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Gouvernance | Grand Paris | 15/01/2015
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Grand Paris : les quatre mousquetaires de Seine Amont défendent leur territoire

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Francoise BaudEn colère, les quatre communes PCF de la Communauté d’agglomération Seine Amont (Casa), composée des trois membres fondateurs (Vitry-sur-Seine, Ivry-sur-Seine et Choisy-le-Roi) et de la nouvelle entrante, Valenton, qui a délibéré en ce sens fin juin, sont bien décidées à ne pas lâcher l’affaire alors que la préfecture n'a pas pris d'arrêté actant de leur union.

Après avoir déposé un recours en décembre pour demander la publication de cet arrêté, elles organisaient une conférence de presse ce mercredi 14 janvier et s’annoncent prêtes à mobiliser leur population.

Réserve du préfet

En novembre 2014, les villes avaient déjà demandé au préfet de réunir la  Commission départementale  de coopération intercommunale (CDCI) afin qu’elle se prononce sur  l’adhésion de Valenton. Ce à quoi le préfet du Val de Marne avait répondu que  » les projets d’extension d’un établissement public de coopération intercommunale sur le fondement du droit commun de l’intercommunalité ne requièrent pas l’avis de la CDCI », et qu »en outre, « alors que les travaux de la mission de préfiguration de la Métropole du Grand Paris se poursuivent et que se dessinent les futures évolutions territoriales, l’extension du périmètre de la communauté d’agglomération Seine Amont ne saurait être rationnellement envisagée hors de ces réflexions en cours ».

Pour Valenton, l’intégration à la Casa est stratégique car la commune veut rejoindre le Conseil de territoire comprenant la Seine Amont et non celui de Plaine centrale comme l’invite pour l’instant à réfléchir la préfecture. Le schéma de réflexion actuellement en vogue propose en effet de regrouper la moitié val de marnaise de la Vallée de la Bièvre avec la Seine Amont en s’arrêtant à la Seine pour constituer un premier territoire, de Bièvre en Seine, et de regrouper Villeneuve-Saint-Georges et Valenton avec Plaine Centrale, ce que les maires PCF des deux communes refusent. Rejoindre la Casa permettrait à Valenton de rester avec les communes de Seine Amont en raison du caractère insécable des intercommunalités dans la future métropole.

Vingt ans d’histoire

«Le projet d’intégration à la communauté d’agglomération Seine Amont n’a pas été imaginé hier. Nous le préparons depuis des années mais avons attendu les élections municipales de mars 2014 pour y associer pleinement les habitants durant la campagne. Il figurait noir sur blanc sur ma profession de foi et j’ai été largement réélue avec 57% des voix, défend Françoise Baud, maire PCF de Valenton. Je sais que je fais un procès d’intention mais je suis convaincue que si j’avais demandé à rejoindre Plaine Centrale, l’arrêté aurait été publié depuis longtemps.»

Francoise Baud

Françoise Baud, maire de Valenton : « Si j’avais demandé à rejoindre Plaine Centrale, l’arrêté aurait été publié depuis longtemps »

 

 

«Ne pas reconnaître ce processus revient à refuser le principe de libre administration des collectivités locales ainsi que celui de la loi Maptam (sur la création des métropoles) qui entend favoriser le développement de l’intercommunalité en première couronne, insiste Jean-Claude Kennedy, premier vice-président de la Casa et premier adjoint au maire à Vitry-sur-Seine. C’est d’autant plus incompréhensible que le territoire de Seine Amont est inscrit dans le Sdrif (Schéma directeur de la région) et reconnu dans deux Contrats de développement territorial (CDT, contrats signés entre collectivités locales et Etat pour accompagner en logement et développement urbain les futures gares du Grand Paris Express), celui des Grandes Ardoines et celui du Grand Orly

Ne pas reconnaître ce processus revient à refuser le principe de libre administration des collectivités locales

Jean-Claude Kennedy, 1er vice-président de la Casa ; « Ne pas reconnaître ce processus revient à refuser le principe de libre administration des collectivités locales »

«Lorsque nous avons commencé à réclamer la connaissance de notre territoire, le préfet Duport (Jean-Pierre Duport, préfet de Paris et région parisienne de 1998 à 2002) nous a dit de commencer par développer des projets en commun pour le faire exister. C’est ce que nous avons fait, et c’est grâce à ce travail que le secteur a fait l’objet d’une OIN (Opération d’intérêt national), portée en 2007 par l’établissement public d’aménagement Orly Seine Amont (ndlr : EPA –ORSA, secteur de projet qui compte 12 communes* d’Ivry-Alfortville à Orly)», ajoute Michel Leprêtre, vice-président de la Casa.

