Société | Val-de-Marne | 01/09/2011
Réagir Par

Rentrée Eclair dans le Val de Marne

Renforcer la cohérence des actions pédagogiques à destination des élèves d’établissements difficiles en s’appuyant sur des coordinateurs, tel est le programme du dispositif Eclair (Ecoles, collèges et lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite) qui succède aux contrats RAR (Réseaux ambition réussite) à partir de cette rentrée. Explications et controverse.

Testé dans une centaine d’établissements à la rentrée 2010 – alors sous le nom de programme Clair, le nouveau dispositif, désormais baptisé Eclair a été étendu à l’ensemble des établissements du réseau ambition réussite (RAR) à la rentrée 2011, aussi bien dans les écoles maternelles et élémentaires que les collèges et lycées. Au total, un peu plus de 2000 écoles, 300 collèges et 25 lycées sont donc concernés dans l’hexagone, représentant quelques 5 % des élèves de l’enseignement public.

Dans le Val de Marne, une quarantaine d’établissements (auparavant RAR) participent au programme Eclair à la rentrée 2011 (voir liste ci-dessous), dont 35 écoles primaires, 4 collèges et 2 lycées. 6 villes sont concernées : Ablon sur Seine, Champigny sur Marne, Ivry sur Seine, Orly, Villeneuve le Roi et Vitry sur Seine. Pour rappel, les établissements RAR étaient désignés dans cette catégorie par le Ministère de l’Education en fonction de critères comme la proportion de parents de catégories socio-professionnelles défavorisées, non francophones, au RMI, et la proportion d’élèves ayant eu des faibles résultats aux évaluations de primaire ou en retard scolaire. Les RAR correspondent à une partie des ex-établissements de ZEP (Zone d’éducation prioritaire)

Eclair : qu’est-ce que c’est ?

Ce nouveau dispositif succède aux contrats des Réseaux Ambition Réussite (RAR) qui sont arrivés à échéance courant 2010. Il en reprend les principes comme celui du contrat d’objectif entre établissements et Académie, de l’accompagnement renforcé et transversal, du réseau d’établissements (collège et écoles élémentaires d’un même secteur) mais souhaite mettre plus l’accent sur le socle commun de connaissances, le climat social dans l’établissement, les expérimentations (groupes de compétences, aménagement des horaires, travail sur les rituels des élèves…) et les partenariats extérieurs (associations, police…).

Clef de voûte : le préfet des Etudes

Pour le mettre en œuvre, une nouvelle fonction a été créée : le préfet des études. (Historiquement, le Préfet des Etudes était en effet, dans les collèges jésuites, la personne chargée de veiller à la discipline et au bon fonctionnement des études). Son rôle est ici de faire l’intermédiaire entre l’élève, sa famille, les enseignants et autres personnels de l’établissement et encore les partenaires extérieurs. Il assure un suivi personnalisé des élèves, coordonne les actions les concernant et donne l’impulsion de nouvelles initiatives. Il ne doit toutefois pas se substituer aux enseignants ni au CPE (Conseiller principal d’Education).
Contrairement aux autres postes de l’Education nationale, qui font l’objet d’un recrutement en fonction du barème des candidats (un certain nombre de points qui évolue en fonction de la carrière), le préfet des études est choisi suite à un entretien et en fonction de son profil, directement sur proposition du chef d’établissement.
A ce jour, les préfets des études nommés l’an dernier sont essentiellement des professeurs et CPE. Pour mener à bien cette mission additionnelle, ils peuvent être en partie déchargée ou bénéficier d’heures supplémentaires. En termes de budget, la mise en œuvre de ce dispositif doit s’effectuer à moyens constants.
Concrètement, il est prévu un préfet des études par niveau dans les collèges concernés, et un pour le niveau de seconde dans les lycées. Il n’est en revanche planifié à ce stade de généraliser le poste préfet d’étude en primaire (maternelles et élémentaires) où les enseignants sont déjà considérés comme polyvalents.

L’évaluation de ce nouveau dispositif doit se faire au fur et à mesure, à la fois par l’Académie et par auto-évaluation grâce à des outils d’autodiagnostic.
Voir la page dédiée à ce dispositif sur le site du Ministère de l’Education.
Voir aussi le Vademecum élaboré sur ce sujet

Un projet controversé

Dans le camp des pour, la fédération de parents d’élèves PEEP a commenté positivement ce dispositif dans son message de rentrée : «Une part plus grande laissée aux chefs d’établissement dans le recrutement des équipes ne peut qu’aller dans le sens d’une meilleure collaboration, une plus grande cohérence et une stabilité renforcée des équipes. Des critères primordiaux pour que le programme ait une quelconque chance d’efficacité

Pour la fédération de parents FCPE au contraire, ce nouveau programme a pour premier objectif de lutter contre la violence dans les établissements scolaires et non de faire réussir tous les élèves. Sur la forme, la FCPE regrette également que la disparition du dispositif RAR au profit d’Eclair ait été décidée dans les bureaux du Ministère, sans débat parlementaire.

