Politique locale | Villejuif | 03/11/2015
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La candidature LR de Franck Le Bohellec aux régionales ébranle la majorité plurielle à Villejuif

Au sein de la majorité municipale de Villejuif, constituée de l’union inédite entre des élus LR, UDI, EELV et divers gauche, rassemblés au second tour des municipales de 2014 au nom de l’Union citoyenne pour enlever la ville au PCF, la candidature de Franck Le Bohellec, maire LR  de la ville, aux régionales Ile-de-France, ne passe pas. Dans une déclaration commune, le groupe écologiste Avenir à Villejuif et le groupe divers gauche Villejuif notre ville,  viennent de demander à l’édile de se mettre en retrait de sa fonction de maire.

Sur la forme d’abord, les élus  sont agacés d’avoir « découvert cette candidature dans la presse » (voir liste détaillée) sans que le sujet ait été évoqué avant, alors que la participation d’un des membres de l’alliance à une autre élection avait jusqu’alors été écartée par accord mutuel lors des précédentes échéances.  En 9e position de la liste LR-UDI-Modem, Franck Le Bohellec serait sûr d’être élu en cas de victoire de la droite. Pour le groupe de Nathalie Gandais comme celui de Philippe Vidal, c’est « contraire à ses engagements initiaux de se consacrer uniquement à la bonne gestion de la ville et contraire à l’engagement commun des membres de l’exécutif municipal (maires adjoints) de ne pas être candidats aux diverses échéances électorales. »

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Bohellec Gandais Harel Vidal Union 2 (2)Pour rappel, quatre listes de premier tour s’étaient unies au second tour des élections municipales de mars 2014, celles Franck Le Bohellec (UMP, 17,15%) de Jean-François Harel (UDI,15,82%), de Natalie Gandais (EELV,10,42%) et de Philippe Vidal (divers gauche soutenue par le Rassemblement citoyen, 10,64%) pour battre la maire sortante PCF Claudine Cordillot, soutenue par le FG et le PS, qui avait réalisé 32,73%. Depuis, Jean-François Harel a été écarté de l’exécutif municipal en raison de dissensions, mais l’UDI est restée partenaire de l’alliance majoritaire.

Sur le fond, c’est la mise en avant du parti LR par rapport aux autres composantes de la majorité qui dérange ses partenaires. »La pérennité de cette majorité réside dans des objectifs et des valeurs partagées transcendants ces partis : volonté de rompre avec des pratiques locales dénoncées, démocratie et humanisme, aspirations à un meilleur respect de la déontologie politique, base programmatique commune. Elle est également conditionnée à la capacité du maire à être rassembleur et garant apartisan du respect de chacune de ces composantes de l’Union Citoyenne. Par conséquent, l’engagement nominatif du maire sur la liste d’union de la droite aux élections régionales met fin à la neutralité symbolique échéant à cette mission. Notre confiance dans la capacité du maire à assurer sa fonction de manière « apartisane » se trouve désormais fortement fragilisée« , poursuivent les élus.

A noter que lors des élections départementales, l’Union citoyenne n’avait pas présenté de candidat. Alain Lipietz, membre de la majorité municipale, mais pas de son exécutif, et vice-président de la Communauté d’agglomération du Val de Bièvre, avait fait campagne avec Alice Stagnetto-Onana dans le cadre d’une candidature EELV. Il avait alors obtenu l’investiture écologiste avec la promesse d’ appeler à voter à gauche au second tour. Pour rappel, les élections départementales de mars 2015 ont été remportées par le binôme PCF Pierre Garzon – Flore Münck dans le canton de Villejuif.

Les groupes de Nathalie Gandais et Philippe Vidal dénoncent également le principe du cumul des mandats. « Le maire, premier magistrat et tête de l’exécutif local est doté d’une visibilité sans égal parmi les membres du Conseil municipal. Il reste, qu’il le souhaite ou non, astreint à un devoir d’exemplarité et son comportement engage les élus de la majorité qui l’ont investi. Le cumul des mandats est aujourd’hui clairement identifié comme un des motifs de discrédit de la fonction politique avec les conséquences que cela emporte en termes de votes extrêmes et d’abstention électorale. A ce cumul des mandats et fonctions s’ajoute le cumul des indemnités afférentes. L’adhésion aux valeurs du service public et la poursuite de finalités d’intérêt général sont incompatibles avec l’intéressement personnel lorsque les revenus cumulés des fonctions représentent une somme approchant les 7 000€. Les journées n’ayant que 24 heures, dans cette multitude de mandats, le temps passé et l’investissement ne représentent pas une justification suffisante à de telles indemnités. Force est de constater que la multiplication des engagements électifs se traduit par un désinvestissement sur chacune des fonctions rémunérées. La capacité du maire à représenter et défendre les intérêts des Villejuifois s’amenuise donc à mesure que ces mandats s’empilent. La restriction de la dépense municipale, les inquiétudes que nous entendons en provenance des services administratifs quant au manque de moyens et les efforts demandés à certains administrés qui verront leur fiscalité locale s’accroître en 2016 doivent se traduire aux yeux du grand public par un effort financier partagé; y compris par le maire. »

En colère, les partenaires de Franck Le Bohellec en tirent les conséquences concernant la participation du maire à d’autres instances liées à aux fonctions électives municipales, à commencer par la représentation de la ville au sein du futur Conseil métropolitain et du futur Conseil de territoire de la Métropole du Grand Paris. En conclusion de leur déclaration, les membres de l’exécutif réclament au maire de se mettre en retrait de sa fonction de maire le temps de la campagne et d’annoncer  lequel de ses deux mandats il conserverait en cas de succès électoral. « Faute de quoi, nous ne soutiendrons pas sa candidature à la Métropole du Grand Paris lors du prochain Conseil Municipal« , préviennent-ils.

Au-delà des régionales, se cache une autre élection qui divise la majorité municipale de Villejuif : celle des futurs conseillers territoriaux qui doit se tenir en décembre. Voir article détaillé.

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