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Campagne UMP : Xavier Bertrand donne le mode d’emploi

Campagne UMP : Xavier Bertrand donne le mode d’emploi
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Le préau de l’école Vincennes Sud, à Saint Mandé (Val de Marne), était comble hier soir. La sénatrice et conseillère municipale vincennoise Catherine Procaccia, et le député-maire de Saint-Mandé Patrick Beaudouin avaient invité Xavier Bertrand à l’occasion de leurs vœux et le ministre du travail et de la santé s’est prêté à l’exercice sans compter son temps, passant plus de deux heures avec les militants locaux pour sentir et mobiliser le terrain. Tribun jovial et volubile, glissant agilement d’un registre à l’autre, de la gravité à l'argumentation en passant par le style humoriste pour singer un François Hollande se pointant candidement en Chine pour réclamer la réévaluation du Yuan, Xavier Betrand n’était pas venu pour se la raconter mais pour former ses troupes à la campagne.

«Il parait que les discours des autres, c’est toujours terrible ! Mais même les siens c’est ennuyeux…», pose-t-il d’emblée. Après les préambules d’usage, quelques mots aimables pour chaque invitant, le ministre attaque dans le dur, exigeant un échange sans tabou avec le public. «Les questions-réponses en disent plus que les sondages!»

Dans la salle peuplée de quelques 400 personnes de tous âges, on se prête assez bien au jeu. Il y a bien sûr les enthousiastes : «Nicolas Sarkozy nous a sauvé d’une crise de 29 !», insiste une syndicaliste CTFC. Mais il y a aussi les critiques : «Je n’ai pas été très satisfait des dernières prestations télévisuelles de nos représentants ! lâche, un brin aigrelet, un retraité. Alain Juppé s’est fait remettre à sa place en matière d’arrogance au lieu d’attaquer François Hollande sur les questions internationales, lors de l’émission des Paroles et des actes, et Henri Guaino a explosé en vol devant Michel Sapin sur le plateau de Mots croisés, alors qu’il n’est pas compliqué de démontrer que la hausse de TVA n’entraînera pas de perte de pouvoir d’achat sur les produits français. L’équation est du niveau CM2 !», reprend-il en explicitant la démonstration mathématique.

Un autre militant demande directement pourquoi le gouvernement n’a toujours pas supprimé les 35 heures ? Il y a même les franchement opposants, qui ont profité de cette réunion publique pour dénoncer ce qui ne leur plaît pas. C’est le cas d’une jeune orthophoniste qui vient reprocher les projets d’évolution du statut de son diplôme et exprimer ses craintes d’un déclassement de ce dernier, accompagnée de ses amies venues filmer la réponse du ministre, ou encore du médecin qui plaide pour le vote des étrangers aux élections locales et l’augmentation du numérus clausus de certaines spécialités médicales comme les ophtalmologues, gynécologues ou orthodontistes.
Il y a aussi ceux qui souffrent de l’image que les médias renvoient du président. «Nicolas Sarkozy est la clef de voûte d’un programme structuré et responsable. Il est insupportable de le voir en permanence roulé dans la boue sur Internet comme à la télévision. Que peut-on faire pour lutter contre cela ?»

 

 

Face aux militants convaincus mais en attente de consignes, comme aux plus critiques, Xavier Bertrand a réponse à tout, sur le fond comme sur la forme. Son crédo : la pédagogie. Il explique, démontre et donne des arguments pour que les adhérents puissent à leur tour faire passer le message. «Nous n’avons pas supprimé les 35 heures mais en avons fait un plancher quand Martine Aubry en faisait un plafond, et avons libéré les heures supplémentaires. Le numérus clausus des spécialistes évoqués? Je l’augmente chaque année.» Sur la question du diplôme des orthophonistes (doit-il être qualifié en M2 comme le souhaite la profession ou en M1 ?), le ministre pose le débat sans trancher (d’accord pour discuter d’un éventuel M2 mais il faut assurer une cohérence avec les autres professions paramédicales sous peine de générer des rancoeurs en cascade). Le ministre, qui se sait filmé sur ce sujet et sans doute prochainement en ligne sur Internet, pèse tous ses mots.

Expliquer sans s’énerver, autant qu’il le faudra. «Nous ne devons pas nous énerver dans les interviews, nous sommes dans l’action alors que nos détracteurs sont dans les déclarations d’intention. A nous de démontrer que leurs projets ne sont pas clairs, de les pousser dans leurs retranchements et de les amener eux-mêmes à s’énerver. A nous de montrer que ce-sont eux les vrais conservateurs. Quant à l’entreprise de démolition systématique de Nicolas Sarkozy, seul véritable élément de rassemblement à gauche, nous devons la contrer en prenant les coups à sa place, en étant sur le terrain, le plus possible, pour expliquer, démontrer, convaincre. En multipliant les interviews dans les médias, mais aussi sur le terrain, par le bouche à oreille. Et là, c’est à vous de jouer !» Car, insiste-t-il : «La campagne ne sera pas dure, elle sera très dure

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