Société | Accueil Val de Marne (94) Nogent-Sur-Marne | 09/09/2011
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Primaires PS : premier débat dans le Val de Marne

Primaires PS : premier débat dans le Val de Marne
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C’est à l’initiative de la section du Perreux sur Marne, et de son responsable, Jean-Pierre Dusseaulx, que le premier débat entre représentants des candidats aux primaires socialistes dans le Val de Marne s’est tenu hier soir, salle Charles de Gaulle. Devant une quarantaine de personnes et après tirage au sort de leur ordre de passage,

les huit représentants (tous des hommes) ont développé durant un quart d’heure chacun les spécificités des candidats tout en rappelant le socle commun du programme PS – le livre de leur favori sous le coude. La rencontre s’est achevée à 23h au terme de 2h30 de discussion dans une atmosphère tout à fait cordiale.

Parmi les propositions faisant consensus : le regroupement de l’impôt sur le revenu et de la CSG, la création d’une banque d’investissement et des mesures d’incitation fiscale pour développer l’innovation, l’entrepreneuriat et l’écologie, en bref une reprise en main du politique sur l’économique. Les questions de société (légalisation du cannabis, mariage homosexuel, sécurité…) divisent davantage.

François Hollande : fiscalité et jeunesse

Représentant François Hollande, Mounir El Beiyad, secrétaire de section de Saint Maurice et secrétaire fédéral de l’université du parti, a insisté sur deux priorités : la fiscalité et la jeunesse. Parmi les propositions : le rééquilibrage du budget, la constitution d’un impôt citoyen regroupant impôt sur le revenu et CSG, la TVA éco-modulable en fonction des produits qui respectent l’environnement, le contrat de génération (proposition consistant à inciter financièrement les entreprises à inciter des jeunes et les former avec des seniors), l’incitation à l’innovation, l’éducation (fin de redoublement, remise en place d’une formation à part entière des enseignants alternant théorie et pratique « pas forcément sur le modèle des IUFM », la petite enfance (création de 400 000 places d’accueil pour les moins de 3 ans) et encore la «présidence normale» (pas d’ingérence dans les nominations, respect de la séparation des pouvoirs…). Sur le nucléaire : le même effort que l’Allemagne c’est-à-dire -25% en dix ans, pour passer de 75 % à 50%.

 

 

Jean-Michel Baylet : un gouvernement économique européen

Représentant Jean-François Baylet, le candidat du Parti radical de gauche (PRG), Patrick Mouge, conseiller municipal du Perreux, a mis l’accent sur l’Europe et le parler vrai, quitte à ce que certaines propositions soient impopulaires. Parmi les suggestions : la constitution d’un gouvernement économique européen décidant du budget de chaque Etat et capable de racheter les dettes souveraines ainsi que d’insuffler une politique de relance, la séparation des banques de dépôt et d’investissement, l’interdiction de spéculer sur les matières premières agricoles, la fusion de l’impôt sur le revenu, la CSG et les cotisations sociales, le calcul de l’impôt des sociétés sur leur bénéfice mondial, le transfert d’une partie des cotisations salariales vers la CSG et la TVA, la suppression de l’exonération des stock-options, pas de retour à la retraite à 60 ans mais un aménagement grâce à une retraite à points, la légalisation du mariage homosexuel, de l’adoption par les homosexuels, le droit à mourir dans la dignité, la reprise des essais sur la recherche des embryons avec encadrement bioéthique, la légalisation du cannabis et encore le rétablissement de la police de proximité et du juge d’instruction. Sur le nucléaire : pas de sortie définitive, position considérée comme démagogique, mais mise en œuvre d’une politique énergétique de la France.

Manuel Valls : sécurité, éducation, rigueur, redistribution

Philippe Franck, ancien secrétaire de section de Champigny mais membre de la section de Bry sur Marne, a défendu le programme de Manuel Valls. Au programme : le déploiement généralisé de la police municipale, l’arrêt de la suppression d’un poste d’enseignant sur deux, l’augmentation de la présence horaire des enseignants dans leur établissement, l’adaptation des techniques éducatives en fonction des lieux, l’autonomie accrue des établissements scolaires, la suppression massive des niches fiscales pour les ménages les plus aisés, la fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG avec prélèvement à la source, pas de retour à la retraite à 60 ans (un «mal nécessaire»), un regard prudent sur les propositions d’emplois jeunes, la révision du programme du PS à l’aune du nouveau contexte économique (post été), le renforcement des moyens de la justice, la régularisation des sans-papiers à partir de critères lisibles. Sur le nucléaire : pas de sortie à court terme car l’intensification du thermique qui en découlerait aurait aussi des conséquences écologiques, développement des énergies renouvelables et des filières biotechnologiques.

