Décès | Orly | 22/12/2015
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Toute la gauche rend hommage à Gaston Viens, résistant et ancien maire d’Orly

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Depuis l'annonce de la disparition de Gaston Viens, les mots d'affection à son épouse Yann et les hommages à cette figure historique du département se succèdent, des élus départementaux au président de la République. Résistant communiste interné à Buchenwald pendant la seconde guerre mondiale, premier président du Conseil Général du Val-de-Marne en 1967, maire d’Orly pendant 44 ans, Gaston Viens est décédé ce lundi 21 décembre à l'âge de 91 ans.

Né à Saint-Rémy-de-Provence, Gaston Viens s’était engagé au sein des FTP en 1941 avant d’être déporté à Buchenwald. en 1943. Au comité central du PCF de 1950 à 1964, il fut élu maire d’Orly en, sur les traces de l’ancien édile François Boidron, et devint le premier  président du Conseil général du Val-de-Marne, lors de la création du département, jusqu’en 1970. Voulant réformer le PCF, il est exclus du parti en 1989 mais reste maire d’Orly, réélu de mandat en mandat. A nouveau élu en 2008, il passe le témoin à  Christine Janodet (Chauche citoyenne), alors sa premier adjointe, en 2009. Lors des municipales de 2014 toutefois, il soutient Brahim Messaci contre son ancienne adjointe. En mars 2015, lors des départementales, il soutient à nouveau Christine Janodet et son binôme Daniel Guérin.

Au-delà de la politique, l’ancien résistant venait aussi inlassablement témoigner auprès des jeunes. « C’est ma conviction politique qui m’a sauvé. Elle aurait pu me coûter la vie, mais elle m’a donné la force de me battre », répondait-il aux jeunes à l’occasion du Concours national de la résistance fin 2014, alors qu’ils lui demandaient comment il avait réussi à tenir à Buchenwald.

Ses obsèques auront lieu le mardi 29 décembre à 11 heures à Orly, Cimetière paysager, 104 avenue de la Victoire. Un hommage officiel est prévu à Orly, samedi 30 janvier 2016.

 

 

Réactions et hommages

Maire-conseillère départementale d’Orly, Christine Janodet a salué l’ancien élu, adressant ses « premières pensées » à sa  famille. « Gaston Viens, maire d’Orly de 1965 à 2009, fut également le premier Président du Conseil général du Val de Marne. Très jeune engagé au Parti communiste français, résistant et déporté à Buchenwald, il est Commandeur de la Légion d’Honneur et de l’Ordre national du Mérite », a réagi l’édile.

« Une stature morale à la fois impressionnante et chaleureuse »

Président PCF du Conseil départemental, Christian Favier a également adressé un communiqué hommage. « Pour le Val-de-Marne, c’est une des figures marquantes du département qui disparaît, un homme, un élu qui a marqué de son empreinte la vie publique pendant plus d’un demi-siècle. Gaston Viens incarnait notre banlieue, une banlieue faite d’engagements, de mélanges et d’ambitions pour le vivre-ensemble. Homme du sud avec de solides racines paysannes, résistant très jeune, déporté à Buchenwald, Gaston Viens fut toute sa vie un militant passionnément engagé à gauche. Maire d’Orly de 1965 à 2009, Président du Conseil général à la création du Département en 1967 jusqu’en 1970, Conseiller général d’Orly de 1967 à 2001, il représentait pour tous ceux qui ont eu la chance de le côtoyer une stature morale à la fois impressionnante et chaleureuse. J’ai toujours trouvé à son contact, même lorsque nous ne partagions pas le même avis, écoute, attention et vivacité d’esprit. Je sais combien Gaston était attaché à l’histoire, à la mémoire. Je sais aussi combien il était fier du travail qu’il avait accompli ici en Val-de-Marne, en faveur de la culture et du logement social notamment. Je veux, alors qu’il vient de nous quitter, rendre hommage à son action, une action qui a beaucoup compté pour notre département et sa ville d’Orly », a déclaré le sénateur communiste.

« Il a toujours préféré le combat pour ses idées aux attaches partisanes »

« Mes premières pensées vont, bien sûr, à sa famille et à ses proches. Mais aussi à tous les habitants d’Orly qu’il a profondément remodelé en 44 années de mandat de maire, la faisant passer des cités de transit héritées du département de la Seine à une ville à part entière. Déporté à Buchenwald, il n’avait eu de cesse, depuis 70 ans que de transmettre la mémoire des crimes commis par les nazis aux lus jeunes générations. Militant de gauche, il a toujours préféré le combat pour ses idées aux attaches partisanes« , a également rendu hommage Daniel Guérin, conseiller départemental MRC d’Orly-Ablon-Villeneuve-le-Roi.

