Environnement | Accueil Val de Marne (94) Vitry-sur-Seine | 05/09/2012
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Cité Balzac, c’est fini !

Cité Balzac, c’est fini !
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Spectaculaire, la démolition, ce mercredi 5 septembre, de la dernière tour de la cité Balzac de Vitry sur Seine (Val de Marne), symbolise la volonté de tourner la page de l’urbanisme des années soixante. C’est toutefois avec émotion que les habitants ont suivi cette impressionnante opération.

Sous un soleil radieux et en musique, c’est en nombre que les résidents ont investi le stade voisin pour assister au spectacle et partager leurs souvenirs. Au milieu des enfants qui jouent au foot, quelques personnes âgées cherchent de l’ombre. René, 62 ans, calé dans sa petite chaise de camping, contemple le bâtiment avec une nostalgie démonstrative. « J’ai emménagé ici en 1967, lorsque l’immeuble était tout neuf, commente t-il. A l’époque, c’était un sacré luxe d’habiter ici : Vitry était encore au milieu des champs et ces logements étaient magnifiques! » Cette même année, ce-sont 923 familles qui s’installent comme René aux portes de Paris. Les barres et les tours remplacent les derniers bidonvilles. Le brassage de la population est total. Aux côtés des Français, emménagent Portugais, Maghrébins et Espagnols. »Tout le monde s’entraidait, et dès le début, le quartier a eu sa propre vie, sa propre identité. Encore aujourd’hui, tout le monde connaît Balzac, même si ce n’est plus pour les mêmes raisons… » ajoute le retraité.

Tout le monde se souvient en effet de ce révoltant fait divers : l’immolation en 2002 de la jeune Sohane Benziane, âgée 17 ans, par un caïd de la cité, au pied de cette même tour GHJ démolie en ce jour. « Le quartier avait une mauvaise image ces dernières années. Pourtant, même si cela s’était dégradé, on était tranquille et le quartier ne s’embrasait que très rarement. J’ai eu ma voiture garée dans le coin pendant 35 ans et n’ai jamais eu le moindre problème« ,  témoigne René.

 

 

Il n’est pas question de « stigmatiser un quartier qui n’a pas à l’être« , prévient le maire de Vitry sur Seine, Alain Audoubert.  Cette démolition s’inscrit dans une démarche de développement durable et de création de nouveaux logements sociaux. Concrètement, Balzac est presque prêt à accueillir 1320 familles, dont beaucoup sont d’anciens habitants. « En général, les gens sont attachés au quartier et à l’ambiance« , reconnaît Ali, 41 ans. « Quand des voisins ont les moyens de partir, ils ne sont jamais pressés ! » reprend René.

13h, un hélicoptère de la Sécurité Civile survole le stade. La tension monte. Une corne de brume annonce le lancement de l’opération. Tout le monde retient son souffle et fixe la GHJ, dernier vestige de 45 ans d’histoire vitriote. Soudain, la partie supérieure de la barre se déplace sur le côté de quelques mètres et s’effondre sur la partie inférieure. En quelques secondes, l’immeuble disparaît dans un nuage de poussière et fait trembler le sol du stade Honoré de Balzac, sous les applaudissements.

La foule panique un peu, quelques secondes plus tard, quand le très dense nuage de poussière se dirige droit vers le terrain de football, recouvrant subitement le stade et créant un paysage fantastique où le soleil ne passe plus. « Cela me fait penser aux images du 11 septembre ! » lance René, entre deux quinte de toux. Deux minutes plus tard, le nuage se dissipe.L’air devient plus respirable et déjà tout le monde s’époussette. Pensif devant le ciel bleu qui a remplacé la silhouette de la tour « GHJ », René avoue finalement « ne pas avoir mal au coeur devant la chute de ce monument. La société évolue, et c’est tant mieux. Les plans des nouveaux logements promettent de donner un vrai coup de jeune au quartier, avec en plus une dynamique écologique. Et tant qu’il y en a un pour moi, je serais heureux !« .

La rénovation du quartier Balzac s’inscrit dans un vaste plan d’urbanisation comprenant logements et équipements publics, crèches, centre social, gymnase, parcs, et bien sûr transports, avec une future station du Grand paris express aux Ardoines et le tramway. Cinquante après l’effervescence des grands ensembles, le pari urbanistique de la banlieue porte désormais un nouveau nom fédérateur : le Grand Paris.

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