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Société | Accueil Val de Marne (94) Nogent-Sur-Marne | 11/05/2012
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Marie-Anne Montchamp se livre

Marie-Anne Montchamp se livre
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Alors qu’elle s’apprête à conquérir la nouvelle circonscription des Français du Bénélux aux législatives de juin, après avoir été ces dix-huit dernier mois secrétaire d’Etat aux solidarités, Marie-Anne Montchamp sort aujourd’hui un livre écrit avec le journaliste Noël Bouttier « A la gauche de la droite » et publié par les éditions Desclée de Brouwer. Agée de 55 ans, l’ancienne députée de la 7ème circonscription du Val de Marne* y revient sur son parcours politique, justifie ses changements d’alliance et solde ses comptes avec quelques personnalités nationales et locales. Dominique de Villepin est à ce titre le mieux servi. Le livre s’arrête à sa seconde entrée au gouvernement, fin 2010, et n’évoque pas la campagne présidentielle de 2012. L’ancienne secrétaire d’Etat au handicap y développe également en détail la loi qu’elle a faite voter en 2005 et sa vision sur cette question de société.

Marie-Anne Montchamp évoque d’abord ses racines corréziennes (elle a grandi à Tulle) et le passé résistant de sa famille. Son entrée en politique démarre à Nogent sur Marne, au contact du député-maire Roland Nungesser. «C’était une figure du gaullisme qui avait fréquenté le Général (…) Cela était assez en accord avec mon histoire familiale (…) Rapidement, il m’a proposé d’adhérer au RPR et m’a propulsée secrétaire de la section à Nogent.» A l’époque, elle est à la tête de sa propre société de conseil, Consultraining, après avoir été directrice des ressources humaines d’OCRP (distribution pharmaceutique).

Campagne des municipales de 1995

Sa première campagne est celle des municipales de 1995, lors de laquelle Roland Nungesser (RPR) perdra contre Estelle Debaecker (Divers droite) après 36 ans de mandat. «Cette opposante a choisi de tourner en dérision le maire sortant en raison de son âge, sans faire la preuve d’une vraie crédibilité. Elle avait un toupet monstre : elle avait même cherché à me débaucher…» En 2008 toutefois, c’est bien avec Estelle Debaecker que Marie-Anne Montchamp fera alliance au second tour des élections municipales.

Campagne des législatives de 1997

Deux ans plus tard, Marie-Anne Montchamp choisit de soutenir Jacques JP Martin, l’actuel maire UMP de Nogent sur Marne, aux législatives. Ce dernier se présente alors comme dissident RPR contre Pierre Aubry (élu), obtenant au premier tour 14% tandis qu’Estelle Debaecker fait 9% et Pierre Aubry 20%. Devenue l’une de ses principales opposantes par la suite, Marie-Anne Montchamp apprécie alors Jacques JP Martin qu’elle évoque comme «un garçon courageux, travailleur, rompu aux combats souterrains»

 

 

Campagne des municipales de 2001

Selon son témoignage, c’est elle qui le pousse ensuite à se présenter en 2001 alors qu’il «hésite un peu». Ce dernier lui propose alors la seconde place, car, selon Marie-Anne Montchamp, il est affaibli par des «rumeurs circulant sur son compte» ainsi que par le soutien des appareils politiques locaux à la maire sortante. «Les responsables départementaux du RPR (…) me font comprendre qu’ils souhaiteraient que je prenne la tête de liste. Est-ce une manière de tester mon amitié à l’égard de Martin ? » Elle restera en tout cas numéro deux. L’ancienne secrétaire d’Etat ne manque pas de rappeler que c’est néanmoins grâce à elle que Jacques JP Martin obtient l’investiture RPR au second tour, après qu’elle ait passé un coup de fil à Gilles Carrez, député-maire du Perreux sur Marne. Nommée première adjointe. Elle se voit alors dans une image de rassembleuse. «J’étais sans doute celle qui faisait le lien entre les diverses personnalités dont l’occupation favorite était de se surveiller et de se jalouser. J’essayais de rassembler tout ce petit monde.»

