Politique locale | Accueil Val de Marne (94) Ivry-sur-Seine | 01/12/2015
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Clash sur les attentats à Ivry-sur-Seine : menaces de mort et plaintes en série

Clash sur les attentats à Ivry-sur-Seine : menaces de mort et plaintes en série

A Ivry-sur-Seine, le temps d’échange entre élus du Conseil municipal suite aux attentats, qui avait été pensé comme un moment de sérénité républicaine avant d’attaquer la séance politique, est en train de dégénérer en feuilleton judiciaire.

Pour rappel, un clash provoquant le départ des deux groupes d’opposition PS et union de la droite avait suivi la prise de parole du président du groupe CCI (Convergence Citoyenne Ivryenne), le maire-adjoint à l’enfance Atef Rhouma. Ce dernier, hostile à une réponse militaire de la France, avait déclaré que « la réponse par la guerre à Daesh n’engendrera que plus de drames. Daech n’attaque pas nos valeurs, notre culture il attaque la France parce que la France l’attaque et participe à la mort de centaines de milliers de civils« , après avoir condamné les attentats du vendredi 13 novembre. Voir article détaillé. Les élus d’opposition avaient reproché au maire PCF Philippe Bouyssou de ne pas condamner ces propos avant de claquer la porte. Suite à ce Conseil, le maire a écrit aux élus en précisant ne pas cautionner les propos d’Atef Rhouma mais l’avoir laissé s’exprimer au nom de la liberté d’expression, et a réfuté que les paroles de l’adjoint fassent l’apologie du terrorisme, prévenant qu’il étudiait le dépôt d’une plainte en diffamation contre les élus PS. Lesquels élus PS ont écrit à leur tour au maire, maintenant que les propos de son adjoint étaient susceptibles de recevoir une qualification pénale et ont fait copie des différents échanges au préfet.  Une saisie du préfet très mal prise par le maire. « Cette procédure peut mener à la révocation ou suspension du maire et de son adjoint »,  a ainsi indiqué l’avocat du maire, Jean-Louis Peru, alors que l’édile maintient que son adjoint n’a pas fait l’apologie du terrorisme.

Outre les menaces réciproques de plainte en justice entre PS et PCF, cet esclandre en Conseil municipal a donné lieu à des messages menaçants et à caractère racistes à l’encontre d’Atef Rhouma, certains visant également le maire comme ce mail se proposant et traquer et « crever » les élus.

Plaintes pour dénonciation calomnieuse contre les quatre élus PS

C’est dans ce contexte que Philippe Bouyssou a annoncé, lors d’une conférence de presse ce lundi 30 novembre, que son adjoint et lui avaient porté plainte contre les quatre élus PS (Sandrine Bernard, Thérèse Pourriot, Sigrid Baillon et Alexandre Vallat-Siriyotha) pour dénonciation calomnieuse au Tribunal de grande instance (TGI) de Créteil. « Cela suffit maintenant ! Cela prend une ampleur démesurée.  C’est typiquement le genre d’affaires qui ternit toute la classe politique« , regrette l’édile.

Plaintes contre deux auteurs de mails de menaces de mort

Les élus ont également déposé deux autres plaintes contre deux particuliers, auteurs de mails menaçants à l’encontre des deux élus, pour « injure non-publique à caractère racial » , « outrage envers une personne dépositaire de l’autorité publique » et «  menace de mort à l’encontre d’une personne investie d’un mandat électif ». Atef Rhouma, lui, est parti quelques jours hors de la ville pour échapper à la pression et aux menaces.

Protection fonctionnelle

« Maintenant, les procédures sont engagées, la suite dira qui est dans son bon droit« , conclut le maire.  Au prochain conseil municipal du 17 décembre, une délibération devrait être votée pour garantir la protection fonctionnelle d’Atef Rhouma, afin de prendre en charge les frais de justice engagés. Ce qui promet à nouveau une séance sous tension.

Du côté de l’opposition PS, on ne change pas de position. « Il n’y a rien de nouveau« , ironise Sandrine Bernard. « Le maire continue d’assumer et de soutenir son adjoint, c’est son choix. Nous, nous avons fait ce que nous estimions être de notre responsabilité. S’il ne s’agit que de maladresse, pourquoi Atef Rhouma ne s’excuse-t-il pas ? » Du côté de Régis Leclercq (UDI), président de l’union de la droite et du centre, qui avait aussi quitté le Conseil municipal, l’affaire est presque close. « Ces propos nous paraissent condamnables, on les a condamné. On a dit ce qu’on avait à dire, mais nous ne sommes pas procéduriers, il n’y aura pas de plainte, on ne veut pas aller à l’escalade. »

 

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