Gouvernance | Accueil Val de Marne (94) Orly | 17/06/2014
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Le Grand Orly ne veut pas être éparpillé façon puzzle

Le Grand Orly ne veut pas être éparpillé façon puzzle
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Geographie et paysage grand Orly IAU IDF« Chacun a sa petite opinion sur la manière dont il faudrait nous découper, mais il n’est pas question de nous fondre,  cela fait des années que les élus du Grand Orly se battent pour faire reconnaître ce territoire, historiquement le premier à s’être constitué », insiste Christian Hervy, président de l’association des communes du Grand Orly.

Créée en 2011, cette association qui rassemble aujourd’hui quelques 300 000 habitants sur 14 communes dont 8 en Val de Marne et 6 en Essonne *, bataille pour être reconnue en tant qu’entité à part entière au sein des instances qui ont successivement vu le jour sous des sigles variés des TIM (Territoires d’intérêt métropolitain) aux CDT et maintenant CDIT (Contrat de développement d’intérêt territorial). Voir article détaillé à ce sujet à l’occasion du grand colloque organisé par l’association en mai 2013. A chaque fois, les projets initiaux ont rattaché ce pôle à d’autres territoires et l’association a du jouer des coudes pour défendre sa propre aura, s’appuyant sur l’important pôle économique constitué par l’aéroport d’Orly, le Min de Rungis, la Silic et prochainement la Cité de la gastronomie, et défendant la nécessité de recoudre ce site de 9 000 hectares traversé par l’aéroport mais qui dispose encore de coins de campagne.

Fin 2013, l’association a remporté une première manche avec la signature d’un accord cadre de contrat de développement territorial dont le périmètre correspond à quelques communes près au sien. (Voir les principaux enjeux de cet accord). Alors que la future métropole du Grand paris s’apprête à faire émerger des conseils de territoire, les cartes risquent d’être rebattues et il appartient à nouveau à chaque ville de prendre son destin en main. C’est dans ce contexte que l’association des communes du Grand Orly a pris les devants en votant à l’occasion de son assemblée générale du 6 juin (précisément douze des ses membres: toutes les communes moins Ablon et Wissous) une motion pour la constitution d’un territoire du Grand Orly cohérent et autonome.

« Le Grand Orly est passé du statut de territoire servant de la capitale à celui de territoire de projet et de développement d’importance régionale« , défend la motion qui plaide pour « un schéma d’aménagement du territoire permettant au pôle d’Orly de développer une véritable centralité au sein de la métropole, de désenclaver les portions de territoire hachées par les politiques d’après-guerre et de faciliter les déplacements des habitants, notamment autour de l’aéroport d’Orly, ainsi que l’accès à toutes les commodités de vie quotidienne. »

Sur la forme, la motion rappelle qu’elle souhaite, dans la lignée des déclarations du syndicat Paris Métropole que « la métropole se construise à partir de territoires dotés d’une personnalité juridique et d’une autonomie budgétaire et fiscale » et demande que puisse s’intégrer à ce territoire la commune de Savigny-sur-Orge, appelée à rejoindre la Communauté des Portes de l’Essonne dans le cadre du schéma de coopération intercommunale initié par le préfet de l’Essonne. (Lire ci-dessous l’intégralité de la motion.)

Grand Orly ou Seine Amont

En parallèle de cette initiative des communes du Grand Orly, le président de la Communauté d’agglomération Seine Amont (Ivry-sur-Seine, Vitry-sur-Seine et Choisy-le Roi), Pierre Gosnat, a écrit aux élus des communes jouxtant son intercommunalité pour les inviter à examiner l’éventualité d’un rapprochement (voir article) dans le cadre d’un périmètre qui correspondrait davantage à celui de l’EPA ORSA, longeant la vallée de la Seine tout en restant dans le Val de Marne. Deux logiques de territoire qui devront défendre leurs cohérence dans les mois qui viennent et dont les membres auront à se positionner, à commencer par Choisy-le-Roi qui fait pour l’instant partie du CDT des Grandes Ardoines et de l’accord cadre du CDT du Grand Orly, de la Communauté d’agglomération Seine Amont et de l’association des communes du Grand Orly dont elle a signé la motion.

* Val de Marne : Ablon-sur-Seine, Chevilly-Larue, Choisy-le-Roi, Fresnes, Orly, Rungis, Valenton, Villeneuve-Saint-Georges.
Essonne: Athis-Mons, Juvisy-sur-Orge, Morangis, Paray-Vieille-Poste, Savigny-sur-Orge qui font partie de la Calpe, communauté des portes de l’Essonne, et Wissous.