« Très tôt, ses prises de positions vont lui attirer des problèmes »

« Très tôt, ses prises de positions vont lui attirer des problèmes. Son besoin de lutter contre l’injustice le conduit, alors qu’il est encore âgé de moins de vingt ans, dans les camps de l’horreur. Son destin d’homme public se forge à ce moment là. Il puisera de cette terrible expérience l’énergie qui fut la sienne durant toute sa vie. Expérience qu’il n’a eue de cesse de rappeler aux plus jeunes pour que le souvenir du pire ne soit jamais oublié. Il a été de tous les combats importants, s’est opposé, jusqu’au sein de sa famille politique, quand l’enjeu le commandait. Il a su lever un à un les obstacles placés sur son chemin, investi dans son combat par la force de ceux qui croient sincèrement en la justice, en l’égalité, en la fraternité, en la liberté, au droit de vivre dans la dignité. (…) Que dire de son engagement à nos côtés sur la liste « Agir pou Orly », lors des municipales de 2014, alors qu’il était âgé de 89 ans !  Jusqu’au bout il aura su rester engagé, jusqu’au bout il aura défendu ses convictions. C’est un esprit libre et audacieux qui nous quitte« , regrette Brahim Messaci, président du groupe Agir pour Orly au conseil municipal d’Orly.

« Le Val-de-Marne vient de perdre une grande figure de son histoire »

« Tout personnellement, j’ai en mémoire un souvenir de jeunesse émouvant d’une première rencontre avec Gaston pour rédiger les pages orlysiennes de notre journal de l’époque, « Le Travailleur ». Bien d’autres souvenirs me reviennent en mémoire, souvent complices, parfois animés de confrontations. Le Val-de-Marne vient de perdre une grande figure de son histoire. Gaston manquera au département, à Orly et aux Orlysiens. Il nous manquera« , se souvient pour sa part Pascal Savoldelli, président du groupe Front de gauche au Conseil départemental.

« Il aura été toute sa vie durant de tous les combats pour l’émancipation humaine »

« Comme militant communiste, résistant qui prit le maquis au sein des FPT, Gaston Viens fut déporté à Buchenwald et participa les armes à la main à la libération du camp, puis dans ses responsabilités électives, il aura été toute sa vie durant de tous les combats pour l’émancipation humaine. Si nos chemins se sont parfois séparés, les élu-e-s communistes et républicain-e-s du Val-de-Marne garderont en mémoire le souvenir de l’homme de convictions, de détermination et de courage qu’il aura été jusqu’à la fin de sa vie« , réagit Romain Marchand, pour l’association des maires communistes et républicains du Val-de-Marne (Adecr).

« La force de ses convictions politiques a été le moteur de tous ses combats »

« Nous souhaitons rendre hommage au résistant, qui, pendant les pages les plus sombres de notre histoire proche, n’a jamais renié son combat pour la justice et l’égalité. Cette flamme, il le disait lui-même, lui a permis de tenir face à l’horreur de la déportation puis de son internement au camp de Buchenwald. La force de ses convictions politiques a été le moteur de tous ses combats. En tant que premier président du Conseil général du Val-de-Marne et maire d’Orly, il aura œuvré à la réalisation concrète d’un projet de société au service de tous. Militant communiste de la première heure, il a toujours conservé son esprit de combat« , insiste Fabien Guillaud-Bataille, secrétaire du PCF Val-de-Marne.

