Société | Val-de-Marne | 18/08/2011
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Logement d’urgence : le Val de Marne lance une pétition

Logement d’urgence : le Val de Marne lance une pétition

La crise du logement d’urgence, illustrée mi-juillet par la démission du fondateur du Samu social, Xavier Emmanuelli, et la grève des travailleurs sociaux du 115 début août, a donné lieu au lancement de plusieurs pétitions au niveau local comme national. Retour sur les tenants et aboutissants de cette crise.

Difficile de tenir une statistique exhaustive du nombre de personnes sans domicile fixe en France, tant les situations sont hétérogènes et variables. Les dernières estimations des associations donnent une fourchette de 100 000 à 130 000. Pour répondre aux besoins, 115 000 logements d’urgence ont été répertoriés en France, selon les informations du secrétaire d’Etat au logement, Benoist Apparu.

Malgré cela, une étude réalisée par la Fnars (Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale qui fédère 850 associations et organismes et gère 2700 établissements) en juillet 2011, a montré que deux tiers des demandes de logement d’urgence traitées par le 115 (numéro de téléphone d’urgence pour l’hébergement des sans abri) ne peuvent être traitées, principalement faute de places. Les publics ayant le moins de probabilité de bénéficier d’un hébergement sont les couples ou groupes avec enfants et les hommes seuls. L’étude réalisée sur la journée du 20 juillet fait notamment état de l’impossibilité d’abriter près de 400 couples avec enfants et 100 femmes seules avec enfants.

Les débuts difficiles du « Logement d’abord »

Mais si le torchon brûle en ce moment entre le gouvernement et les associations, c’est que, au-delà de la progression des situations d’exclusion auxquelles ces dernières n’arrivent plus à répondre, la politique du gouvernement en matière de logement d’urgence est en pleine transition. Cette mutation, initiée depuis fin 2009 est basée sur le principe du «logement d’abord» et consiste à privilégier progressivement les logements pérennes  à l’hébergement en hôtel ou centre collectif. Il implique donc un transfert de budget (notamment du Samu social vers des associations d’intermédiation locative) et la fermeture de places d’hôtel en contrepartie de logements. Si, sur le principe, cette transition de l’urgence à la «normalité» a d’abord remporté l’adhésion, la diminution des budgets d’urgence alloués en 2011, a créé le désarroi sur le terrain car les travailleurs sociaux du 115 se sont vus de moins en moins en capacité de répondre à la demande immédiate.

«Dans le Val de Marne, plusieurs centaines de personnes sont à la rue à cause de la diminution des crédits de 35% et le 115 ne dispose plus désormais que de 350 nuitées contre 750 auparavant pour accueillir les familles sans toit», indique-t-on au Conseil général.  Pour gérer cette diminution du nombre de places disponibles, la Croix Rouge (qui gère pour le compte de l’Etat, le Samu social et l’accueil téléphonique du 115 dans le Val de Marne) a reçu des consignes préfectorales consistant à n’accueillir qu’une personne pour deux sorties, à ne plus prendre en charge que des parents isolés avec enfants ou des femmes enceintes (ce qui exclut les couples avec enfants) et à raccourcir les durées de prise en charge.

Pétitions

C’est dans ce contexte que le président du Conseil général, Christian Favier, a lancé une pétition le 8 août dernier, pour réclamer le rétablissement intégral des crédits du 115 et l’abandon des fermetures de places d’hébergement. (Voir la pétition du Conseil général). Cette pétition a récolté à ce jour quelques centaines de signatures. En parallèle, le Nouvel Observateur a également lancé une pétition au niveau national, interpellant directement le président de la République et réclamant l’application du Droit au logement opposable, qui a recueilli à ce jour 6500 signatures. (Voir la pétition du Nouvel Observateur).

Des assises du logement d’urgence à la rentrée

De son côté, le secrétaire d’Etat au logement, Benoist Apparu,  a annoncé début août dans un entretien au journal Le Figaro le lancement de huit assises interrégionales entre septembre et décembre, avec les associations d’hébergement et d’accès au logement, les services de l’État, les bailleurs sociaux et les collectivités locales. A l’ordre du jour : la mise en œuvre concrète et planifiée de la politique du «logement d’abord». Le secrétaire d’Etat a également indiqué avoir lancé un appel à projets pour dix territoires pilotes -départements ou agglomérations- pour expérimenter ce principe en bénéficiant d’un suivi et soutien méthodologique.

 

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