Société | Nogent-Sur-Marne | 30/10/2014
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Restauration de la bibliothèque Smith-Lesouëf : appel aux dons

C’est en pleine guerre 1914-1918 qu’a été construite à Nogent-sur-Marne la bibliothèque Smith-Lesouëf, par les deux sœurs Smith, Jeanne et Madeleine (épouse de l’historien Pierre Champion) qui habitaient respectivement au 14 et 16 de la rue Charles VII, pour abriter les riches collections de leur oncle Auguste Lesouëf.

Arrière-petites-filles d’un citoyen anglais installé en France avant la révolution, les deux sœurs Smith, l’une peintre, l’autre photographe, avaient hérité d’un large domaine qui descendait jusqu’à la Marne. La partie sud a été léguée à la ville pour construire le stade, et les villas ont été léguées à l’Etat pour y installer une maison de retraite destinée aux artistes et un musée. Une fondation (la FNAGP, Fondation nationale des arts graphiques et plastiques) a été créée par l’Etat en 1976 pour gérer ce patrimoine et celui d’un autre legs. La bibliothèque avait pour sa part été léguée à la BNF (Bibliothèque nationale de France) en même temps que son fonds mais ses murs sont revenus dans le giron de la FNAGP depuis, par souci de cohérence. Le 14 abrite désormais un Ehpad (Etablissement pour personnes âgées dépendantes), la Maison nationale des artistes, et le 16 un musée d’art contemporain, la MANA (Maison d’art Bernard Anthonioz).


C’est entre les deux villas que la bibliothèque fut érigée, donnant directement sur l’avenue Charles VII. Pensée par l’architecte Théodore Dauphin sur deux niveaux de rayonnages inondés d’une lumière zénithale grâce à un toit verrière et posés sur un sol intégrant également des carreaux de verre pour éclairer les réserves en sous-sol, la bibliothèque fut construite dans un style néo Louis XIII agrémenté d’emprunts à diverses époques, au gré des observations de tel ou tel monument et des pièces chinées, à l’instar des grilles en forme de M qui courent au premier niveau et sont issues de l’ancien couvent parisien des Filles de l’Assomption. Cette bibliothèque était alors destinée à accueillir les collections de l’oncle des sœurs Smith, Alexandre-Auguste Lesouëf (1829-1906), passionné d’histoire et d’orient et collectionneur d’incunables du moyen-âge à la renaissance, de livres d’orient, d’estampes japonaises (dont certaines figurent à l’exposition actuelle Hokusai du Grand Palais !), de santons napolitains, de maquettes de bateaux et encore de gravures et documents sur Paris, Nogent et les environs. Au total, ce-sont quelques 18 000 ouvrages qui trouveront place dans la bibliothèque. Aujourd’hui, ces collections ont été transférées à la BNF dans le cadre du legs, et les livres qui peuplent la bibliothèque ne sont plus des incunables mais des livres du 19e et 20e siècle qui appartenaient aux sœurs Smith ou aux pensionnaires artistes qui résidèrent dans la villa du 16, transformée en maison de retraite après 1945. «Ces ouvrages recèlent tout de même des pépites. Nous y avons retrouvé des annotations de Colette, de Paul Eluard, ainsi que des cartes postales et autographes d’artistes que nos résidents ont côtoyés», témoigne Gérard Alaux, directeur de la FNAGP.

Si la pièce a toujours belle allure, avec son parquet qui craque, son odeur de bois et vieux papier et ses murs de livres, elle porte son âge et souffre de plus en plus d’infiltrations à chaque forte pluie, d’autant plus qu’elle fut construite pendant la guerre avec des matériaux de fortune. A 100 ans, l’heure est donc venue de la restaurer pour éviter qu’elle ne se dégrade. L’occasion également de mettre le lieu aux normes pour pouvoir accueillir du public dans de bonnes conditions, et y organiser des expositions temporaires d’objets qui faisaient partie de la collection Lesouëf comme par exemple les gravures sur Nogent et les environs. Des travaux qui se chiffrent toutefois à 600 000 euros.

Afin de financer cet investissement, la FNAGP a signé une convention avec la Fondation du patrimoine, habilitée à lever des souscriptions auprès du grand public pour abonder des projets de restauration. (voir article détaillé) Celle-ci vient ainsi de lancer une souscription publique dont la recette sera intégralement consacrée à la réalisation de la restauration de la bibliothèque Smith-Lesouëf. L’Etat devrait pour sa part participer à hauteur d’environ un tiers, la Fondation, bien qu’elle n’ait pas pour vocation de restaurer le patrimoine, abondera également d’un tiers, et la souscription publique devrait permettre de compléter le financement.

Les travaux pourraient démarrer courant 2015. En parallèle de cette restauration, une programmation décennale de remise en état du parc a également commencé, qui a débuté par l’abattage des arbres malades et va se poursuivre par de nouvelles plantations et terrassements.

Les dons sont défiscalisables à 66% de l’impôt sur le revenu (ou 75% de l’impôt sur la fortune – ISF). Pour contribuer, cliquer ici.

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