Education | | 18/04/2013
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27,5% des postes supplémentaires affectés au remplacement dans l’Académie de Créteil

27,5% des postes supplémentaires affectés au remplacement dans l’Académie de Créteil

peillon-cachanSur les 6770 équivalent-temps plein d’enseignants supplémentaires qui seront recrutés en France pour la rentrée 2013, 1000 seront affectés au remplacement. Tel est le chiffre rond annoncé par le ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon, confirmant les évaluations effectuées dans les académies. Le ministre était en déplacement à l’école du Coteau de Cachan ce jeudi 18 avril pour aborder sur le terrain cette délicate question.

Non remplacement : “une rupture du service public”

Thierry Leleu, préfet du Val de Marne, Vincent Peillon, ministre de l'Education, Florence Robine, rectrice de l'Académie.

Thierry Leleu, préfet du Val de Marne, Vincent Peillon, ministre de l’Education, Florence Robine, rectrice de l’Académie.

Sur la seule académie de Créteil (Val de Marne, Seine Saint Denis et Seine et Marne), 88 postes de remplaçants ont été supprimés dans le premier degré et 106 dans le second degré entre 2009 et 2012. Et dans la 1ère circonscription du Val-de-Marne, ce sont 141 absences qui n’ont pu être remplacés depuis la rentrée 2012. “Cela constitue une rupture du service public qui peut nous conduire, et cela a déjà été le cas, devant les tribunaux“, indique le ministre, qui précise que le cumul des cours non assurés du CP jusqu’à la terminale représente en moyenne une année scolaire complète. Un problème particulièrement aigu dans certaines zones géographiques, notamment la Seine Saint Denis qui compte beaucoup de jeunes enseignants (avec plus de congés maternité, enfants en jeune âge…).

234 équivalent temps plein dans l’Académie de Créteil

Au sein de l’Académie de Créteil, qui accueillera 835 équivalent temps plein supplémentaires à la rentrée 2013 (sur les 6770 annoncés au niveau national), 234 seront  affectés au remplacement, soit 27,5%. Dans le détail, 119 seront affectés dans le premier degré (écoles maternelle et élémentaire) et 115 dans le second degré (collèges).

Des motivations variées

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Pour ces remplaçants qui assurent une continuité dans la réalisation des programmes, les motivations diffèrent. Certains font cela en attendant d’avoir une affectation qui les satisfasse, d’autres par choix ou pour faire une pause. Magalie Gaubert, qui a pris en charge une classe de CP en janvier dernier à l’école du Coteau, après avoir enseigné 15 ans dans une ZEP de Gentilly, témoigne d'”un métier différent de celui d’enseignant classique“. Pour elle, il s’agit d’un choix assumé pour changer de vie et elle explique “apprendre tous les jours de [ses] collègues et des enfants” grâce à sa mobilité bien que n’envisageant pas cette situation sur le long terme. Une remplaçante de l’école du Coteau, Mme Sousa, témoigne pour sa part de sa technique pour se faire respecter d’une classe qui ne la connaît pas et qui ne la verra qu’une journée.

Parfois, les raisons sont moins enthousiastes. Sous couvert d’anonymat, un remplaçant se dit “découragé par le manque d’ambition de l’Education nationale” et confie “avoir une vie plus tranquille”. “Je ne participes pas aux gros projets de l’école, aux sorties, aux réunions. J’arrive le matin, je donne cours et je rentre chez moi. Je n’ai plus l’impression de travailler dans le vide, je fais le strict minimum“.

Briefés, les enseignants ont évité de quereller le ministre à propos des rythmes scolaires mais le sujet a malgré tout été esquissé, tout le monde s’accordant sur la nécessité de donner du temps au temps.


 

 

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