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Saint-Maur relance le débat sur la délocalisation d’Orly

Saint-Maur relance le débat sur la délocalisation d’Orly
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Alors qu’est en cours la réflexion sur le contrat de développement territorial du pôle d’Orly, passé entre l’Etat et les villes pour accompagner le développement urbain (notamment en termes de logements) autour des futures gares du Grand Paris Express, le devenir d’Orly constitue sans doute le premier enjeu sur lequel il est nécessaire de statuer. L’aéroport d’Orly doit-il continuer à se développer, stabiliser son activité ou carrément être transféré vers un site moins urbain ?

En juin dernier, le député-maire UMP de Villeneuve le Roi, Didier Gonzalès, avait lancé le débat en déposant à l’Assemblée nationale une proposition de loi relative à la desserte aérienne du Grand Paris, suggérant le déménagement de l’aéroport d’Orly, proposition cosignée par 60 députés dont quatre du Val de Marne (Didier Gonzales, Jacques Alain Bénisti, député-maire de Villiers sur Marne, Olivier Dosne, député-maire de Joinville le Pont et Henri Plagnol, député-maire de Saint-Maur).

Cette proposition avait suscité une réaction unanimement négative au sein de la gauche, aussi bien côté Val de Marne que côté Essonne, et suscité la controverse au sein même de l’UMP. Cette semaine, c’est la ville de Saint Maur des Fossés, dirigée par l’un des députés signataires de la proposition de Didier Gonzalès, qui a relancé le débat en votant un vœu pour soit étudié le possible transfert de l’aéroport vers une zone non urbaine.

Pour Didier Gonzalès, la question ne doit pas être tabou : «Beaucoup de métropoles ont déjà procédé à la relocalisation de leur aéroport, c’est le cas par exemple de Berlin, Munich, Oslo, et il n’est aucunement incongru de poser le débat. D’autant que nous réfléchissons au métro du Grand Paris, au port du Grand Paris… pourquoi ne faudrait-il pas aborder les aéroports du Grand Paris?» pose le député.

 

 

Principaux arguments du débat

Sur le fond, les principales raison avancées en faveur d’une délocalisation de l’aéroport d’Orly concernent d’une part la pollution sonore et environnementale qui en résulte. «Un Boeing 747 au décollage pollue autant qu’une Clio sur 160 000 km et la zone aéroportuaire concentre de la pollution aux particules fines», insiste Didier Gonzalès. Un autre argument est d’ordre économique : «La proximité de l’aéroport d’Orly n’empêche pas les 15% de chômage dans certaines villes limitrophes ! Car l’aéroport d’Orly n’est plus la perme économique que cela a été. Air France a transféré toutes ses activités vers Roissy et le fret, gros pourvoyeur de développement économique, se fait aussi quasiment exclusivement à Roissy. Il n’y a plus à Orly que les compagnies low cost et les charters. Et alors que Roissy génère 94 000 emplois, Orly plafonne à 27 000. L’aéroport d’Orly s’étend sur 1529 hectares mais les contraintes urbaines qui en découlent concernent 8000 hectares, l’équivalent de deux fois la ville de Lyon. Cette zone paupérisée située à seulement dix minutes de Paris pourrait être complètement redynamisée», reprend le député-maire de Villeneuve le Roi.

Du côté des défenseurs de l’aéroport, le rôle de porte d’accès au sud francilien et sa contribution au développement économique du territoire est au contraire valorisé. Et concernant les nuisances aéroportuaires, les collectivités locales voisines ont travaillé ensemble pour trouver un modus vivendi, qui a débouché sur une charte de développement durable du Pôle d’Orly signée en janvier 2011, y compris par Didier Gonzalès.

Sur le long terme, l’enjeu est aussi de pouvoir absorber la croissance prévue du trafic aérien au niveau de la métropole et de concilier le devenir de l’aéroport avec les perspectives de développement de l’ensemble du territoire, question centrale à régler avant de s’accorder sur un contrat de développement territorial…

Une Commission stratégique sur l’avenir d’Orly a été lancée en octobre, sous la tutelle des ministères de la ville et du Grand Paris, des transports et de l’écologie, mais elle n’a pas encore rendu ses conclusions. Le syndicat Paris Métropole planche également sur la question dans le cadre de son groupe de travail plateformes aéroportuaires.

 

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