Education | | 26/06/2014
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Imbroglio financier autour de l’Institut Epin

Imbroglio financier autour de l’Institut Epin

EPIN VITRY SUR SEINEAprès les suspensions successives de subventions du conseil général puis régional et les enquêtes et expertises financières en cours sur l’Institut Epin, le collège-lycée privé laïc de Vitry-sur-Seine, institution créée entre les deux guerres mondiales, vit une grave crise de gouvernance. Retour sur l’imbroglio financier.

L’établissement fait l’objet d’une enquête financière de la DGFiP, demandée par le préfet, après avoir été épinglé par une expertise comptable de 2013 réalisée par le cabinet Apex et commanditée  par le comité d’entreprise (CE).

Cette première expertise avait fait état de transfert de l’intégralité des bénéfices de l’Institut, qui perçoit des subventions publiques à hauteur d’environ 40% de ses recettes totales,  vers son actionnaire, J2M, également propriétaire (en 2013) de trois instituts de formation en alternance.

 

Quelques chiffres

Concrètement, sur des recettes totales d’environ 2 millions d’euros dont 0,8 million de subventions (Etat, Conseil régional et Conseil général), l’Institut réalise des bénéfices d’environ 240 000 euros (en 2013), soit 12% des recettes, intégralement transférés à la société J2M. Lors de l’année 2013, environ 50 000 euros ont même été versés en plus, puisés sur les réserves de l’Institut.  Suite à cette première expertise qui montre un transfert total de 1,36 millions d’euros sur 5 ans, et en attendant les conclusions de l’enquête financière demandée par le préfet, l’établissement vient de voir les subventions du Conseil général du Val de Marne puis du Conseil régional d’Ile de France être suspendues, à quelques semaines d’intervalle. La décision du Conseil régional est intervenue il y a quelques jours alors que celle du Conseil général remonte au mois de mai.

1,6 millions sur 6 ans

A l’occasion d’un comité d’entreprise du 18 juin, une nouvelle expertise comptable du cabinet Apex, à nouveau commanditée par le CE et portant sur les comptes de l’Institut Epin jusqu’à fin 2013, a confirmé la poursuite des transferts de l’intégralité des bénéfices en 2013, faisant désormais état de 1,6 millions d’euros sur 6 ans. Bonne nouvelle toutefois, le cabinet note que, malgré ces prélèvements qui affaiblissent mécaniquement la structure financière de l’Institut Epin, celle-ci demeure saine, avec une trésorerie élevée et sans endettement financier. Du côté des syndicats Sundep-Solidaires, on ne se satisfait pas de cette situation, considérant que l’Institut Epin a besoin d’argent pour mener à bien la nécessaire réfection de ses locaux. (voir article à ce sujet).

De l’argent en partie passé en faillite

Dans un communiqué-réponse au tract des syndicats Sundep-Solidaires, la direction de l’établissement donne des précisions sur l’utilisation de cet argent transféré à J2M, indiquant que celui-ci a servi à renflouer les trois instituts de formation en alternance détenus par J2M en plus de l’Institut Epin, tous trois en difficulté financière, à raison des montants suivants : 803 439 euros à Kalliope, 638 192 euros à ICA et 188 429 euros à IFCAE, soit un total de 1 630 060 euros. Pas question de prendre l’Institut Epin pour une vache à lait mais de sauver les emplois de ces trois instituts, se défend ainsi la direction qui cite les 22 salariés de l’IFCAE, les 18 d’ICA Sup et les 26 de Kalliope. Depuis, Kalliope et ICA Sup ont été placées en liquidation judiciaire fin 2013 – début 2014. Seul reste donc l’IFCAE, institut de formation professionnelle en alternance créé en 1992 et basé à Cergy Pontoise (Val d’Oise).

Réunion de crise au ministère ce vendredi 27 juin

Après plusieurs réunions de crise, c’est au ministère de l’Education nationale qu’est convoquée ce vendredi 27 juin, une nouvelle rencontre avec les représentants du préfet du Val de Marne, de la rectrice de Créteil et des présidents du Conseil régional et du Conseil général.

Un conflit sur le loyer en parallèle

En parallèle de ces interrogations financières qui ont conduit à une crise de gouvernance de l’établissement sans le mettre en péril financier, un conflit oppose l’école au propriétaire des lieux (famille de l’ancien propriétaire de l’établissement qui a conservé le terrain). Cette fois, c’est le contexte du marché foncier, en hausse, qui explique le désaccord sur le prix du bail. Celui-ci est arrivé à échéance en 2010 et n’a pas été renouvelé faute d’accord sur le montant que le propriétaire souhaite réévaluer plus fortement que ce que proposait le locataire (l’école). Au terme d’une procédure judiciaire, un accord semble néanmoins avoir émergé.

Faire du bruit ou faire silence?

Pris en sandwich entre ces deux problèmes, l’établissement qui présente pourtant d’excellents résultats, se retrouve déchiré entre ceux qui veulent crever l’abcès, notamment au sein des syndicats Sundep-Solidaires et d’une partie des parents d’élèves (le collectif Un autre Epin), et ceux qui souhaiteraient éviter l’éclabousse de la vague, craignant pour la réputation et la pérennité de l’établissement. Ainsi l’Ape (Association de parents d’élèves) Epin a-t-elle  lancé une pétition envoyée au ministère, au rectorat, au Conseil régional et au conseil général  il y a quelques jours pour manifester sa solidarité à l’égard de l’équipe pédagogique en place et demander aux pouvoirs publics de maintenir leur soutien à l’établissement. “La diffusion dans la presse ne fait qu’aggraver et multiplier rumeurs, paroles diffamatoires et jugements à l’emporte-pièce. Le microcosme d’Epin devient l’enjeu de combats totalement étrangers à sa vocation“, regrette ainsi l’Ape.

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