Campagne des législatives de 2002

En 2002, le nouveau maire de Nogent souhaite se présenter à la députation contre le député sortant « qui a dépassé les 70 ans » mais l’UMP choisit de réserver la circonscription à une femme. «la circonscription fera l’objet d’un parachutage d’une femme si aucune candidate n’est trouvée localement, Je suis donc la seule voie de recours (…) » Elue au printemps 2002, elle rejoint la commission des finances auprès de Gilles Carrez.

2004 : démission du Conseil municipal et entrée au gouvernement

A Nogent sur Marne, la relation avec le maire se détériore, elle lui reproche «d’exiger une docilité de la part de ses adjoints, incompatible avec sa vision politique. (…) Certains considéraient leur indemnité d’adjoint comme un complément de revenu qui les liait», regrette-t-elle. Suite à désaccord sur le budget 2004, qui verra « une augmentation des impôts de 45% », elle présente sa démission. «Ce qui est assez cocasse, c’est que le lendemain je suis nommée secrétaire d’Etat dans le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin.» Elle fera voter une loi sur le handicap en 2005.

2005 : sortie du gouvernement et retour à l’Assemblée nationale

Suite au référendum sur la constitution européenne de 2005, qui a vu le non remporter près de 55% des suffrages. Jacques Chirac nomme un nouveau premier ministre, Dominique de Villepin, dont le gouvernement ne reconduit pas Marie-Anne Montchamp. Cette dernière réussit toutefois à conserver un pied à l’Elysée pour suivre le dossier du handicap. « J’avais réussi à arrêter la machine Villepin», se souvient-elle. Elle récupère également son mandat de députée à l’occasion de législatives partielles de 2005 lors desquelles, témoigne-t-elle : «la plus grande difficulté a été de convaincre l’UMP de me réinvestir».

Rien sur Michèle Alliot-Marie

Un épisode du parcours politique de Marie-Anne Montchamp manque à ce livre d’entretiens, celui de son soutien actif à Michèle-Alliot Marie lors de la primaire UMP de 2007. La MAM nogentaise a pourtant été proche de l’ancienne ministre de la Défense, qui a fait partie de son think-tank le Chêne et contribué à la préparation de son programme en vue de la primaire de 2007. Seule une phrase mentionne son soutien à la députée des Pyrénées atlantiques, mais ce choix y semble alors simplement motivé par une défaillance de Dominique de Villepin qui n’y a pas été.

Campagne des municipales de 2008

La campagne des municipales de 2008 à Nogent sur Marne, lors de laquelle Marie-Anne Montchamp s’est présentée en dissidence contre le maire sortant avec qui elle avait fait campagne en 2001, est évoquée dès les premières pages du livre comme une illustration de sa capacité à désobéir. Une expérience qu’elle qualifie de «transgression ultime». «Cette désobéissance m’a valu trois années de suspension de mon parti mais je ne regrette rien. Dans ma courte carrière politique, je me suis payée un luxe rare, celui de dire ma vérité. Ma position très libre a créé un bazar sans nom dans mon camp politique. J’ai été, en quelque sorte, une terroriste loyale» Un peu plus loin, la secrétaire d’Etat se désigne également comme une «kamikaze politique».

