Politique | Val-de-Marne | 01/04/2014
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Christian Cambon (UMP) «Métropole à droite? C’est l’arroseur arrosé !»

Christian Cambon (UMP) «Métropole à droite? C’est l’arroseur arrosé !»

Christian CambonSuccès inespéré aux municipales, renversement de la couleur politique de la métropole, changement de Premier ministre, retour sur les derniers événements avec Christian Cambon, sénateur-maire de Saint-Maurice et président de l’UMP Val de Marne.

«Nous avons conquis des villes que nous n’imaginions pas en rêve»

Avec 28 villes désormais à droite ou au centre-droit sur 47, dont 24 UMP, le parti de l’ancienne majorité présidentielle a de quoi se réjouir, qui a pris 4 villes à la gauche dès le premier tour et encore 2 au second. «Les résultats ont été au-delà de nos espérances, nous avons conquis des villes que nous n’imaginions pas en rêve, notamment dès le premier tour. Plusieurs facteurs ont joué, comme les démêlés de l’ancien maire (ndlr Patrick Sèves) avec la justice à l’Haÿ-les-Roses ou l’excès d’urbanisation et la volonté du PS de traiter la ville en protectorat de Créteil à Limeil-Brévannes (ndlr : le candidat PS Raymond Cathala était le frère du député-maire de Créteil). Des villes structurellement à droite et que nous avions perdues sont aussi revenues dans notre giron comme Ablon-sur-Seine. Au second tour, nous avons eu la grande satisfaction de voir notre délégué départemental, Jean-Paul Faure-Soulet élu à la Queue-en-Brie. Quant au résultat inattendu Villejuif, il prouve que lorsque l’on est uni, on gagne, et montre – au-delà du succès de cette coalition (ndlr : union de 4 candidats UMP, UDI, Ex PS, Ex EELV)- l’usure de la majorité sortante.» Quelques regrets toutefois pour le parti. «A Fresnes, Choisy-le-Roi et Boissy-Saint-Léger, les villes étaient prenables si la droite s’était unie. Quant à Chennevières, je regrette le résultat (ndlr : le maire sortant UMP Bernard Haemmerlé a été battu par le Modem Jean-Pierre Barnaud) mais me réjouis que Jean-Pierre Barnaud ait fusionné avec une dizaine de proches de notre famille (ndlr fusion avec la liste de Dany Grouzelle, UMP dissident) entre les deux tours et laissé l’aile gauche de son équipe initiale.»

Reprendre le Conseil général du Val de Marne?

De quoi augurer positivement les prochaines échéances électorales. Vieux rêve de la droite dans le département : reprendre le Conseil général du Val de Marne. Historiquement, la collectivité locale créée en 1967, n’a été à droite que de 1970 à 1976, sous l’égide de Roland Nungesser, avant d’être reprise par le PCF Michel Germa jusqu’en 2001, à qui lui a succédé Christian Favier, également PCF. «Deux éléments nous rendent confiants. D’une part nos avocats se montrent encourageants concernant le recours que nous avons déposé au Conseil d’Etat contre le redécoupage des cantons. Les résultats de ces municipales nous permettent d’autre part d’envisager la reconquête de cantons comme par exemple Orly-Ablon-Villeneuve-le-Roi. Certaines villes que nous n’avons pas gagnées nous rendent également optimistes comme par exemple Valenton, présenté comme un irréductible bastion communiste, et que nous avons manqué à 300 voix.»

Et la région Ile de France ?

L’UMP entend bien également reprendre la région Ile de France, qui était tenue jusqu’en 1998 par le RPR Michel Giraud (ancien maire du Perreux-sur-Marne), avant que le PS Jean-Paul Huchon en prenne la présidence. Dans sa reconquête, la droite a déjà remporté une victoire symbolique ce dimanche 30 mars avec la prise Conflans-Saint-Honorine (Yvelines), ancien fief de Jean-Paul Huchon, et encore avant de l’ex Premier ministre socialiste de François Mitterrand, Michel Rocard. Pour relever le défi, la fédération départementale entend mobiliser ses troupes. «Ces municipales nous ont permis de faire émerger une nouvelle génération de leaders politiques prêts à monter au front, avec plusieurs trentenaires devenus maires», insiste Christian Cambon.

Sénatoriale 2017 : objectif 4 sièges sur 6 dans le Val de Marne

En ligne de mire également : la sénatoriale de 2017 où l’UMP espère récupérer deux sièges. «C’est possible à condition de faire l’union», pose le sénateur. En 2011, la droite avait présenté trois listes distinctes au nom de l’UMP, de l’UDI et du Modem, tandis que toute la gauche s’était réunie, faisant rentrer une écologiste, Esther Benbassa, à la haute assemblée tandis que le Modem Jean-Jacques Jégou perdait son siège.

Métropole de Paris : «l’arroseur arrosé!»

Pour la droite, un motif de réjouissance, collatéral des élections municipales, est aussi sa présence désormais majoritaire parmi les élus de la future métropole de Paris. «C’est l’arroseur arrosé! s’amuse Christian Cambon. Nous avons une avance telle que nous pensons que la gauche trouvera des arguments pour ne pas se hâter sur la métropole !  se réjouit d’avance le parlementaire. Les pouvoirs d’urbanisme doivent appartenir aux maires et c’était de la folie que de remettre en question les intercommunalités.»

Concernant le changement de Premier ministre, le sénateur UMP ne partage pas, en toute logique politique, l’enthousiasme de son homologue PS Luc Carvounas, considérant que la feuille de route du président François Hollande est restée inchangée et pointant les positions divisées à gauche que suscite cette nomination. Il en espère toutefois une remise en question du projet de métropole de Paris.

Lire aussi l’interview de Luc Carvounas, sénateur-maire d’Alfortville et premier secrétaire de la fédération PS du Val de Marne et celle de Christian Favier, sénateur et président PCF du Conseil général du Val de Marne.

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