Du côté des syndicats enseignants, le projet fait quasiment l’unanimité contre. En décembre 2010, CGT Éduc’action, SE-UNSA, SNCL-FAEN, SNEP-FSU, SNES-FSU, SNUEP-FSU, SNFOLC, SNETAA-FO, SUD Éducation se sont réunis en intersyndicale pour demander le retrait du projet alors en expérimentation sur la première centaine d’établissements. Le syndicat indépendant SNALC-CSEN s’est également positionné contre.

Les syndicats s’inquiètent également d’un accent sur la sécurité et le climat dans l’établissement plutôt que sur l’apprentissage. Ils s’interrogent en outre sur le statut du préfet des études (nouvel échelon hiérarchique ? CPE bis ?) et se mobilisent contre le recrutement au profil – en porte-à-faux avec le principe de recrutement au barème de l’Education nationale. «CLAIR introduit une logique de déréglementation aussi bien pour l’organisation des enseignements que pour les statuts et les conditions d’emploi, de service et de rémunération des personnels», résume le syndicat SUD.

Le SNALC dénonce aussi, pour sa part, l’ingérence du dispositif au sein des établissements: «Le dispositif ECLAIR hypothèque la liberté pédagogique des professeurs, en renforçant le rôle du conseil pédagogique, en créant un échelon hiérarchique intermédiaire via le préfet des études et en soumettant le recrutement des personnels à l’avis du chef d’établissement. L’extension de ce statut dérogatoire constitue une atteinte sans précédents au cadrage national de l’enseignement et au statut des professeurs. Par ailleurs, les professeurs et les élèves des établissements concernés se retrouvent pris en otages alors que toute expérimentation doit faire l’objet d’une décision prise en Conseil d’administration.»

Enfin, les syndicats s’inquiètent du devenir des autres établissements difficiles, auparavant classés ZEP avant que ne soient distingués les RAR (devenus Eclair) et les RRS (Réseaux de réussite scolaire).

En pratique dans le Val de Marne

Liste des établissements participant au programme ÉCLAIR dans le Val de Marne

18 Ecoles maternelles
Ecole Maternelle Pierre Et Marie Curie Ablon-Sur-Seine
Ecole Maternelle Saint Exupery Ablon-Sur-Seine
Ecole Maternelle Anatole France 1 Champigny-Sur-Marne
Ecole Maternelle Anatole France 2 Champigny-Sur-Marne
Ecole Maternelle Jacques Solomon 1 Champigny-Sur-Marne
Ecole Maternelle Jacques Solomon 2 Champigny-Sur-Marne
Ecole Maternelle Solomon Ivry Sur Seine
Ecole Maternelle Eugenie Cotton Ivry Sur Seine
Ecole Maternelle Frederic Joliot Curie Orly
Ecole Maternelle Marcel Cachin Orly
Ecole Maternelle Paul Eluard Orly
Ecole Maternelle Paul Bert Villeneuve-Le-Roi
Ecole Maternelle Marcel Cachin Vitry-Sur-Seine
Ecole Maternelle Les Malassis Vitry-Sur-Seine
Ecole Maternelle Charles Perrault 1 Vitry-Sur-Seine
Ecole Maternelle Charles Perrault 2 Vitry-Sur-Seine
Ecole Maternelle Henri Wallon Vitry-Sur-Seine
Ecole Maternelle Louise Michel Vitry-Sur-Seine

17 Ecoles élémentaires
Ecole Elementaire Pasteur Ablon-Sur-Seine
Ecole Elementaire Anatole France A Champigny-Sur-Marne
Ecole Elementaire Anatole France B Champigny-Sur-Marne
Ecole Elementaire Jacques Solomon A Champigny-Sur-Marne
Ecole Elementaire Jacques Solomon B Champigny-Sur-Marne
Ecole Elementaire Jacques Solomon Ivry Sur Seine
Ecole Elementaire Irene Joliot Curie Orly
Ecole Elementaire Marcel Cachin A Orly
Ecole Elementaire Marcel Cachin B Orly
Ecole Elementaire Paul Eluard A Orly
Ecole Elementaire Paul Eluard B Orly
Ecole Elementaire Paul Bert Villeneuve-Le-Roi
Ecole Elementaire Marcel Cachin A Vitry-Sur-Seine
Ecole Elementaire Marcel Cachin B Vitry-Sur-Seine
Ecole Elementaire Diderot Vitry-Sur-Seine
Ecole Elementaire Henri Wallon A Vitry-Sur-Seine
Ecole Elementaire Henri Wallon B Vitry-Sur-Seine

4 collèges
College Elsa Triolet Champigny-Sur-Marne
College Robert Desnos Orly
College Georges Brassens Villeneuve-Le-Roi
College Jean Perrin Vitry-Sur-Seine

2 lycées
Lycee Professionnel Gabriel Peri Champigny-Sur-Marne
Lycee Georges Brassens Villeneuve-Le-Roi

Abonnez-vous pour pouvoir télécharger l'article au format PDF. Déjà abonné ? Cliquez ici.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A lire aussi