Roms | Villejuif | 17/04/2012
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Roms en Val de Marne: d’une expulsion à l’autre

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L'actuelle mobilisation autour des menaces d'expulsions de Roms de Villejuif n'est ni la première, ni la dernière. L'histoire se répète inlassablement. Des familles de Roms issues généralement d'un même village, s'installent dans un campement de fortune, s'organisent progressivement, aidées par des associations. Les enfants sont envoyés à l'école, les communes mettent des moyens à disposition (poubelles, eau...), la cohabitation avec les riverains s'institue tant bien que mal, jamais vraiment facile ni pour les uns ni pour les autres, et puis les arrêtés d'expulsion tombent.

Certaines familles sont invitées à quitter le territoire français, repartent en Roumanie et reviennent généralement quelques semaines plus tard, la tribu familiale se reconstitue ou se sépare en groupes plus petits pour squatter un nouveau terrain, ailleurs dans le Val de Marne, dans l’Essonne  ou en Seine Saint Denis, jusqu’à une nouvelle expulsion. « Ce-sont les mêmes familles que l’on retrouve d’une fois sur l’autre, chassées de terrain en terrain. Malheureusement, entre temps, les enfants ont été dé-scolarisés. Comment réussir l’intégration dans ces conditions?« déplore Danielle Bouhana, de l’association Romeurope et du MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples).

Le cas de Villejuif

A Villejuif, environ 100 à 150 Roms se répartissent sur plusieurs terrains, essentiellement dans le quartier des Hautes Bruyères et des arrêtés d’expulsion ont été pris la semaine dernière. « Le préfet a autorisé les expulsions de familles réparties sur 3 squats sur la commune, ce qui représente presque 50 personnes. Mais ces familles sont ici depuis longtemps maintenant, et une quinzaine d’enfants sont scolarisés en primaire dans les écoles de Villejuif » précise Monique Stanciu, 7ème adjointe au maire de Villejuif.

Depuis, la mobilisation s’organise, portée par les associations et des élus de Villejuif. La maire de Villejuif, Claudine Cordillot, a écrit au préfet pour manifester son indignation. Et jeudi 12 avril, s’est tenue une réunion organisée par des élus, en présence de citoyens, d’associatifs et de Roms. Lors de cette réunion, les problèmes de fond sont posés par les associatifs sur le terrain tandis qu’une directrice d’école plaide l’urgence d’agir. « Comment faire pour que mon élève soit bien en classe à la rentrée des vacances de printemps? Je ne peux concevoir qu’elle n’y soit plus! » Entre élus, militants de Front de Gauche, et associations, quelques tensions sont palpables. Si tout le monde va globalement dans le même sens, les associatifs se sentent pour certains récupérés politiquement, un peu agacés.

 

 

Malgré tout, l’action commune se dessine. Un premier rendez-vous est pris pour aller en sous-préfecture de L’Hay-Les-Roses le vendredi, mais les manifestants font chou blanc. Qu’à cela ne tienne, les voilà repartis ce lundi 16 avril au matin. Cette fois, une délégation, constituée d’élus de Villejuif, de membres du MRAP, de Romeurope et d’une famille de Roms, est reçue par Catherine Peron, chef de bureau. Les réclamations sont posées : pas d’expulsion sans recherche de solution, pas d’expulsion avant la fin de l’année scolaire pour permettre aux enfants, dont certains sont scolarisés depuis 2 ans à Villejuif, de ne pas avoir de rupture de scolarité, et la tenue d’une table ronde. Il ne reste plus qu’à attendre la réponse du sous-préfet, que le collectif espère rapide « car la situation de ces familles est urgente : à tout moment, la police peut arriver pour leur demander de faire leurs valises » pointe Monique Stanciu. En attendant, une pétition circule, qui a déjà récolté environ 180 signatures.

Au-delà de l’urgence de la situation, le problème de l’intégration des populations Roms dans le département reste entier, qui se pose dans toutes les villes concernées, de Sucy à Ivry. Si les associatifs réclament le soutien des villes, leur reprochant parfois un manque de réactivité, ces dernières demandent à leur tour une implication plus forte de l’Etat pour traiter de cette question. « Les municipalités doivent créer elles-mêmes des places dans les écoles, améliorer les conditions sanitaires des lieux de vie des Roms, etc. L’impact sur le budget et la vie d’une commune est énorme, et ces responsabilités doivent être partagées par l’Etat et les collectivités » conclut Monique Stanciu.

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