République solidaire avec Dominique de Villepin

S’il est un personnage qui collectionne les compliments peu flatteurs de la part de l’ancienne secrétaire d’Etat, c’est bien Dominique de Villepin. En 2010, lors de la création du mouvement République Solidaire par ce dernier, Marie-Anne Montchamp est pourtant de la partie, qui en devient porte-parole et cherche même à créer un groupe parlementaire autour de son fondateur au sein de l’Assemblée nationale. «Tu es victime du syndrome de Stockholm», lui aurait dit son mari lorsqu’elle s’est rapprochée de l’ex-premier ministre de Jacques Chirac alors que celui-ci l’avait sortie de son gouvernement. Une chose est sûre, elle semble désormais parfaitement guérie ! De lui, MAM donne une image de gentil illuminé : «Il s’asseyait à un bout de table, écoutait, et, sur des questions plus passionnelles, se levait brusquement mû par la puissance de son propos» et surtout de quelqu’un qui ne sait pas s’engager : «Villepin savait cultiver l’art de l’évitement», est «totalement imprévisible» et avec lui «c’est l’injonction paradoxale permanente.» Marie-Anne Montchamp justifie pourtant son engagement à ses côtés : «J’ai cru naïvement qu’il pouvait travailler sur ses propres limites.» Finalement, elle jette l’éponge ayant fait «le constat sans appel que l’élan n’aurait pas lieu» et après avoir été nommée au gouvernement comme secrétaire d’Etat aux solidarités en novembre 2010.

Le ralliement à Nicolas Sarkozy

Pourquoi ce ralliement alors qu’elle n’avait guère soutenu le président de la République auparavant, critiquant régulièrement ses choix politiques ? Marie-Anne Montchamp s’explique. «Alors que la crise économique produisait ses effets les plus puissants dans notre pays, j’ai compris qu’il était possible de faire chemin politique commun avec Nicolas Sarkozy.» Il fallait sortir de cet «antagonisme stérile entre les deux hommes».

Campagne de la présidentielle 2012

La campagne de 2012 n’est pas évoquée dans le livre, en dehors de quelques petits coups de patte à la gauche «prisonnière de sa doctrine» et victime d’une vision inspirée de la lutte des classes,  «muséologique» ainsi qu’au nouveau président, François Hollande, dont elle fustige la proposition d’imposer à 75 % les revenus dépassant le million d’euros annuel.

L’ouvrage s’achève par la vision de Marie-Anne Montchamp du traitement politique du handicap, pris dans toutes ses composantes. L’ancienne secrétaire d’Etat y développe les expériences qu’elle a mené sur le terrain, y défend sa loi sur le handicap de 2005 et veut faire de cette démarche un laboratoire de la politique sociale.

Michel Gilles et Christine Tasse, les soutiens fidèles

Il ne fait pas toujours bon se faire tirer le portrait par Marie-Anne Montchamp. Deux collaborateurs trouvent néanmoins grâce dans l’ouvrage : Christine Tasse, d’abord consultante dans la société de Marie-Anne Montchamp puis maire adjointe à ses côtés en charge des affaires scolaires à la ville de Nogent sur Marne de 2001 à 2004 et désormais sa chef de cabinet et son assistante parlementaire. Michel Gilles, qui a rejoint son cabinet en 2004  puis 2010 (qu’il quitte en 2011 en raison de sa candidature aux élections cantonales), est lui aussi reconnu comme haut fonctionnaire expérimenté s’étant occupé « avec un grand talent des questions budgétaires ». Elle rappelle que c’est lui qui lui a proposé sa candidature en glissant son CV dans sa boite aux lettres.

*Marie-Anne Montchamp a été députée de la 7ème circonscription jusqu’à sa nomination au gouvernement fin 2010, date à laquelle elle a cédé la place à son suppléant Olivier Dosne, maire de Joinville le Pont. Cette 7ème circonscription va disparaître lors des prochaines élections législatives, suite au redécoupage de la carte électorale. Le Val de Marne ne compte ainsi plus que 11 circonscriptions au lieu de 12 et Nogent est désormais rattachée à la 5e, dont l’actuel député est Gilles Carrez, également maire du Perreux sur Marne. La 5e circonscription comprend les communes de Nogent, du Perreux, de Bry et d’une partie de Champigny.

(En vente en librairie au prix de 18 euros.)

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