Parmi les projets travaillés en commun, les élus citent l’arrivée des gares du Grand Paris Express, le TZen, Le T9, la reconquête de la vallée de la Seine, la réflexion sur l’arrivée d’un port à Vitry pour accueillir des marchandises et accompagner les gros chantiers à venir, les problématiques de l’eau, l’avenir de Villeneuve Triage…

Logique territoriale et consensus politique

Dans le grand jeu de Légo du découpage territorial, ce n’est toutefois pas la première fois que l’on enjoint Valenton à rester sur son côté de la Seine. «Déjà en 2010, le préfet nous avait demandé de réfléchir à une union avec Plaine Centrale. Mais nous n’avons aucun projet en commun en dehors du téléphérique, même si les habitants de Valenton vont faire leurs courses à Créteil. On ne commence pas par se marier avant de se demander ce que l’on va faire ensemble ! refuse Françoise Baud. La frontière géographique de la Seine ne tient pas non plus. Pour nous, le fleuve n’est pas un obstacle mais un atout.»

«Ce refus est inquiétant et incompréhensible. Qui est légitime pour décider de la logique territoriale? Le préfet ou les élus? Qu’est-ce que cela veut dire pour demain et la construction de la métropole ? », interroge Didier Guillaume, maire de Choisy-le-Roi. «Compter sur Valenton pour faire une majorité politique à Plaine centrale n’est pas un bon calcul», prévient Françoise Baud.

 Qui est légitime pour décider de la logique territoriale? Le préfet ou les élus?

Didier Guillaume, maire de Choisy-le-Roi  « Qui est légitime pour décider de la logique territoriale? Le préfet ou les élus? »

Ulcérés par la non reconnaissance de leur intercommunalité, les élus des quatre communes défendent dans le même temps la création d’un Conseil de territoire Seine Amont dans le cadre de la métropole, comme l’avait proposé aux élus concernés Pierre Gosnat, maire d’Ivry et président de la Casa, dès juin 2014. Ce territoire comprendrait les communes* de l’EPA ORSA moins Alfortville qui fait déjà partie de la communauté d’agglomération Plaine Centrale avec Créteil et Limeil-Brévannes, soit au total 11 communes et une population de 330 000 habitants.

Seine Amont territoire

Carte réalisée avec l’outil de simulation de territoires de l’Apur

Et le Val de Bièvre ?

Les élus de la Casa ne veulent pas en revanche se marier avec le Val de Bièvre pour constituer un territoire de Bièvre en Seine, qu’ils considèrent comme trop grand (540 000 habitants). Dans cette carte, il convient aussi de prendre en considération les communes de l’Essonne qui frappent à la porte de la métropole dans le cadre du Grand Orly. Le problème est que la communauté d’agglomération du Val de Bièvre (CAVB), qui ambitionnait de s’unir avec ses voisines du 92 pour constituer un Conseil de territoire de la Vallée scientifique de la Bièvre, dans la suite logique du Schéma de développement territorial couvrant ce territoire, s’est faite éconduire par ces dernières. Et toute seule, la CAVB et ses 200 000 habitants ne peut constituer un conseil de territoire (minimum 300 000 habitants). Si la Seine Amont n’en veut pas non plus, elle se retrouve donc dans l’impasse.

Et le Grand Orly ?

Christian Hervy Maire Chevilly Larue«J’ai beaucoup de sympathie pour le territoire de l’Epa Orsa mais on ne peut pas ignorer ce qui se passe autour de nous», commente Christian Hervy, ex-maire de Chevilly-Larue et président de l’association du Grand Orly. Fervent défenseur d’un Conseil de territoire propre au Grand Orly, territoire qui recouvre partiellement celui de l’EPA–ORSA, ce dernier a depuis composé avec les problématiques de ses communes membres à condition de préserver les objectifs essentiels de l’association, à savoir le développement économique du territoire et son potentiel d’emploi, l’amélioration des déplacements (collectifs, routier, marchandise) actuellement coupés par l’aéroport et la mise en place d’une gouvernance aéroportuaire capable de traiter des questions cruciales d’accès, développement, nuisances… . «Ces trois sujets justifient que d’une manière ou d’autre le territoire d’Orly soit pris en considération. Le premier acte est la signature du CDIT (Contrat de développement d’intérêt territorial) et il ne faudrait pas que des acteurs de Seine Amont considèrent qu’il faille faire obstacle à un tel contrat, prévient l’élu. Que cela ne se traduise pas par le Conseil de territoire dont nous avions rêvé n’est pas forcément dramatique.»

«Pourquoi devrait-on se résoudre à ce que la Vallée de la Bièvre soit coupée en deux? Est-ce aux Hauts de Seine d’en décider? Le débat n’est pas clos», défend pour sa part Didier Guillaume.

Deux réunions doivent se tenir sous la présidence du préfet du Val de Marne la semaine prochaine : une première le 20 janvier avec les communes de l’Ouest du département (Val de Bièvre et Seine Amont), une seconde le 23 avec celles de l’Est du département (Plaine Centrale, Haut Val de Marne, Plateau briard…). Valenton et Villeneuve-Saint-Georges participeront aux deux.

* Les 12 communes de l’EPA ORSA sont :
Ablon-sur-Seine
Alfortville (qui fait partie de la CA Plaine Centrale et n’est pas concernée par un projet de Conseil de territoire Seine Amont)
Chevilly-Larue
Choisy-le-Roi
Ivry-sur-Seine
Orly
Rungis
Thiais
Valenton
Villeneuve-le-Roi
Villeneuve-Saint-Georges
Vitry-sur-Seine

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