« Des conseils, mais pas de modèle me disait-il avec son sourire légendaire »

« Mes pensées vont aussi aux Orlysiens auxquels Gaston Viens a consacré sa vie comme maire durant quarante quatre années. Pendant toutes ces années, il a transformé sa ville d’Orly qui est devenue une vraie ville en conservant son enracinement populaire et les valeurs de solidarité qu’on vit au quotidien en banlieue. Je connaissais sa fierté d’avoir réussi la mutation d’Orly qui était une ville avec des bidonvilles et des cités de transit en une ville moderne et pour tous puis d’avoir poursuivi cette évolution au début des années 2000 en engageant une politique de renouvellement urbain pour les quartiers populaires. Je me souviens de son invitation à Orly en juillet 1995 après sa joie de me voir élu maire du Kremlin-Bicêtre en dehors des deux grandes formations de gauche du Val-de-Marne pour me parler d’Orly et me donner des conseils, mais pas de modèle me disait-il avec son sourire légendaire. Avec la force de conviction qu’on lui connaît, il m’expliqua son projet de ville avec la réalisation de la nouvelle mairie et du centre administratif qui, en enjambant la voie ferrée, lui a permis de réunir la ville et de rendre accessible la mairie et ses services publics », se souvient Jean-Luc Laurent, député-maire MRC du Kremlin-Bicêtre.

« Gaston a été de ces Hommes qui ont œuvré afin que notre pays reste libre »

« Gaston a été de ces Hommes qui ont œuvré afin que notre pays reste libre, que notre pays respire et que chacun puisse s’enrichir de l’autre.  Gaston a suivi une voie qui l’a conduit à être toujours à l’offensive et souvent à contrarier ses amis quand il jugeait l’issue proposée inopportune ou incertaine. Gaston restera pour moi, jeune socialiste dans les années 70, engagé dans le syndicalisme comptant une majorité de militants communistes, l’Homme qui, lui aussi engagé au mouvement communiste, me soutiendra dans ma conception du syndicalisme pluraliste et qui l’exprimera ouvertement », témoigne André Deluchat, maire-adjoint de Chevilly-Larue.

« Lutter sans relâche pour la construction d’un monde nouveau de paix et de liberté »

« Le président de la République salue la mémoire de Gaston Viens, résistant et figure de notre vie politique. Gaston Viens a fait partie des déportés qui ont juré le 19 avril 1945, sur la place du camp qu’ils avaient libéré, de lutter sans relâche pour «la construction d’un monde nouveau de paix et de liberté». Après la guerre, il a continué de se battre pour son idéal. Il fut pendant plus de 40 ans, maire d’Orly. Il a profondément transformé sa ville et ses quartiers. Le Président de la République présente ses condoléances à sa famille et à ses proches, ainsi qu’aux Orlysiens que cet homme généreux et humaniste a servis toute sa vie avec passion et dévouement », indique le communiqué de la présidence de la République.

« Une action remarquable et visionnaire à Orly »

« Homme de convictions, il aura été de tous les combats pour une plus grande justice sociale. Gaston Viens a mené une action remarquable et visionnaire à Orly, œuvrant sans relâche au développement urbain de la commune, ainsi qu’à la rénovation des quartiers les plus défavorisés. Il n’a eu de cesse, au cours de ses différents mandats, de transformer la ville en encourageant un véritable développement social et culturel », a encore salué Laurent Cathala, député-maire PS de Créteil.

« Parmi les premiers adhérents de la section LDH d’Orly-Choisy-Thiais »

« Maire d’Orly,  il figure parmi les premiers adhérents de la section LDH d’Orly-Choisy-Thiais créée en avril 1995. Notre section locale s’était constituée notamment en rejet de la politique du bouc émissaire qui désignait l’étranger comme la cause de tous les maux. C’étaient les lois Pasqua de sinistre mémoire qui ont enclenché un processus de régression du droit des étrangers sans autre résultat que celui d’encourager l’extrême droite. La lutte contre le racisme et la xénophobie est au cœur des combats de Gaston Viens qui pendant ses 44 années de mandat s’est attaché à porter son projet : “ Créer la Ville”. Il aimait à rappeler qu’il créait la ville avec tous les Orlysiens quelle que soit leur origine ou celle de leurs parents. (…) Notre section a gardé avec Gaston (tous les gens le connaissant l’appelait ainsi) pendant ses mandats de maire d’Orly des relations franches et amicales mais toujours exigeantes. (…) Très jeune il s’est engagé à l’âge de 16 ans dans la résistance contre le nazisme en agissant contre le STO (service du travail obligatoire en Allemagne). C’est sur dénonciation qu’il a été arrêté par la gendarmerie française à l’âge de 18 ans, il interné à saint Sulpice avant d’être déporté à Buchenwald à l’orée de ses 20 ans. S’il est resté vivant c’est grâce à la lutte de la Résistance et au sacrifice de ses camarades. Toute sa vie Gaston n’a cessé de témoigner dans les établissements scolaires, bien que ce travail de mémoire lui soit très douloureux. Militant de la Fondation pour la mémoire de la déportation il continuait de manière inlassable à agir aux côtés de Yann sa femme en utilisant les armes de la connaissance et de la mémoire contre la montée de d’extrême droite« , a déclaré la section locale de la LDH en présentant ses condoléances à la famille, en invitant à  consulter deux de ses témoignage recueillis par l’équipe de Canopé de l’académie de Créteil dans le cadre du concours national de la Résistance et de la Déportation sur les liens :
http://www.cndp.fr/crdp-creteil/resistance/595:cnrd-2012-rencontre-41
https://www.reseau-canope.fr/cnrd/video/5913/5808%22

