Histoire | Accueil Val de Marne (94) Fontenay-sous-Bois | 15/05/2012
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Appel à témoin pour un résistant fontenaysien

Agé aujourd’hui de 89 ans, Jean Hournat, résistant fontenaysien lors de la guerre 1939-1945, se souvient de ces années comme si c’était hier. Alors qu’il vit aujourd’hui dans le Sud, retraité de la RATP,  son ami Angello Bottelli a lancé un appel aux témoins se souvenant de ses faits d’arme afin de lui permettre d’obtenir la carte d’ancien combattant. Témoignage et appel à témoin.

D’après son propre témoignage, Jean Hournat intègre le groupe des Francs-Tireurs partisans (FTP) en 1941 alors qu’il est âgé de 18 ans et étudie au lycée Marcelin Berthelot de Saint-Maur des Fossés.  La résistance commence par la distribution de tracts imprimés clandestinement. Dénoncé par un ancien camarade devenu milicien, il rentre dans la clandestinité après avoir été relâché. Son père, Georges Hournat, est également connu pour ses faits d’armes.

Jean Hournat devient responsable des FTP en tant que capitaine avec comme bras droit l’adjudant-chef Kraft. Ils s’occupent alors de recruter de nouveaux «adhérents», dans les banlieues est et nord de Paris. Jean, alors âgé de 20 ans, supervise des blocs de résistants, constitués de groupes de 5. Il finira par avoir plus de 2 000 membres sous ses ordres. Angello Bottelli se souvient : «Les adultes acceptaient l’autorité d’un plus jeune qu’eux grâce à sa force de volonté».

Jacques Duclos, alors responsable du parti communiste français clandestin, lui donne comme nom de guerre : Fontaine (pour sa proximité avec Fontainebleau). Après chaque coup, il change d’identité (voir les différentes cartes ci-dessous)

Pour assurer la protection du groupe, il a pour mission de chercher des planques et doit déménager souvent. Lorsque les blocs sont suffisamment importants, il désigne des responsables et ne s’occupe plus que du ravitaillement en armes. Il participe pour cela à des attentats contre des trains venus d’Allemagne qui transportent des ravitaillements et des armes.

Devenu un peu trop connu, il part en Charentes pour organiser d’autres blocs de résistants. « Mais c’était plus difficile avec les paysans, ceux-ci préféraient traiter avec les Allemands qui pouvaient acheter leurs produits« , se remémore-t-il. Les déplacements de train deviennent de plus en plus compliqués mais Fontaine arrive à parcourir le pays discrètement grâce à sa carte de campeur, obtenue avant la guerre. Objectif : grossir le réseau tout en évitant soigneusement la Savoie et la Haute Savoie, fiefs qu’ils considèrent comme plus dangereux. Dans le même temps, il continue, avec d’autres résistants, à faire sauter les réseaux ferroviaire que les Allemands utilisent.

De retour à Fontenay en 1944, pour participer à la libération, Fontaine est arrêté par des gendarmes français. Menotté et attaché à un radiateur, il est passé à tabac, torturé à la Gégène et livré à la Gestapo. C’est sa maîtrise de l’Allemande qui le sauve. « Je leur ai expliqué que ces gendarmes mentaient et ne cherchaient qu’à se faire mousser. Je leur ai dit que je n’étais qu’étudiant, pas résistant, mais qu’ils arrêtaient pleins de gens sous n’importe quel prétexte. » Les Allemands le laissent finalement partir et il est récupéré par sa marraine qui le cache pendant un mois sur une île sur la Marne où il reste cloîtré dans un cabanon. Jean Hournat raconte aussi s’être réfugié dans un bordel.« Les prostituées me cachaient autant qu’elles me surveillaient. Elles m’ont beaucoup aidé, au même titre que les femmes résistantes, et je salue leur courage », se souvient-il.

Des souvenirs, Jean Hournat en a à la pelle, qui évoque même une entrevue avec Jean Moulin. De cette période de l’histoire, il insiste sur l’importance de la clandestinité. « Tout reposait sur le fait de ne pas être reconnu. Il fallait absolument rester discret et se faire oublier après un coup. Nous ne battions pas contre les Allemands de façon personnelle mais contre la guerre. Et les plus dangereux n’étaient pas les Nazis mais les Français qui collaboraient. Ils incitaient, voire obligeaient, la population à dénoncer les résistants ou toutes activités considérés comme suspectes. »

Aujourd’hui âgé de 89 ans, Jean Hournat se dit inquiet. « On se retrouve actuellement dans un contexte similaire, il y a des signes qui ne trompent pas. Et les jeunes ne sont pas prêts… »

Appel à témoin

Bien que disposant d’une attestation des anciens combattants des FFI (ci-dessous), Jean Hournat ne dispose pas de carte d’ancien combattant, car il ne s’en pas préoccupé au sortir de la guerre. Une situation qui indigne son ami Angelo Bottelli. C’est dans ce contexte que ce dernier a souhaité lancer un appel à témoin pour attester des actes de résistance de Jean Hournat. Il faut en effet deux témoins pour légitimer la demande.

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