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Faits divers | Créteil | 18/03/2013
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Prison ferme pour le dérailleur du RER C

Prison ferme pour le dérailleur du RER C
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Palais Justice Creteil 7venLe tribunal de Créteil a condamné le chauffard, dont l’accident avait provoqué le déraillement d’une rame du RER C en 2009, a huit mois de prison ferme et dix mois avec sursis ce lundi. L’homme devra également indemniser une dizaine de personnes s’étant portées parties civiles à hauteur d’une vingtaine de milliers d’euros.

Le 20 décembre 2009, jour de neige et de verglas, le jeune homme alors âgé de 25 ans circule sur un pont qui surplombe les voies du RER C à Choisy-le-Roi. Dans des circonstances toujours floues, l’automobiliste emboutit son véhicule dans un muret de protection en pierre. D’abord « sous le choc de l’accident« , l’accusé est aidé par des témoins qui le raccompagnent dans un bar proche de son domicile. Même s’il avoue avoir craché du sang et se plaindre de douleurs à la poitrine, celui-ci refuse d’être amené à l’hôpital. Il laisse son véhicule en partie suspendu au-dessus des voies ferrées.

Ligne de RER EMais le choc a décroché quelques blocs de pierres du muret, qui se sont écrasés sur les voies. Quelques minutes après l’accident, une rame du RER C heurte les blocs de pierre à 120km/h. Le train déraille alors et poursuit sa course en percutant plusieurs pylônes électriques, arrachant sur son passage câbles et caténaires sur des centaines de mètres. Par miracle, seules 36 personnes sont légèrement blessées sur les 400 passagers ! Le bilan matériel, lui, est moins léger. Une portion de la voie est paralysée pendant deux mois et la facture est estimée à 9 millions d’euros.

Des déclarations incohérentes

Le chauffeur, qui a déjà purgé trois mois et demi de prison pour cet accident, s’est présenté au tribunal sans son avocat. Ce dernier a indiqué ne pas avoir eu de ses nouvelles depuis le dernier report de l’audience, en octobre 2012. Mis face à ses incohérences par la Cour, l’homme explique « avoir vu sa vie défiler » quand sa voiture est rentré dans le muret, ce qui justifierait son comportement après l’accident. Après avoir été raccompagné, il indique avoir bu du whisky pour se détendre, et reconnaît aussi devant le tribunal avoir consommé de la cocaïne avant de prévenir les forces de l’ordre sur les conseils de sa concubine, une heure après les faits. Un témoignage contradictoire mais qui ne suffit pas au tribunal pour affirmer que le conducteur était sous l’emprise d’alcool et de stupéfiants au moment du choc.

Nonobstant, le tribunal lui a interdit de repasser son permis de conduire pendant les trois prochaines années. Condamné à huit mois de prison ferme, l’accusé, père de deux enfants, a encore quatre mois et demi à purger. Une peine aménageable en cas de travail ou de formation et sous la condition d’un suivi socio-judiciaire.

Le volet indemnisation sera pour sa part jugé le 24 octobre prochain. Le chauffeur qui roulait également sans assurance devrait théoriquement se retrouver dans l’obligation de régler les dommages et intérêts à toutes les parties civiles. Dans les faits, il semble néanmoins peu probable qu’il puisse s’acquitter des 9 millions d’euros estimés par la SNCF.

Après avoir présenté ses excuses aux victimes de l’accident, l’automobiliste a confié vouloir passer un CAP de gardien d’immeuble.

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