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Intercommunalité : Ivry, Vitry et Choisy prennent leur destin en main

Intercommunalité : Ivry, Vitry et Choisy prennent leur destin en main
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Alors que Vitry sur Seine et Choisy le Roi ont signé il y a quelques semaines le premier accord cadre de Contrat de développement territorial (CDT) du Val de Marne avec Alfortville, pour s’accorder le développement urbain futur de ce morceau de la vallée de la Seine dans la perspective des futures gares du Grand Paris Express, c’est avec Ivry sur Seine que ces deux communes sont sur le point de s’allier pour constituer une Intercommunalité.

Ce projet, acté dans le projet de schéma départemental d’intercommunalité élaboré avec le préfet, sera voté lors des prochains conseils municipaux des villes concernées les 28 et 29 mars prochains. «Il n’est pas question pour nous de renoncer à l’échelon communal et cette intercommunalité ne sera ni une nouvelle strate, ni une superstructure. Notre objectif est de valoriser la vallée de la Seine. Plusieurs quartiers sont en pleine transformation urbaine (Ivry Confluence, Les Grandes Ardoines, quartier du Lugo) et constituent un potentiel énorme. Il s’agit aussi de mutualiser certains coûts et de faire entendre notre voix auprès de l’Etat pour obtenir les moyens des politiques décidées avec les habitants», explique Daniel Davisse, maire de Choisy le Roi.

Les trois communes ont des points communs, à commencer par leur positionnement sur la rive gauche de la Seine (sauf Choisy qui est sur les deux rives), mais aussi une population en forte croissance (près de 184 000 habitants, en augmentation de plus de 3000 personnes entre la population légale 2011 et 2012) et un territoire qui a subi les effets de la désindustrialisation et connaît un taux de chômage supérieur à la moyenne.

Les trois villes, dirigées par des maires communistes, partagent aussi leur vision politique, même si elles se défendent de s’être associées sur cette base, expliquant se trouver entre deux intercommunalités déjà constituées : celle du Val de Bièvre à l’Ouest et celle de la Plaine centrale (comprenant Alfortville) à l’Est, sur la rive droite de la Seine, et déclarant rester ouvertes à des extensions futures. «Si nous avons la même couleur politique, c’est le territoire qui veut cela, il y a une grande cohérence entre nos villes et nous avons des problématiques communes, qu’il s’agisse des transports, des besoins en équipement public ou du développement urbain de la RD 5 en boulevard des Arts, insiste Pierre Gosnat, maire d’Ivry sur Seine. Nous travaillons bien sûr avec les autres cités comme Thiais et Orly dans le cadre de l’Opération d’intérêt national (OIN) et de l’EPA ORSA (projet de tramway, soutien au projet de grand stade de rugby…), mais en termes d’intercommunalité, Thiais regarde plutôt du côté du MIN de Rungis et d’Orly et Orly regarde plutôt du côté du Grand Orly. Quant à Villeneuve le Roi, la commune ne veut pas d’intercommunalité. Si nous attendons, nous prendrons du retard. Il est important de valoriser notre territoire.»

 

 

Parmi les projets communs : sont évoqués le développement de nouveaux équipements notamment en matière de formation ou de développement économique. «Il n’est pas normal que les lycées d’Ivry et Vitry ne disposent encore d’aucune classe préparatoire aux grandes écoles. Nous manquons de formation de haut niveau sur nos territoires», pointe Alain Audoubert, maire de Vitry sur Seine. Les élus insistent aussi sur le projet de création d’un futur pôle de l’eau qui accueillera des chercheurs, sur les projets communs de tramway et sur la requalification de la RD5 en boulevard urbain des arts (Mac/Val, Centre chorégraphique) reliant Paris à l’Essonne.

Un projet insuffisamment ambitieux pour EELV

Du côté d’Europe Ecologie les Verts, pourtant membres de la majorité des villes concernées, cette annonce ne passe pas. «Sur le fond, nous regrettons le manque d’ambition de ce projet tant au niveau de son périmètre que de ses objectifs, soulève Chantal Duchêne, porte-parole d’EELV 94 et conseillère municipale à Ivry sur Seine. Nous aurions souhaité associer les douze communes concernées par l’EPA ORSA afin de se réapproprier nos territoires, alors que l’Etat revient sur la décentralisation avec son OIN et maintenant les CDT liés au Grand Paris Express. Si le préfet avait joué son rôle, il aurait été dans ce sens et aurait incité à revoir les intercommunalités existantes pour constituer un ensemble plus fort, mais il est vrai que ce n’est sans doute pas dans l’intérêt de l’Etat de voir les territoires s’unir. Concernant le contenu de l’intercommunalité, il est un peu faible, qui se cantonne à vouloir ‘résister à la politique de l’Etat’. Les projets qui ont été évoqués ne dépendent même pas des communes. Le pôle eau est porté par la ville de Paris et les lycées dépendent des régions. L’intercommunalité pourrait pourtant être l’occasion de se réapproprier la gestion de l’eau et des déchets par exemple. Il y a également des équipements publics qui devraient être mutualisés comme le projet de centre dramatique national d’Ivry ou de nouvelle piscine. Enfin, sur la forme, nous regrettons qu’il n’y ait pas eu de concertation avec les habitants, personnels et élus. A Ivry, on nous a promis un groupe de travail en juin, qui ne s’est jamais réuni !»

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