Société | Bois de Vincennes | 21/04/2014
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CRA de Vincennes, E. Benbassa et L. Abeille défendent l’information du droit des étrangers

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Laurence Abeille Esther BenbassaAprès les sénateurs PCF Laurence Cohen et Pierre Laurent en juin 2013, ce-sont deux parlementaires EELV du Val de Marne, la sénatrice Esther Benbassa et la députée Laurence Abeille qui ont utilisé leur droit de visite parlementaire pour débarquer à l'impromptu ce vendredi 18 avril au Centre de rétention administratif (CRA) du bois de Vincennes afin d'échanger avec les retenus. Une initiative sollicitée par l'Observatoire citoyen,

un collectif de personnes qui visitent régulièrement les hommes étrangers qui se retrouvent enfermés dans ce centre en l’attente d’une décision ou non d’expulsion du territoire lorsqu’ils se retrouvent interpellés dans la rue sans papier en règle.

CRA : 33 ans d’existence

CRA VincennesInstaurés en 1981 pour encadrer officiellement l’enfermement d’étrangers sans titre de séjour, les CRA sont aujourd’hui au nombre de 25 en France. La durée de séjour maximum des personnes qui y sont retenues est progressivement passée de 4-5 jours à 32 puis 45 jours. Ces centres sont surveillés par la police. Si les personnes incarcérées n’ont pas le droit de sortir, elles peuvent en revanche évoluer librement à l’intérieur des murs et ne sont pas en cellule comme dans une prison. Le centre du bois de Vincennes, situé à côté du parking de l’hippodrome, est constitué de trois bâtiments qui accueillent des chambres de 2 à 4 lits et des espaces communs pour la télévision et les jeux vidéo. Le centre est prévu pour 176 hommes majeurs et est gardé par 4 policiers. Actuellement, la durée de séjour moyenne est de 16 jours, contre 20 à 25 jours il y a un an, et 18% des rétentions donnent lieu à une expulsion du territoire français.

Désoeuvrement

Si les visites sont très réglementées, les parlementaires peuvent visiter les lieux de rétention à tout moment et c’est dans ce contexte que les deux élues écologistes se sont rendues ce vendredi 18 avril sur le terrain. « Les personnes retenues ont témoigné ne pas subir de maltraitance de la part des gardiens de police. Les relations entre les personnes enfermées ne sont pas toujours très faciles en revanche. L’une des choses qui nous a frappées est le désœuvrement de ces hommes dans la force de l’âge. L’un d’entre eux,  voyant un agent en train de désherber de l’autre côté du grillage, a lancé  avec envie »J’aimerais bien vous aider. » Il y a très peu de choses à faire à part regarder  la TV qui résonne fortement dans le bâtiment, alors que certains de ces hommes, ont pourtant un travail en dehors », constate Laurence Abeille.

 

 

Manque d’information sur le droit des étrangers

« Si l’information sur les droits des retenus au sein du centre est bien présente, nous avons constaté que les personnes n’étaient en revanche pas informées de leurs droits en tant qu’étranger en général, et certains ne sont pas du tout au fait de l’ensemble des démarches administratives qu’ils peuvent entreprendre », regrette pour sa part Esther Benbassa. Les deux parlementaires ont décidé d’écrire au ministère de l’Intérieur pour demander à ce que les retenus puissent bénéficier d’une information complète concernant le  droit des étrangers lors de leur séjour dans le CRA.

Voir précédent article sur ce sujet avec les témoignage des membres de l’Observatoire citoyen.

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