« Ne disait-il pas « Choisy est la banlieue d’Orly », en signe de fraternité ! « 

 » Depuis de nombreuses années, il incarnait ces élus ouverts et fidèles à leur mandat. Aux côtés des anciens maires de Choisy Fernand Dupuy, de Louis Luc, Gaston s’est attaché à donner vie à notre territoire, et s’est battu sans cesse pour ses populations. Et, pour cela, il accepta aussi d’être le suppléant de Fernand Dupuy, puis de Charles Fiterman. Lors de mandats successifs, je l’ai toujours trouvé à mes côtés, et j’ai apprécié son aide chaleureuse et ses conseils amicaux. Grâce à lui, nos deux villes de Choisy et d’Orly ont marché de concert. Ne disait-il pas « Choisy est la banlieue d’Orly », en signe de fraternité ! Et puis il y avait plus entre nous : la Déportation. Lui parce qu’il fut ce résistant et ce jeune déporté à Buchenwald, et moi, cet enfant de parents exterminés à Auschwitz.  Avec Gaston Viens, je devais coprésider l’association du Val-de-Marne des amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation. Avec lui au cœur, nous avons donc un grand exemple et des combats à poursuivre », a témoigné Daniel Davisse, ancien maire PCF de Choisy-le-Roi.

« Gaston Viens a combattu la barbarie nazie avec un courage exemplaire »

« Gaston Viens aura été toute sa vie un homme d’action et de conviction. Résistant à 17 ans, arrêté puis déporté à Buchenwald, Gaston Viens a combattu la barbarie nazie avec un courage exemplaire. Homme d’action apprécié et aimé de ses concitoyens, qui l’ont élu sept fois maire d’Orly, premier président du nouveau département du Val-de Marne, il laissera une trace profonde dans la mémoire collective val-de-marnaise par ses grandes qualités humaines et civiques », a rendu hommage Roger-Gérard Schwartzenberg, député PRG du Val-de-Marne.

« Ardent défenseur de notre idéal républicain »

« Gaston Viens était un homme de convictions. Ardent défenseur de notre idéal républicain, il rejoignit les rangs de la résistance durant la seconde guerre mondiale pour lutter contre les Nazis, avant d’être capturé et envoyé en déportation. Maire d’Orly durant quarante-quatre ans et 1er président du conseil général du Val-de-Marne, il n’eut de cesse de faire vivre en actes les valeurs de progrès social et de solidarité qui étaient au cœur de son engament politique », rend hommage Jean-Marc Nicolle, premier secrétaire départemental du MRC 94.

« Il imposait à ses adversaires respect et considération »

« Militant communiste historique, sa vie a été portée par sa fidélité aux valeurs de la gauche communiste et par sa vie de militant pour la justice sociale. Maire d’Orly de 1965 à 2009, il fut le premier Président du Conseil général en 1967 à la création de notre Département. Il fut suivi dans cette fonction par Roland Nungesser, maire de Nogent sur Marne
Homme attachant, courageux, déterminé durant toute sa vie, dans ses engagements et ses convictions, qu’il a mise, au service de ses concitoyens. Il imposait à ses adversaires respect et considération », rappelle Jacques JP Martin, maire LR de Nogent-sur-Marne.

 

Les mots ont aussi afflué sur Twitter, avec parfois quelques piqûres de rappel, comme le tweet d’Olivier Biffaud, journaliste au Monde, qui a posté l’article qu’il avait rédigé au moment de son exclusion du PCF par la section locale d’Orly…

Maire-adjoint PCF à Fontenay-sous-Bois, Loïc Damiani a choisi pour sa part de partager une vidéo d’archive du Conseil départemental évoquant le parcours de cette figure politique.

 

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