Transports | Val-de-Marne | 25/05/2012
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Le Grand Paris Express sera-t-il remis en question ?

Le Grand Paris Express sera-t-il remis en question ?

Accouché dans la douleur mais dans la concertation, au terme d’intenses mois de débat entre deux projets concurrents (Etat et région), le Grand Paris Express, projet de métro périphérique autour de Paris sera-t-il remis en question suite à l’élection de François Hollande ? Quelques élus s’en inquiètent alors que le dossier du Grand Paris a été confié à Cécile Duflot, ministre de l’égalité des territoires.

La secrétaire nationale des Verts, par ailleurs conseillère municipale de Villeneuve Saint Georges et élue à la région, n’a en effet jamais caché ses réticences face au projet de Grand Paris Express, inquiète notamment de sa gouvernance, entièrement sous la tutelle de la Société du Grand Paris (détenue par l’Etat). (Voir à ce sujet une interview donnée au site Paris est sa banlieue).

Sans indiquer remettre le projet en question, la ministre, interrogée sur cette question à l’occasion d’une réunion de campagne jeudi 24 mai, n’y a pas non plus affirmé son soutien massif, évoquant plutôt une «concertation approfondie» avec tous ses protagonistes, pour évaluer avec eux «quel est son avenir, l’évaluation qui est en faîte et quelle est la nouvelle donne suite à l’élection de François Hollande».

De quoi susciter des réactions du côté des élus locaux de tous bords. Ainsi Christian Favier, président du Conseil général du Val de Marne et de l’association Orbival (association d’élus du département ayant travaillé à un projet de métro pour relier les villes du 94, dont le tracé a été intégralement repris par le Projet du Grand Paris Express), a-t-il publié un communiqué dès ce matin, pour défendre le projet de supermétro et témoigner de son inquiétude de voir confier ce dossier à une personne qui ne l’a pas soutenu au sein de la région.

«Toute remise en cause de ce projet qui a fait l’objet d’un accord unanime entre l’Etat, la région Ile-de-France et les huit départements franciliens, serait incompréhensible pour nos concitoyens et funeste pour nos territoires. Je m’y opposerai donc avec force.» Et de rappeler que, dans le Val de Marne, trois lignes de métro et dix-sept nouvelles gares devraient voir le jour à partir de 2018 dans le cadre du Grand Paris Express.

«Grand Paris Express et le plan de mobilisation des transports (ndlr : destiné à améliorer le fonctionnement de certaines lignes de RER et métro existantes) sont donc deux projets complémentaires et doivent avancer de concert. C’est essentiel pour l’avenir de la région capitale et pour celui de ses habitants. (…) Il faut maintenant que chacun des partenaires tienne les engagements financiers qu’il a pris. Il ne peut donc être question de revenir d’un centimètre en arrière. D’autant que le travail technique engagé par la SGP et le STIF en lien permanent avec les collectivités locales avance vite et permet d’envisager sérieusement un démarrage des travaux dès 2014 en Val-de-Marne.»

Une inquiétude partagée par Jacques JP Martin, maire UMP de Nogent sur Marne, vice-président de Paris Métropole et secrétaire de l’association Orbival. «Les 200 collectivités membres de Paris Métropole, au sein duquel siègent la région Ile-de-France et les départements, ont réussi à trouver des accords sur les transports, les contrats de développement territorial, le logement et la péréquation financière, le minimum serait de préserver ces acquis.» Et d’insister sur la concertation du projet en amont. «Nous avons démontré dans le Val-de-Marne, dans le cadre d’Orbival, notre capacité à travailler dans le respect mutuel entre élus de toute sensibilité politique. Cet engagement, nous y tenons tous. Il serait particulièrement dommageable pour les habitants de cette région et de la métropole parisienne que la dynamique créée soit mise en cause par des évolutions qui ne seraient pas préalablement débattues avec les collectivités. Il est donc naturel que nous attendons du nouveau gouvernement écoute, dialogue et partenariat pour faire du projet du Grand Paris une réussite au service de l’ensemble des habitants de notre métropole.»

Au sein du Parti socialiste, plusieurs élus se sont en revanche félicités de la prise en charge du Grand Paris par Cécile Duflot. Ainsi Luc Carvounas, sénateur-maire PS d’Alfortville a-t-il salué dans un communiqué “les récents engagements pris par Cécile Duflot en faveur d’une avancée rapide sur le Grand Paris et du lancement d’une concertation avec l’ensemble des acteurs concernés.” Le même a néanmoins rappelé que “la vigilance des élus territoriaux sera aussi importante que leurs attentes“.

Du côté de la Société du Grand Paris (SGP), difficile de communiquer sur le sujet alors que la nouvelle ministre de tutelle vient tout juste de prendre ses fonctions. Pour l’instant, une seule réponse est de mise «Nous continuons à travailler.» Pour l’heure, une dizaine d’accords cadre ont déjà été signés entre Etat et collectivités en vue de mettre en place les contrats de développement territorial (CDT) qui doivent acter le développement du logement autour des futures gares. Il y a deux semaines, le groupement Jacques Ferrier Architectures avait aussi remporté la consultation pour conseiller la SGP dans la définition des archétypes d’une nouvelle génération de gares de métro, en inventant une image propre aux gares du Grand Paris.

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