Texte intégral de la motion

« Au lendemain des élections municipales, les élus du Grand Orly se sont assemblés pour renouveler le bureau de leur association(3) et réaffirmer les objectifs fondateurs de leur association à l’heure où se négocient les contrats de développement territoriaux et où se met en place la mission de préfiguration de la Métropole de Paris.
Ils tiennent à redire solidairement et avec la plus grande conviction combien leur territoire, rassemblant des collectivités du sud Val-de-Marne et du nord Essonne, est à la fois un territoire-lieu de vie où des besoins importants de la population demeurent en souffrance, et un territoire aux formidables atouts d’où émergent des réalisations et des projets de développement dans tous les domaines : déplacements, implantation d’activités économiques et d’infrastructures touristiques, création d’emplois, montée en puissance des énergies renouvelables, offre commerciale, équipements collectifs à vocation culturelle, sportive et de loisirs. Dans le droit fil des assises d’Orly, initiées par les conseils généraux du Val-de-Marne et de l’Essonne, le Grand Orly est passé du statut de territoire servant de la capitale à celui de territoire de projet et de développement d’importance régionale.
Cette avancée stratégique confère aux élus locaux, en même temps qu’aux différentes collectivités publiques, des responsabilités nouvelles. Il leur faut ainsi agir avec l’Etat, les collectivités territoriales et les grands acteurs économiques pour mieux répondre encore aux besoins en matière de formation professionnelle initiale et continue, pour hâter les procédures permettant de répondre plus rapidement à ces besoins sociaux essentiels que sont le logement et l’emploi, pour déployer les initiatives de développement durable propres à réduire les nuisances sonores et atmosphériques dues aux avions et aux poids lourds, à renforcer les infrastructures de transports collectifs (lignes de tramway, prolongement de la ligne de métro 14, liaison Sucy-Orly) et de transport des marchandises par le rail et la voie fluviale, à réduire les émissions de gaz à effet de serre par de nouveaux progrès s’inscrivant dans la transition écologique et énergétique.
Toutes ces actions doivent prendre corps dans un schéma d’aménagement du territoire permettant au pôle d’Orly de développer une véritable centralité au sein de la métropole, de désenclaver les portions de territoire hachées par les politiques d’après-guerre et de faciliter les déplacements des habitants, notamment autour de l’aéroport d’Orly, ainsi que l’accès à toutes les commodités de vie quotidienne.
Les élus du Grand Orly réaffirment leur attachement au potentiel de développement considérable que permet la présence d’un aéroport international au coeur de leur grand territoire, et ils soulignent en même temps que le compromis tissé entre les populations et l’aéroport nécessite le maintien des limites d’exploitation que sont le couvre-feu et le contingentement des mouvements, l’amélioration du niveau de financement des protections phoniques en même temps qu’une répartition plus juste des ressources issues des activités aériennes.
Attachés à l’identité de leur territoire et souhaitant être pleinement acteurs du progrès en son sein, les élus du Grand Orly réaffirment leur souhait de signer avec l’Etat et les autres collectivités publiques un Contrat de Développement d’Intérêt Territorial tel que le prévoit la loi ALUR avant la fin de cette année, dans le prolongement de l’accord cadre cosigné en 2013. Ils souhaitent que puisse s’y adjoindre la commune de Savigny-sur-Orge qui a été appelée à rejoindre la CALPE dans le cadre du schéma de coopération intercommunale initié par le Préfet de l’Essonne.
Enfin, les élus du Grand Orly réaffirment avec force leur souhait que le territoire du Grand Orly, s’étendant sur une surface de 9 000 hectares soit pris en considération par la mission de préfiguration et par l’Etat comme territoire métropolitain pertinent, cohérent comme le montre l’atlas présenté lors du colloque de 2013, et fort de ressources permettant de concourir à la prospérité de notre région. A cet égard, ils s’inscrivent pleinement dans la logique de la déclaration unanime des élus du syndicat Paris Métropole demandant à nouveau que la métropole se construise à partir de territoires dotés d’une personnalité juridique et d’une autonomie budgétaire et fiscale permettant de répondre dans une plus grande proximité aux attentes des populations et des acteurs du développement local.
Dans la même logique, ils souhaitent affirmer la cohérence du territoire du Grand Orly, à cheval sur l’Essonne et le Val-de-Marne, et demandent sa prise en compte globale dans la future métropole, afin de ne pas défaire à l’infini ce que la puissance publique a construit précédemment, et en utilisant à cette fin les ressources législatives ou réglementaires les plus adaptées. »

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