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Recherche d’hydrocarbures controversée dans le Val de Marne

Recherche d’hydrocarbures controversée dans le Val de Marne
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Le projet de recherche d’hydrocarbures dans les sous-sols de Seine et Marne et de quelques communes du Val de Marne (essentiellement le plateau briard), suscite la controverse entre les différents élus politiques locaux. Alors que les Etats Unis et le Canada ont montré l’exemple en matière d’exploitation du gaz de schiste (gaz naturel extrait des terrains schisteux), différents pays européens s’interrogent sur cette possibilité et sont actuellement en phase exploratoire. 

La France n’est pas en reste qui dispose de sites possiblement riches, dans le Sud et dans le bassin parisien. L’exploitation du gaz de schiste, fait néanmoins controverse car elle recourt à des procédés de forage horizontal par fracturation hydraulique consistant en une injection à forte pression d’eau et d’additifs polluants. Cette technique est donc interdite en France depuis juillet 2011. Ceci n’empêche en revanche pas l’exploration des sites potentiels de gaz de schiste, dans la perspective de recourir à d’autres procédés d’extraction. Au-delà du seul gaz de schiste, ces territoires recèlent de longue date des réserves d’hydrocarbures et ont déjà fait l’objet d’exploitation par le passé.

Actuellement, une douzaine de permis de recherche d’hydrocarbures sont en cours d’instruction en Ile de France, au terme d’une enquête publique qui s’est achevée il y a quelques jours. Ces recherches concernent essentiellement la Seine et Marne et quelques départements limitrophes. Dans le Val de Marne, le permis de Chevry concerne plusieurs villes du département comme Santeny, Villecresnes, Marolles en Brie ou encore Mandres les Roses.

Soirée de mobilisation contre le projet

Inquiet à cette perspective, le maire de Limeil Brévannes, Joseph Rossignol et Joël Rosso, conseiller d’opposition à Villeneuve le Roi, avaient organisé mercredi 21 mars une réunion d’information sur les gaz de schiste. Une soirée qui a attiré une cinquantaine de personens et a démarré par la projection de Gazland, un documentaire de Josh Fox, dressant un constat alarmant des conséquences de l’exploitation des gaz et des huiles de schiste. Effet réussi. Au terme des 45 minutes de film, l’assemblée est sous le choc. « Cela paraît surréaliste, n’est-ce pas?« interroge Joseph Rossignol. « Ce qui l’est encore plus, c’est la façon dont tout ceci est fait. Le gouvernement a lancé une enquête publique afin de délivrer de nouveaux permis de recherches sans consulter les élus locaux ou informer les citoyens! » dénonce Joël Josso.

Candidat Front de gauche dans la troisième circonscription, face à l’UMP Didier Gonzalès (député-maire de Villeneuve le Roi) aux prochaines législatives, Joseph Rossignol s’engage à mieux informer les citoyens en cas d’élection. «Sous la pression des militants, une loi interdisant la fracturation hydraulique a été voté en juillet 2011. Mais dans la pratique, elle n’est pas appliquée puisqu’on ne connait pas d’autres techniques et que les recherches continuent sur les sites concernés ».

Joël Josso précise : « Nous voulons que les sociétés qui cherchent du gaz de schiste s’expliquent sur les 500 produits chimiques nécessaires à de telles recherches ». Solution proposée pour éviter cela : l’écologie. « On en est sûr maintenant, bientôt il n’y aura plus de pétrole. La transition énergétique est inévitable, et il est important d’y travailler dès maintenant ».

Position de Daniel Guérin

Dans un communiqué, le conseiller régional et général MRC de Villeneuve le Roi et d’Ablon sur Seine, Daniel Guérin a pour sa part déclaré son soutien aux initiatives qui visent à donner toutes les informations et à alerter les citoyens. « Je me réjouis que le conseil général ait pris la décision d’organiser (…) une audition des différents acteurs de ce dossier, notamment de représentants de la direction générale de l’énergie et du climat, de la direction régionale de l’environnement et du bureau des services de l’Etat chargé de l’exploration et de la production des hydrocarbures et souhaite que ces auditions soient élargies aux acteurs de la défense de l’environnement, particulièrement impliqués sur ces questions majeures », a-t-il précisé, ajoutant qu’il déposerait un vœu exigeant la plus totale transparence sur ces projets de permis de recherche d’hydrocarbure et leur portée réelle lors de la prochaine séance du Conseil général, le 2 avril.

Position de Didier Gonzalès

De son côté, Didier Gonzales dénonce l’exploitation politique de ce dossier par ses adversaires. «De quoi veut alerter le candidat du Front de Gauche aux élections de juin ? Tout est clair et parfaitement disponible sur Internet », s’interroge-t-il dans un communiqué. «Et il s’agit uniquement d’une demande de permis de recherche pour 5 années et non pas d’une opération d’exploitation pétrolière ou gazeuse. Pourquoi alors déclencher une alerte au gaz de schiste alors que la loi adoptée par les parlementaires de la majorité le 13 juillet 2011 instaure l’interdiction de l’exploration et de l’exploitation de ces gaz de schiste par des forages suivis de fracturation hydraulique de la roche ? Une loi que le Front de Gauche n’a d’ailleurs pas votée ! », développe le député.

Position de la société POROS

La société Poros (filiale de Georex) qui a demandé le permis d’explorer, se défend pour sa part de rechercher du gaz de schiste, indiquant qu’il s’agit simplement de rechercher des hydrocarbures. Dans un courrier envoyé en septembre aux ministères concernés, elle précise que sa demande vise l’exploration d’hydrocarbures gazeux ou liquides dans les réservoirs carbonatées du Doggert et les réservoirs gréseux du Trias et que ces réservoir, déjà exploités depuis plusieurs années, n’ont jamais recouru à la technique de la facturation hydraulique.

Voir l’ensemble des documents relatifs au permis de Chevry.

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