Roms | | 17/08/2012
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Roms : un village passerelle pour s’intégrer

Roms : un village passerelle pour s’intégrer

Alors que le sujet des Roms s’invite dans l’actualité de cette fin d’été suite à la décision de Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, d’évacuer les “campements illicites”, la question du mode d’emploi reste entière. Comment mettre fin à des installations insalubres sans se contenter de rejeter un peu plus loin leurs habitants ? Et avec quels moyens financiers ?  Sur le terrain, des expériences sont en cours. C’est le cas du village de Roms d’Orly.

Situé à proximité de la gare des Saules, ce village de maisons en bois a vu le jour fin 2011, avec le soutien financier de l’Union européenne, le Conseil général du Val de Marne et la ville d’Orly. La construction du village a coûté 1,3 million d’euros et les frais de fonctionnement s’élèvent à 450 000 euros par an. Il accueille 17 familles de Roms (soit 74 personnes) en provenance majoritaire de Craiova (une ville au sud ouest de la Roumanie) avant le périple européen qui les menés jusqu’aux bidonvilles de Villeneuve le Roi et Orly. Le site est géré au quotidien par une équipe de l’association SOS Habitat et Soins. “Nous avons voulu privilégier un espace ouvert contrairement aux villages d’insertions qui sont cloisonnés et où les visites extérieures sont très limitées”, explique Marc Nectar, chef du projet au sein du Conseil général.

De l’urgence au traitement de fond

Ces familles sont très fragilisées et mal perçues. Les Roms sont victimes de discriminations dans leur pays comme ici. Nous refusons cette fatalité et notre objectif est de les intégrer. Nous avons tout d’abord répondu à leurs besoins fondamentaux: hébergement, soins médicaux et scolarisation. Nous entrons dans la seconde phase de notre projet : l’insertion professionnelle et l’intégration, détaille Laurence Potte-Bonneville, déléguée générale de SOS Habitat et Soins. Nous avons fait faire les vaccins nécessaires pour que les enfants puissent être scolarisés. Maintenant, nous nous occupons des adultes.

Laurence Potte-Bonneville, déléguée générale de l'association SOS habitat et soins

L’équipe compte une personne roumanophone, mais dans un souci d’intégration, les autres membres ne parlent que Français. Depuis juillet, des cours de Français sont aussi dispensés aux adultes. “Ils ont un niveau de troisième. Or, s’ils veulent travailler à la SNCF par exemple, ils doivent mieux maîtriser la langue. Nous cherchons des entreprises susceptibles de leur fournir une formation dans les branches professionnelles qui offrent du travail“, explique Erick Davoux, éducateur et membre de l’association.

Intégration matérielle

Les emplois potentiels concernent essentiellement le bâtiment, la restauration ou encore les métiers de la petite enfance. Une des habitantes du village va d’ailleurs suivre une formation pour travailler dans une crèche. La plupart des hommes travaillent dans la ferraille, et des box individuels ont été construits sur le site pour leur permettre de stocker leur matériel. Certaines entreprises locales font appel à leurs services lorsqu’il y a de la récupération à faire.

Memo pour les cours de français

Chacune des familles a signé un contrat et un règlement extérieur qui stipule notamment que les enfants n’ont pas le droit d’aller faire la manche avec leur mère. On ne peut pas empêcher les adultes de faire la mendicité, on ne peut juger de leur situation précaire, mais les enfants doivent aller à l’école”, reprend Laurence Potte-Bonneville. Une autre clause du contrat indique que si un des habitants du village trouve du travail, il devra verser une partie de son salaire pour participer au financement de son hébergement.

Intégration citoyenne

“Nous leur donnons également des notions de citoyenneté, cela passe par l’apprentissage du Français, mais aussi par la communication entre voisins. Nous leur apprenons le respect du site et des environs dans lesquels ils vivent.” Il y a malgré cela parfois des problèmes avec le voisinage, et certains ont porté plainte pour nuisances sonores. Il y a aussi des jalousies car les voisins en question rencontrent aussi des difficultés. “Moi je n’ai même pas le droit au RSA et ces gens-là, eux, sont assistés“, s’épanche ainsi une voisine du village.

Concrètement, l’intégration à la société française est plus ou moins facile. Certaines différences culturelles se ressentent. “Par exemple, certains couples sont très modernes mais d’autres sont plus traditionnels et acceptent mal que la femme ait des responsabilités”, témoigne Laurence Potte-Bonneville.

 

 

Ce village test n’a pas vocation à s’enraciner mais doit servir de passerelle d’intégration. L’objectif est de permettre à ses habitants de trouver un logement et emploi pour pouvoir en partir, ce d’ici environ deux ans.

 

 

 

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