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Justice | Créteil | 27/03/2013
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Procès du lycéen meurtrier du Kremlin: verdict attendu ce jeudi

Procès du lycéen meurtrier du Kremlin: verdict attendu ce jeudi
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Lycee Darius Milhaud Le Kremlin BicêtreEn ce second jour de procès du lycéen meurtrier présumé d’Hakim Maddi dans les couloirs du lycée Darius-Milhaud du Kremlin Bicêtre (Val de Marne), le 8 janvier 2010, la Cour a tenté de faire s’exprimer l’accusé, Islam Belkebir, et de mieux cerner psychologiquement le jeune homme. Un exercice auquel le jeune homme de 22 ans s’est prêté avec réticence.

La psychologue qui a rencontré Islam en détention le dépeint comme angoissé, méfiant, se sentant persécuté à la moindre contradiction et considérant l’autre comme une menace permanente. « Il a une image de lui-même très négative, il manque de confiance en lui et redoute le jugement des autres » précise la psychologue. « Il manque de repères parentaux et est très fragile psychologiquement. Ses craintes le rendent impulsif et parfois violent » . En écoutant ce portrait, Islam reste tête baissée, prostré.

La Cour attendait pourtant beaucoup du jeune homme aujourd’hui. Une grande partie de l’après-midi a été consacrée à son audition. Hésitant et avare d’explications, à peine audible,  Islam n’est pas à l’aise. A plusieurs reprises, le président  du tribunal lui demande de parler plus fort. « Depuis le début, je ne pouvais pas croire que tout était réel. J’étais paniqué et choqué, je n’ai pris conscience de rien, et cela m’était difficile de raconter la scène » explique t-il quand on lui demande de justifier son mutisme durant les 48 heures de garde à vue.

Concernant l’altercation qui l’a opposé à Amel, la soeur de la victime, le récit d’Islam ne diffère guère de celui de la jeune fille. Il assure cependant lui avoir présenté des excuses par deux fois, « mais elle n’a rien voulu entendre » . En quittant le lycée le 7 janvier 2010, Islam apprend qu’Hakim souhaite le rencontrer le lendemain.

« Je voulais juste lui faire peur« 

Le matin du 8 janvier, Islam s’inquiète. « Je ne connaissais pas Hakim, je ne savais même pas qu’il était dans le même lycée que moi » . Soucieux, Islam prend un couteau dans la cuisine de l’ami qui l’héberge et se rend deux heures en retard au lycée, « parce que j’avais peur« , justifie-t-il . Mais pourquoi s’armer d’un couteau sans connaître la teneur d’une rencontre qui devait se dérouler dans l’enceinte d’un établissement scolaire ? « Je pensais que l’explication aurait lieu dehors, et, un peu avant, j’ai eu un problème avec des jeunes dans la rue. L’un d’eux a sorti un couteau. J’ai eu très peur ce jour-là. Je me suis rappelé de ce moment et j’ai voulu prendre mes précautions. J’ai pris un couteau juste pour lui faire peur, au cas où » .

Lorsqu’il est conduit dans le couloir par Hakim et ses amis, Islam a déjà le couteau dans son dos, calé dans son jean. « Nous avons commencé à parler avec Hakim, je lui ai dit que je m’étais excusé » . Mais le ton monte vite et la conversation dégénère. C’est à ce moment que sa version diffère de celles des amis d’Hakim, témoins de l’altercation. Eux expliquent se tenir en retrait pour assurer la sécurité d’Hakim. « Nous étions prêts à les séparer en cas de besoin » . Islam prétend au contraire avoir été roué de coups par les quatre garçons. « C’est là que j’ai sorti le couteau pour me dégager. J’étais en panique, je ne pensais qu’à me sortir de ce pétrin » . Recourbé sur lui-même et la tête vers le bas, Islam frappe « à l’aveugle » sans se rendre compte qu’il touche Hakim au thorax, déclare-t-il. Lorsqu’un surveillant arrive et qu’Islam voit le ventre d’Hakim ensanglanté, il quitte le lycée en courant. Son récit est contredit par les conclusions du médecin-légiste : Hakim mesurait 1m93. Islam, replié, ne pouvait pas atteindre le thorax de la victime avec le couteau. La suite semble très floue dans l’esprit de l’accusé. »J’ai couru aussi vite que possible, sans réfléchir à où j’allais« , affirme-t-il. L’arme du crime serait tombée au sol pendant sa course, indique-t-il. Elle n’a jamais été retrouvée. Errant dans les rues d’Ivry-sur-Seine, Islam est finalement interpellé vers une heures du matin.

Islam exprime ses regrets devant la Cour. Il a aussi essayé de faire passer une lettre depuis sa cellule à la mère d’Hakim qui a refusé de la lire. Mais son audition a visiblement déçu. « Vous n’avez pas apporté d’explications claires » estime l’avocat général.

Les témoignages teintés d’émotion du professeur de boxe d’Hakim et de son frère Karim n’apportent pas d’éléments nouveaux. Incarcéré depuis trois ans, Islam connaîtra le verdict jeudi, au terme des plaidoiries des deux avocats. Il risque jusqu’à trente ans de prison.

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