Education | Accueil Val de Marne (94) Val de Marne | 04/02/2015
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Les enseignants du 94 ont manifesté leur malaise à Paris

Les enseignants du 94 ont manifesté leur malaise à Paris
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manif-enseignant-février-2015-rang-clairseméRythmes scolaires, réintégration en REP, effectifs.. les motifs de mécontentement qui ont mobilisé les enseignants du Val de Marne présents à la manifestation parisienne de ce mardi 4 février, initiée par la FSU et soutenue localement par Sud Education et la CGT, sont multiples. 

« Depuis que l’établissement n’est plus classé en « zone-violences », nous disposons des mêmes moyens que le lycée Marcelin Berthelot de Saint-Maur… qui est loin de vivre les mêmes réalités que nous ou quotidien« ,  explique un prof du lycée professionnel Edouard Branly, à Créteil. « Les difficultés se cumulent, entre les élèves non-francophones à qui on doit parler Anglais et les réductions du nombre d’heures dédiées à ces élèves qui ont plus de besoins que les autres » regrette un enseignant de Rosa Parks, Gentilly, « où les classes comptent en moyenne 25 élèves contre 21/22 il y a deux ans« .

Chaque établissement a ses propres problématiques. Pierre Laperche, prof d’EPS au collège Léon Blum d’Alfortville, regrette de ne pas pouvoir enseigner le « savoir-nager » correctement aux 6e, comme le prévoit la réglementation. « Nous sommes deux professeurs pour encadrer 50 élèves dans le bassin. Des élèves au niveau très différents : certains ne savent absolument pas nager. Avec un professeur de plus, nous pourrions faire des groupes adaptés aux aptitudes de chacun » glisse-t-il. A Villiers-sur-Marne encore, plusieurs enseignants des écoles Charles Péguy, Théophile Gautier (maternelles), et Albert Camus et Léon Dauer (élémentaires) manifestent pour rester en REP alors que le collège Prunais a été sorti de la liste.

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Mobilisation particulière à Ivry-sur-Seine

De nombreuses assemblées générales inter-écoles se sont tenues dans la matinée dans le département, en amont de la manifestation. A Ivry, des représentants du collège Romain Rolland (qui font grève un jour par semaine depuis décembre et comptent prolonger l’action jusqu’aux vacances d’été) ont joué le rôle de moteur auprès de leurs collègues des écoles Dulcie September, l’Orme au Chat et des collèges Molière et Henri Wallon. Plusieurs idées ont fusé dans la perspective de créer un mouvement Ivryen commun : créer une plateforme qui regrouperait toutes les revendications, organiser des mobilisations communes, notamment le jour de grève du collège Romain Rolland.

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« Notre métier est très dévalué« , confie une enseignante, depuis 13 ans en poste à l’école Dulcie September. « Les remplaçants, dont l’aide serait bienvenue, sont mal formés et payés quasiment autant que les enseignants chevronnés« , regrette-t-elle. La formation est au cœur des débats. « Ce sont avant tout les élèves qui en pâtissent« , explique-t-on en réclamant une formation plus appropriée. « Il ne suffit pas d’avoir fait deux ans d’histoire pour pouvoir l’enseigner à des collégiens« , insiste un représentant du syndicat FSU plus tard dans le cortège.

Les enseignants d’Ivry-sur-Seine se sont mis d’accord sur une première action commune : une manifestation, prévue le samedi 7 mars, la semaine de la reprise des cours en zone C. Les différents cortèges devraient partir chacun de leurs établissements respectifs avant de se retrouver sur le parvis de la mairie. « C’est un combat de longue haleine… » qui est prévu.

Vitry-sur-Seine manifeste contre le rythmes scolaires

A Vitry-sur-Seine, enseignants, instituteurs et agents territoriaux, étaient une quarantaine à manifester dès le matin sur  le parvis de la mairie, pour protester spécifiquement sur le sujet de la réforme des rythmes scolaires, dénonçant la fatigue des enseignants et des enfants, l’augmentation du taux d’absentéisme et le départ d’élève en écoles privées.  « Depuis le début de l’année je n’ai eu ma classe au complet que deux jours et, les mercredis, les enfants ne sont pas souvent là car les parents programment des rendez-vous », témoigne une enseignante. « On a de plus en plus d’élève qui partent dans le privé à cause de la réforme, j’en ai déjà deux dans ma classe qui sont partis« , poursuit une autre.

« La coupure du mercredi était nécessaire, le métier d’enseignant est éprouvant et demande une énergie folle car nous avons beaucoup d’enfants à charge. Je me sens méprisée car nous ne sommes pas entendus et considérés, on ne nous demande pas à nous, enseignants, ce qui ne va pas, tout passe par les médias », constate une enseignante de maternelle. Les enseignants considèrent également comme insuffisante la formation des animateurs pendant les activités. «  Il y a même parfois de gros problèmes d’expression. Certains animateurs ne parlent pas correctement et crient sur les enfants« , note une enseignante.IMG_2472

Propos recueillis par Florian de Paola et Elisa Ponceau.

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