Élections | Accueil Val de Marne (94) Villeneuve-le-Roi | 24/04/2012
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Villeneuve-le-Roi entre deux fronts

Villeneuve-le-Roi entre deux fronts

Dans le Val de Marne, Villeneuve le Roi est l’une des villes dont les scores ont le plus varié entre 2007 et 2012. L’UMP, pourtant à la tête de la ville, dévisse par rapport au PS. Surtout, le vote s’est fortement radicalisé. Au total, les deux principaux partis et le centre ne totalisent que 60,13% des voix contre 73,2% en 2007.

Alors qu’il n’y avait en 2007 qu’un cheveu (0,76%) entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, l’écart passe à 11,55% en 2012. François Hollande gagne 3,90 points tandis que Nicolas Sarkozy en perd 6,89. François Bayrou chute également significativement, passant de 16,50% à 6,42 %.

A l’extrême droite, Marine Le Pen remporte 18,85% des suffrages contre 11,48% en 2007 pour son père. A noter toutefois qu’en 2002, c’est 22,74% des voix qu’avaient obtenus ensemble Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret à Villeneuve le Roi.

De son côté, le Front de gauche a raflé la mise de la gauche radicale avec 16,23% des voix contre 4,04% pour Marie-Georges Buffet en 2007. Les voix de l’extrême-gauche se sont essentiellement reportées sur sa candidature. En 2007 en effet, Arlette Laguiller (LO), Olivier Besancenot (LCR) et Gérard Schivardi (PT) avaient rassemblé 6,13% des voix tandis que Nathalie Arthaud (LO) et Philippe Poutou (NPA) n’en totalisent que 1,31%.

Pourquoi cette montée de la radicalisation ?

Pour Didier Gonzalès, député-maire UMP de Villeneuve Le Roi, ce vote résulte de la profonde crise qui n’épargne pas le pays. « Les votes pour le Front de Gauche comme pour le Front National sont des votes de souffrance. Je ne partage pas ce choix mais reconnais le diagnostic. »

Pour Daniel Guérin, conseiller général MRC de Villeneuve-le-Roi et d’Ablon-sur-Seine et conseiller régional d’Ile-de-France, il faut en revanche distinguer les deux votes. « Villeneuve le Roi a été communiste de 1965 à 2001 et l’ancrage du parti y reste puissant et populaire. Il s’agit aussi de faire passer un message au PS pour qu’il en tienne compte dans sa politique en cas d’élection. Le vote Front National  se situe à la fois dans les quartiers pavillonnaires traditionnellement marqués à droite et inquiets de la délinquance, et dans les cités populaires, comme le quartier Paul Bert, où le malaise social est tel que certains habitants ne se reconnaissent dans aucun candidat. »

Les habitants, eux, parlent sans tabou de leur vote FN. « Honnêtement, je comprends la percée du Front National« , approuve Gérard, la quarantaine, qui explique ce vote par « l’insécurité grandissante« .  Maurice dénonce de son côté « l’islam qui a pris une place trop importante dans la société française et ne correspond pas aux valeurs de la république. » Un avis que ne partage pas Morgane, étudiante en BTS, qui se dit « choquée » de voir le FN réaliser un tel score. « Malheureusement, les gens ont voté FN pour exprimer leur ras-le-bol de Nicolas Sarkozy » juge-t-elle.

L’UMP fragilisée

Alors que la ville est passée à l’UMP depuis 2001, ainsi que la circonscription depuis 2007, le score de la majorité présidentielle sortante a fortement baissé, creusant l’écart avec le PS. « Cela résulte à la fois d’un mouvement national et régional, et aussi du renforcement de l’ancrage local des élus du PS. Le travail de terrain a porté ses fruits comme nous le constatons par exemple dans le quartier Paul Bert« , analyse Daniel Guérin. « François Hollande reprend son stock de voix sans enthousiasme et l’écart se creuse en raison de la baisse de Nicolas Sarkozy. On fait moins rêver lorsque l’on est président sortant, surtout par temps de crise, et il y a eu à la fois un effet anti-sarkozy et une démobilisation qui se retrouve dans un plus fort niveau d’abstention qu’en 2007.  Le président fait néanmoins nettement mieux que Jacques Chirac en 2002″, explique pour sa part Didier Gonzalès. Pour Pascale, habitante de la commune, la baisse de l’UMP s’explique par « la lassitude générale. Les gens ne veulent plus voir Sarkozy. Selon moi, entre Hollande et Sarkozy, il n’y a aucune différence politique. On plébiscite simplement une personnalité et un style plutôt qu’un autre…ou alors on rejette un candidat en votant pour l’autre« .

Cette transformation pourrait avoir des conséquences aux prochaines élections législatives, gagnées en 2008 par Didier Gonzalès (UMP) à Roger-Gérard Schwartzenberg (PRG), député de la circonscription depuis 1986. Le député sortant se veut néanmoins confiant, ayant plus de prises sur ce scrutin dont une partie des enjeux sont locaux. La division ou l’union à gauche pourrait aussi faire la différence, alors que le Front National affiche un score autour de 18% dans toute la circonscription.

Au-delà du vote pour les uns ou les autres, il y a aussi ceux qui ne votent pas, ne votent plus. A Villeneuve le Roi, l’abstention a atteint 23,23 % contre 20,53% au niveau national. »Je n’ai pas voté hier et je n’irai pas pour le second tour. Je ne crois plus en la politique, quelle qu’elle soit« , commente ainsi Thierry. En 2007, l’abstention n’était que de 17,78 % dans la ville… mais elle était de 33,03% en 2002.

Le détail en chiffres

Ci-dessous, le détail de scrutins de premier tour à Villeneuve le Roi en 2002, 2007 et 2012 (données du Ministère de l’Intérieur), ainsi que les données bureau par bureau en 2012:

2012

2007

2002

Détail 2012, bureau par bureau (double-cliquer pour l’afficher en grand)

A lire aussi : Analyse comparée 2007-2012 dans le Val de Marne

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