Société | Accueil Val de Marne (94) Nogent-Sur-Marne | 27/10/2011
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Interdiction de faire les poubelles : le maire de Nogent réécrit son arrêté

Suite aux nombreuses réactions suscitées par l’arrêté interdisant de fouiller les poubelles de Nogent sur Marne, le maire de la ville, Jacques JP Martin, a décidé de reformuler son arrêté pour mieux l’expliquer. Ainsi l’a-t-il annoncé dans son éditorial du magazine municipal: « Dans les jours qui viennent, je rédigerai un nouvel arrêté en précisant sa mise en oeuvre pour mettre fin à des querelles stériles. Un point sur les actions d’aide sociale de la ville sera fait dans un prochain numéro de ce magazine. » (lire l’éditorial complet ci-dessous). Il y a quelques jours, un collectif nogentais composé de personnalités politiques et associatives locales avait lancé une pétition pour demander de lever cette interdiction, qui a obtenu à ce jour 439 signatures sur le marché de Nogent et 784 en ligne.

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Ci-dessous l’éditorial complet du maire sur ce sujet, paru dans le numéro de novembre du magazine municipal (Nogent le Magazine n°70) :

« UN ARRÊTÉ DE SALUBRITÉ PUBLIQUE
J’ai pris l’engagement de garantir aux Nogentais un espace de vie de qualité, esthétique, propre et sûr. Or, depuis plusieurs mois, nous sommes confrontés à une recrudescence d’incivilités et de dégradations sur lavoie publique, dont les auteurs, partiellement identifiés, sont organisés en réseaux, parfois concurrents, de collectes et de reventes de matériauxet de fripes. Ils se moquent de notre choix, celui du vivre ensemble, solidaire, dans un cadre de vie auquel nous sommes tous attachés. L’arrêté municipal pris le 16 septembre en matière de salubrité et d’hygiène publiques, tant critiqué et déformé par certains, a pour seul but de donneraux fonctionnaires de police un cadre légal d’intervention pour luttercontre les auteurs de dépôts, déversements, déjections ou toute action denature à nuire à la propreté de nos espaces publics. Il a pour référence les articles du titre IV de l’arrêté préfectoral n° 85-515 du 26 février 1985fixant les dispositions du règlement sanitaire départemental du Val-de-Marne, relatif à l’élimination des déchets et mesures de salubrité générales. Ce n’est pas un « arrêté contre les pauvres » !

UNE POLÉMIQUE ORGANISÉE
Les critiques, l’intolérance, et les violences des propos dont j’ai fait l’objet relèvent plus de la haine, de la mauvaise foi ou de la désinformation. Mes détracteurs affirment de façon péremptoire qu’à Nogent, il n’y a pas de place pour les pauvres. De telles affirmations sont révoltantes au regard de l’action municipale que je conduis. Pour moi, la raison d’être de la politique, c’est d’améliorer la vie des gens au service de valeurs humanistes. Ceux qui me connaissent savent que la politique municipale est au service de tous sans ignorer ceux qui traversent des difficultés. La polémique organisée dans laquelle de nombreux médias se sont engouffrés, sansvérifier leurs sources, a tenté de donner de moi l’image d’un homme sans coeur qui « n’aime pas les pauvres » et veut les chasser de sa ville. Ils admettent que les pauvres pourraient avoir « comme ultime recours »celui de se nourrir dans les poubelles. J’ai eu beau affirmer et répéter que le glanage, notamment en fin de marché ou aux abords des supermarchés et magasins d’alimentation, n’était en rien concerné par cet arrêté, ces accusations ont continué. L’indignation de composition de certains décrédibilise la cause qu’ils prétendent servir. Ils oublient de façon coupable que pour une meilleure hygiène publique, j’ai demandé depuis plusieurs années aux commerçants du marché de préparer en cageots les produits invendables qu’ils auraient souhaité jeter dans les containers. L’arrêté municipal a aussi pour objectif, et c’est le devoir d’un élu à l’écoute de ses concitoyens, de préserver la santé, non seulement de ceux qui fouillent les poubelles, mais aussi de ceux qui en assurent le ramassage ou qui nettoient nos rues. Les déchets et ordures présentent une multitude de risques connus (piqures, coupures, éclaboussures, contamination par les aérosols, voire le risque de contracter certaines maladies de peau ou la tuberculose). Je tiens à préciser que l’arrêté du 16 septembre a été complété de règles et consignes d’application pour les agents habilités à le faire respecter afin qu’ils puissent faire la différence entre ceux qui sont responsables des incivilités et dégradations et ceux qui relèvent du Centre communal d’action sociale ou des associations avec lesquelles la Ville a contractualisédes prises en charge adaptées. L’arrêté prévoit que l’intervention des agents sera constatée par un procès verbal qui, après avoir été soumis au maire, pourra être transmis au tribunal compétent pour sanction ou non,  la contravention restant àl’initiative des magistrats.

« IL NE FAUT PAS FAIRE LA GUERRE AUX PAUVRES, MAIS À LA PAUVRETÉ »Abbé Pierre
J’ai toujours veillé à ce que les dispositifs de lutte contre la précarité, l’exclusion, voire la marginalisation de certains de nos concitoyens qui subissent les conséquences de la crise, soient en permanence adaptés, réorientés pour rester performants et respectueux des valeurs de solidarité, de générosité mais aussi de dignité humaine. Je partage depuis toujours ce que disait l’abbé Pierre : « Il ne faut pas fairela guerre aux pauvres, mais à la pauvreté ». C’est ce principe qui inspire mon engagement, en tant que gaulliste social lorsque je mets l’homme au coeur de nos actions municipales. Je ne peux accepter que certains d’entre nous se retrouvent dans la rue contraints à faire les poubelles pourse nourrir. Ce n’est pas la conception que j’ai d’une collectivité solidaire. Avec l’équipe municipale qui m’entoure, je fais tout ce qui est possible au niveau local pour aider ceux qui sont en difficulté ou en errance sur notre territoire.La première règle que nous devons appliquer avant d’agir, consiste à semettre d’abord à la place d’autrui, surtout lorsqu’il est dans le besoin, mais nulle vraie recherche du bien commun n’est possible hors la loi.La mauvaise querelle orchestrée par une certaine opposition porte aussi atteinte à l’image d’une ville généreuse. Avec la majorité municipale et les services municipaux, c’est dans un contexte qui privilégie l’humain que nous travaillons au quotidien. C’est ainsi que j’ai l’intention de poursuivre ma mission au service de tous les Nogentais, sans discrimination aucune. Dans les jours qui viennent, je rédigerai un nouvel arrêté en précisant sa mise en oeuvre pour mettre fin à des querelles stériles. Un point sur les actions d’aide sociale de la ville sera fait dans un prochain numéro de ce magazine. »

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