Environnement | Accueil Val de Marne (94) Orly | 05/11/2013
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Bataille de l’aéroport d’Orly : le point sur les malentendus

Bataille de l’aéroport d’Orly  : le point sur les malentendus

Futur batiment de jonction Aeroport Orly 7Limitation du nombre de décollages et atterrissages, augmentation du couvre-feu, création d’un troisième aéroport pour accompagner la future croissance du trafic de l’aéroport d’Orly, telles sont les requêtes de plusieurs élus riverains de l’aéroport situé à cheval entre le Val-de-Marne et l’Essonne. Les réponses apportées par le Schéma directeur régional d’Ile de France (Sdrif) voté définitivement il y a quelques semaines et le projet l’extension-rénovation de l’aéroport actuellement soumis à l’enquête publique ont réveillé les inquiétudes et les courriers de protestation. 

30 élus demandent de revoir les modalités de l’enquête publique

Dernière initiative en date, un courrier co-signé par trente élus du Val-de-Marne, de l’Essonne et de la Seine-et-Marne, pour protester contre le périmètre de l’enquête publique, contestant d’une part le fait que seul le nouveau bâtiment de jonction a été soumis à enquête et pas le reste du projet, d’autre part le fait que seules cinq communes soient concernées par l’enquête publique alors que 30 villes figurent dans le périmètre du plan de gêne sonore. Ils réclament donc la révision du contenu de l’enquête ainsi que la possibilité pour les citoyens de faire part de leurs avis en ligne, comme cela a été le cas pour le Sdrif. Voir le courrier.

Créneaux et mouvements : comment interpréter l’arrêté de 1994 ?

Parmi les principales réclamations des riverains, figure le respect d’un maximum de 200 000 mouvements par an, c’est à dire 200 000 atterrissages ou décollages, faisant référence à l’arrêté de 1994. « Cet arrêté précise bien l’objectif de 200 000 mouvements et proposait l’attribution de 250 000 créneaux pour permettre une marge de fonctionnement. Mais aujourd’hui, l’organisation et les moyens techniques permettent de faire correspondre quasiment un vol à chaque créneau accordé. Cette marge n’a donc plus lieu d’être », insiste-t-on au cabinet du maire de Villeneuve-le-Roi, Didier Gonzales.

De son côté, Aéroports de Paris (ADP) se fonde aussi sur cet arrêté de 1994 pour justifier les 250 000 créneaux. « Dans cet arrêté, il est indiqué « environ 200 000 mouvements » et ce terme n’est qu’un considérant, pas un article. L’article 1 de l’arrêté de 1994 précise en revanche bien 250 000 créneaux« , indique-t-on chez ADP. Voir l’arrêté de 1994

L’arlésienne du troisième aéroport : une décision d’Etat

Une autre requête des riverains est celle d’un transfert d’une partie du trafic vers un troisième aéroport. Demande que le rapporteur de l’enquête publique du Sdrif  2030 a du reste intégrée dans ses recommandations. Mais le Conseil régional n’a pas repris cette requête dans ses derniers amendements. « Effectivement,  c’était une recommandation de l’enquête publique, mais cette question ne relève pas du Sdrif mais d’une stratégie nationale d’aménagement du territoire qu’il n’appartient pas à la région de trancher« , indique-t-on au Conseil régional. Au niveau de l’Etat, la question du troisième aéroport est dans des cartons bien rangés depuis des années mais pas vraiment d’actualité brûlante, et les considérations sur le budget contraint ne risquent pas de faire ressortir le dossier sous peu. Du côté d’ADP, on précise du reste que le trafic passager de l’aéroport a augmenté l’année dernière sans augmentation du nombre de mouvements, simplement grâce à un meilleur taux de remplissage des avions. Quant au délestage ferroviaire, il se fait naturellement à chaque création d’une ligne TGV, comme cela a été le cas avec le Paris-Strasbourg, précise encore la société aéroportuaire.

Les élus ne sont pas à l’unisson

Sur le fond, une autre donnée du problème Orly est que tous les élus riverains ne sont pas d’accord. Toutes les communes ne souffrent pas de la même manière de la gêne sonore et toutes ne bénéficient pas à la même échelle des retombées économiques. Le niveau de nuisance n’étant pas corrélé aux retombées économiques, il est assez logique que les communes envisagent différemment l’avenir de l’aéroport. Ainsi, alors que trente élus ont cosigné le courrier pour demander la révision de l’enquête, la ville d’Orly a-t-elle fait voter un voeu d’urgence très favorable au projet de rénovation lors de son conseil municipal du 24 octobre dernier.

 

 

 

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