Politique | | 07/10/2013
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Joseph Rossignol quitte le Parti de Gauche suite au refus de Front républicain de Jean-Luc Mélenchon

Joseph Rossignol quitte le Parti de Gauche suite au refus de Front républicain de Jean-Luc Mélenchon

Joseph RossignolToujours en accord avec l’analyse et le projet du Parti de Gauche mais en désaccord avec sa stratégie depuis les élections législatives de 2012, Joseph Rossignol, maire de Limeil Brévannes, a donné sa démission du mouvement de Jean-Luc Mélenchon ce lundi 7 octobre suite au refus de ce dernier d’appeler à voter pour l’UMP contre le FN au second tour de la cantonale partielle de Brignoles (Var).

Rappel du contexte
Ce dimanche 6 octobre, au terme du premier tour d’une cantonale partielle qui n’a attiré dans les bureaux de vote que 33% des citoyens (taux d’abstention de 67%), Laurent Lopez, candidat de Marine Le Pen, a rallié 40% des suffrages, se payant même le luxe d’un concurrent direct, Jean-Paul Dispard, précédent candidat FN (élu en 2011 avant la première annulation de l’élection) qui portait cette fois le drapeau du Parti pour la France de Carl Lang et  a fait 9,1%. Derrière le FN, la candidate UMP Catherine Delzers n’a pesé que la moitié du score, 20,8 % tandis que Laurent Carratala (PCF) atteignait 14,6 % et Magda Igyarto-Arnoult, candidate EELV, 8,9%. Alors que les partis de gauche appelaient à faire barrage au Front national au second tour, le 13 octobre 2013, Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de Gauche, a refusé de trancher, mettant UMP et FN dans le même panier. «C’est la peste ou le choléra, c’est tous les mêmes. Ils racontent les mêmes choses, ont les mêmes objectifs», a-t-il notamment commenté sur France Inter ce lundi matin. Voir l’interview.

Joseph Rossignol, maire Parti de Gauche de Limeil-Brévannes, a immédiatement tiré les conséquences des propos de Jean-Luc Mélenchon. «Je suis en complet désaccord avec cette position qui cautionne l’idée qu’il puisse y avoir une politique menée par la France en dehors des trois valeurs fondamentales de notre République. La position républicaine est un sujet que lequel je ne transige pas et je ne souhaite pas servir de caution au Parti de gauche sur ce point », motive-t-il. Pour l’élu, ancien du Parti socialiste jusqu’en 2003, la question Front National a toujours été sensible. «En 2002, je n’ai pas attendu les consignes de mon parti pour, dès le premier soir des élections présidentielles, appeler à voter Jacques Chirac au second tour pour faire barrage à l’extrême droite, et, la même année, j’ai refusé de représenter le Parti socialiste auprès de Roger Gérard Schwartzenberg comme suppléant aux élections législatives, n’ayant pas de la part de mon premier secrétaire l’assurance d’un désistement républicain au second tour des candidats que le Parti socialiste soutenait», rappelle-t-il.

Ironie du sort, c’est à Limeil-Brévannes que le Parti de Gauche avait tenu son congrès fondateur en janvier 2009. «J’ai contribué à créer le Parti de Gauche dès 2008 et la notion de Front de Gauche correspondait à ce à quoi j’aspirais depuis que j’avais quitté le PS, dont la direction allait de plus en plus vers le bi-partisme, en 2003», témoigne Joseph Rossignol. Pas question pour autant d’aller voir ailleurs. L’élu, en désaccord avec la stratégie du Parti de Gauche depuis les élections législatives de 2012 où le parti n’avait obtenu aucun siège à l’Assemblée nationale, avait déjà décidé de se retirer de la politique, «à pas feutrés», en ne se représentant pas à la mairie de Limeil Brévannes, et sans désigner de poulain de son propre parti mais du PS. Sur le fond, le programme et le projet, il se dit toutefois toujours en accord avec le mouvement.

Le Parti de Gauche soutient Jean-Luc Mélenchon

Le Parti de Gauche du Val de Marne a accueilli sa démission avec respect et regret. «Nous tenons à saluer les actions fortes de Joseph Rossignol qui ont permis de mettre en oeuvre sur sa ville des projets à vocation écologique ou de soutenir les plus démunis. Cependant, nous regrettons la confusion de Joseph Rossignol et son manque de discernement quant à la lecture des résultats de l’élection de Brignoles. C’est d’abord la désespérance du fait des politiques menées par le gouvernement qui a conduit les électrices et les électeurs de gauche à rester chez eux. Les candidats du PCF et d’EELV soutenus par les Solfériniens se sont effondrés, expulsant la gauche du deuxième tour et laissant la voie libre à un duel entre le Front national et la droite forte qui portent une même parole d’exclusion et prônent une même politique totalement anti-sociale. Le Front national prospère sur la résignation et la désorganisation dès lors que le principal pourvoyeur de ses voix est à l’Elysée. Dès lors, il ne suffit pas de mobiliser contre le Front national pour que quelque chose change dans notre pays où la situation de nos concitoyen s est chaque jour plus insupportable», commentent les représentants du mouvement local dans un communiqué.

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