Politique | Val-de-Marne | 18/09/2015
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Abraham Johnson écarté : “Je n’ai rien vu venir”

Abraham Johnson écarté : “Je n’ai rien vu venir”

Semaine compliquée pour Abraham Johnson (PS).  Lundi 14 septembre, il s’est à la fois confronté à une explication avec le groupe Socialistes et républicains du Conseil départemental dont il est le président, et avec le député-maire PS de Créteil, Laurent Cathala, dont il est le troisième adjoint en charge de la politique de la ville, rénovation urbaine et transition énergétique.

Au sein du Conseil départemental, l’élu s’est vu demander de quitter la présidence du groupe immédiatement, puis, après discussions, après les élections régionales des 6 et 13 décembre 2015. A la mairie de Créteil, le député-maire lui a indiqué son intention de lui retirer ses délégations. Un coup de frein dans la brillante ascension de ce jeune élu de 39 ans. Un parcours qui a démarré il y a déjà 20 ans, d’abord en tant que chargé de mission au cabinet de Laurent Cathala, puis comme chef de cabinet, chargé de mission à la Mission ville  de Créteil (organisme public en charge de la cohésion sociale) et comme maire adjoint depuis 2008, considéré depuis comme son dauphin. Au sein du Conseil départemental, il a été élu en 2011 et a pris la tête du Groupe socialiste et républicain en septembre 2012, ainsi que celle de  Valophis Habitat, l’OPH du département, lorsque Jean-Jacques Bridey, maire de Fresnes, a été élu député. Outre sa carrière politique, Abraham Johnson est avocat au barreau du Val-de-Marne.

Les motifs évoqués de ce désaveu: absentéisme, manque de considération vis-à-vis des autres conseillers départementaux de son groupe, positionnement politique pas toujours clair vis-à-vis de la ligne du PS et indélicatesse financière vis-à-vis du parti à qui il n’a pas reversé le pourcentage prévu de ses indemnités d’élu (dette désormais en cours de régularisation).

“Je n’ai rien vu venir, on ne m’en a pas parlé, il y a pourtant des façons dans un parti ou dans un groupe de s’organiser pour faire les choses avec délicatesse et élégance, regrette l’intéressé. Dans cette affaire je ne fais pas de reproches. Pour moi, ce qui compte, c’est le débat d’idées. C’est vrai que j’ai une expression qui est parfois un peu singulière.” En octobre 2014, le groupe avait notamment voté avec le PCF et l’UMP un voeu contre la baisse des dotations aux collectivités. (lire article de l’époque) “C’était la position de l’ADF (Assemblée des départements de France), quand elle était présidée par Claudy Lebreton (PS)”, légitime l’élu. “On me reproche mon absentéisme mais dans le groupe, il y a des personnes qui peuvent prendre du temps car leur fonction leur permet, ce n’est pas mon cas.”

Et après ?

Quid de la suite ? “J’ai des mandats et  j’entends les honorer. La vie politique est un combat d’idées et  je reste serein. Je reste au PS plus que jamais. Au sein de la campagne de Claude Bartolone, je m’occupe du pôle justice sécurité et nous avons produit des éléments de pensée et des idées un peu neuves. C’est ce qui m’intéresse, le reste est secondaire. Je ne vis pas ce qui vient de se passer comme une sanction. Ce sont des conceptions différentes. Je ne vis pas cela mal. C’est une adversité qui doit être surmontée. Et puis c’est aussi la démocratie. On n’est pas propriétaire de ses mandats.”

Qui remplacera Abraham Johnson à la présidence du groupe au Conseil départemental ?

Voilà la question qui se pose à présent. Une chose est certaine, ce devrait être un PS. Quelques noms de femme circulent, à commencer par celui d’Isabelle Santiago. Deuxième adjointe à la mairie d’Alfortville,  où elle est élue depuis 2001, elle a été élue au Conseil départemental en 2011 et en est la 5e vice-présidente, seconde élue PS de l’exécutif départemental après Abraham Johnson.  Josette Sol a également été élue au Conseil départemental en 2011 et est 4e adjointe au maire de Créteil. Hélène de Comarmond, première adjointe au maire de Cachan, a été élue seulement en 2015 au Conseil départemental mais fait aussi partie des 3 vice-présidents PS de l’exécutif, aux côtés des deux vice-présidents du groupe Socialistes et républicains, Daniel Guérin (MRC) et Brigitte Jeanvoine (Société civile).

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