Martine Aubry : emploi, pouvoir d’achat, éducation, sécurité

Pour évoquer le programme de Martine Aubry : Jérôme Impellizzieri, conseiller régional et secrétaire fédéral à la vie des sections. Ce dernier a commencé par rappeler le socle commun « fort » entre les propositions de chacun et le fait que le véritable opposant du PS est la droite, taclant au passage le concept de règle d’or, considérée comme «une coupe drastique non crédible», avant de résumer les quatre priorités : l’emploi, le pouvoir d’achat, l’éducation et la sécurité. Parmi les suggestions : une réduction d’impôt pour les entreprises qui réinvestissent, la diminution des niches fiscales, la création d’une banque d’investissement pour les entreprises, une police territoriale mutualisée entre plusieurs communes pour éviter qu’elle ne soit sous la coupe d’un seul maire, la tolérance zéro avec sanction juste et proportionnée, une réforme de l’école primaire, la mobilisation contre l’échec au collège, une conférence salariale annuelle, des rayons à « prix citoyens » dans les grandes surfaces, l’encadrement des loyers dans certains cas, une taxe sur les superprofits pétroliers, une loi sur l’égalité salariale homme-femme. Sur le nucléaire : réduction progressive mais « réaliste ».

Ségolène Royal : desserrer l’étau des classes moyennes

Représentant Ségolène Royal, Jean-Jacques UM, membre de la section de Fresnes et secrétaire fédéral à la justice, a rappelé les positions déjà anciennes de sa candidate sur un certain nombre de sujets, autrefois taxées de fantaisistes et qui font aujourd’hui consensus. Il a également vanté le fait que toutes ses propositions avaient été testées et validées sur le terrain à l’échelle de sa région. Les axes prioritaires : desserrer l’étau autour des classes moyennes, bloquer 50 prix de produits de première nécessité, bloquer le prix du carburant et de l’énergie, stimuler l’entrepreneuriat, créer une banque d’investissement, l’encadrement des jeunes délinquants par des militaires. Insistant sur la nécessité de rassembler, Jean-Jacques Um n’a pas hésité à faire référence au général de Gaulle. Sur le nucléaire : développement des filières d’énergie renouvelable comme le solaire en s’appuyant notamment sur des sociétés d’économie mixte. Débat national participatif sur le mutation énergétique.

Arnaud Montebourg : dé-mondialisation et 6ème république

Dernier à intervenir, Frédéric Massot, secrétaire de section de Villiers sur Marne et secrétaire fédéral de l’université des savoirs, a également rappelé l’esprit de camaraderie entre les différents représentants des candidats et la nécessité de se rassembler face à une droite machiavélique, populiste et parfois proche du fascisme, terme qu’un des spectateurs a regretté haut et fort, le considérant comme un dérapage inapproprié. Sur le fond, Frédéric Massot a insisté sur la nécessité de redonner du pouvoir au citoyen, en mettant l’économie au service du politique et non le contraire. Parmi les propositions : une banque d’investissement pour les entreprises, capable de porter notamment l’investissement coopératif, le contrôle des marchés des capitaux, la taxation des transactions financières, un processus de dé-mondialisation pour arrêter les délocalisations en cascade, une taxe sur les produits extérieurs non écologiques et bien sûr une réforme des institutions pour redonner du pouvoir au parlement et contribuer à un nouveau projet de société via une sixième république. Sur le nucléaire : diminution progressive de la part actuelle du nucléaire dans l’énergie électrique mais à un rythme moindre que l’Allemagne «qui importe de toutes façons de l’électricité d’origine nucléaire française.» Développement des énergies renouvelables.

Après une écoute studieuse, quelques questions ont émané de la salle, à propos des positions sur le nucléaire ou la position de la France dans le monde. Un militant a aussi remis en question le principe de primaires qui renforcent la guerre des égos, lui ayant préféré un tirage au sort pour désigner le futur candidat, en s’appuyant sur un consensus entre les différentes motions. Les représentants des candidats ont alors unanimement défendu l’aspect démocratique de la démarche, reconnaissant tout de même pour certains que cette étape était nécessaire car aucun candidat naturel ne s’était dégagé… Concernant la guerre des égos, Frédéric Massot l’a justifée comme faisant partie intégrante du combat politique : «La pugnacité, c’est aussi ce qui fait la différence pour devenir président !»

Une dizaine d’autres débats devraient avoir lieu dans le Val de Marne avant les primaires qui se tiendront les 9 et 16 octobre. (voir les dates des prochains débats)

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