’elle avaient été engagées sur une base de 18 mois.

« C’est fin août, alors que nous nous apprêtions à renouveler les contrats comme cela était prévu, que nous avons appris par Pôle Emploi que la convention ne serait pas renouvelée. Les personnes concernées, elles, n’ont reçu aucun courrier pour les prévenir. C’est nous qui avons du leur annoncer à la rentrée », s’indigne un personnel du collège. « La forme de cette rupture de contrat nous a profondément choqués car ce n’est pas respectueux de la personne », s’émeut un autre collègue. « Comme ces personnes avaient été embauchées à des dates diverses, au printemps, leur contrat s’arrête n’importe quand. L’une a arrêté il y a une semaine, un autre voit son contrat s’arrêter dans une semaine et les deux dernières au mois de novembre, ceci sans aucune logique par rapport au fonctionnement de l’établissement », reprend le premier.

« En termes de service rendu, cela aura forcément un impact, même si ce-sont des petites choses. C’est un accueil un peu moins long, un service de cantine raboté, une charge supplémentaire de travail pour les autres collègues, tout cela détériore au final la qualité de service. Car en réalité ce n’est pas du personnel d’appoint. Nous avons réellement besoin de deux postes à temps plein pour compléter notre équipe. Il y a huit ans, au temps des CES (successeurs des TUC avant les CAE devenus des CUI…), nous en avions 10, ce qui était trop aussi. Nous savons ce dont nous avons besoin pour fonctionner, nous ne demandons pas x personnes en plus, mais il nous faut l’équivalent de ces deux temps plein, qui étaient occupés par les 4 CUI à mi-temps », détaille le manifestant.

Prochaine étape aux Prud’hommes ?

« Le problème des CUI est qu’ils ne bénéficiaient pas des formations réglementaires. Ils ont donc été attaqués aux Prud’hommes dans certaines villes. A Angers notamment, ces contrats ont été requalifiés en CDI. C’est à la suite de cette condamnation que ces contrats ont commencé à être ne pas être renouvelés comme prévu. Mais nous allons attaquer aussi. Et cela risque de coûter encore plus cher! », explique un syndicaliste de SUD. Pour précision, ce-sont en effet quelques 26 personnes qui ont obtenu chacune près de 20000 € (dommages et intérêt compris) dans le Maine et Loire. D’autres actions sont en cours ailleurs.

Les quatre personnes en CUI sont aussi venues plaider leur cause directement, de profil très différent, du jeune dont c’était le premier emploi à la mère au foyer de quatre enfants qui vient de divorcer et a dû recommencer à travailler d’urgence.

Sursis obtenu pour les 150 CUI du Val de Marne

Pour les encourager, Pascal Brand, maire adjoint de Gentilly, a fait le déplacement et a revêtu son écharpe tricolore : « J’attends que nous soyons reçus par le préfet pour lui exposer la situation. Nous souhaiterions au moins qu’il manifeste son indignation vis à vis de cette injustice. » Le même jour, d’autres délégations des Académies de Créteil, Paris et Versailles, devaient aussi aller plaider la cause des CUI devant la préfecture de région, à Balard. Finalement, les manifestants du département ont obtenu gain de cause. Le préfet, Pierre Dartout, a en effet annoncé que les 150 contrats de CUI du Val de Marne seraient reconduits. La durée n’a pas été précisée.

* Le CUI (Contrat unique d’insertion) est contracté, dans le cas présent, par le Conseil général avec une subvention de presque la totalité du salaire par l’Etat. Il dépend d’une convention tripartite entre le salarié, la collectivité et la personne qui s’occupe du suivi de son insertion. En savoir plus.

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