Initiative | Val-de-Marne | 03/12/2015
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Lutte contre les violences faites aux femmes : les acteurs du Val-de-Marne témoignent

Lutte contre les violences faites aux femmes : les acteurs du Val-de-Marne témoignent © kmiragaya

Comment aider les femmes victimes de violences ? Dans le Val-de-Marne, un réseau d’acteurs, administratifs comme associatifs, se relaient au quotidien. Retour sur deux initiatives qui les ont mis en lumière à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes du 25 novembre 2015.

A Champigny-sur-Marne, la Maison de la Justice et du Droit (MDJ), qui a pris en charge une centaine de femmes victimes en 2014,  organisait une journée de rencontre pour consolider son réseau d’acteurs locaux. “Il faut se battre constamment pour aller au bout des dossiers“, témoigne Joëlle, avocate spécialiste de la question des violences conjugales.  Devant Blandine Gauthier, psychologue à mi-temps pour l’association campinoise Point Ecoute, ils témoignent de la difficulté à accompagner des femmes victimes de violences et qui sortent difficilement de l’emprise de l’auteur des faits. “En moyenne, elles font 7 aller-retour entre le « domicile » et les différentes structures qui les accompagnent. A chaque fois, il y a le risque qu’elles ne reviennent pas“, explique Laurence Guillot, à la direction de l’action sociale du Conseil départemental du Val-de-Marne. “On est là pour s’adapter au rythme de chaque personne, même si cela est frustrant, pointe Blandine Gauthier. Le processus prend parfois plusieurs années mais il n’y a aucune limite de temps pour la prise en charge psychologique de ces problématiques par Point Ecoute.” Vient ensuite le temps de la justice.  “On intervient à chaque stade des procédures : on peut même aller jusqu’à accompagner la victime jusqu’au commissariat pour déposer une plainte, ou l’assister pendant une audience correctionnelle, détaille Lucie-Anne, juriste au bureau d’aide aux victimes du tribunal de grande instance (TGI) de Créteil. Il y a souvent la peur d’un système qu’elles ne maîtrisent pas et qui pourraient se retourner contre elles“, constate-t-elle. “Ce n’est pas évident de se tenir debout face à un auteur qui nie tout en bloc“, insiste une membre de l’association Tremplin 94 . Chaque année, ce bureau d’aide aux victimes du TGI accueille 2500 personnes, dont 25% pour des conséquences de violences conjugales.

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A Créteil, c’est la préfecture qui accueillait deux journées de formation aux associations spécifiquement sur la thématique des femmes migrantes. Entre mariages forcés, mutilations sexuelles, esclavage domestique ou encore réseaux sectaires de prostitution, leur parcours en France revêt parfois de douloureuses réalités. Des violences psychologiques, physiques, sociales qui empêchent l’intégration à la société française et l’accès à l’indépendance et à l’autonomie.  Parmi les problèmes exposés : la difficulté pour les femmes de composer avec des cultures qui s’entrechoquent. “La communauté aide à l’intégration et c’est important de garder un lien avec elle. Les travailleurs sociaux doivent aussi s’appuyer dessus pour accompagner les femmes victimes vers l’autonomie, explique Aïssata Ba, anthropologue et experte en démarche interculturelle, intervenant  pour l’Agence de développement des relations Interculturelles pour la Citoyenneté (ADRIC). Mais les étaux communautaires, appliqués le plus souvent avec bonne foi, posent problème.”  Ainsi des personnes ayant quitté leurs pays à la fin des années 1960 et qui tentent de transmettre à leurs enfants des valeurs locales, qui n’existent plus en 2015, se retrouvent-elles dans l’impasse. “Internet est maintenant dans le village le plus reculé du monde : la mondialisation est en marche“, note l’anthropologue. “Je viens chercher des solutions car je suis très souvent confrontée à des femmes migrantes victimes de violences. Elles ont beaucoup de peurs et de craintes et tout cela crée des freins”, explique Nathalie Argentin, assistante sociale à l’Espace des solidarités (EDS) des Hauts de Champigny. “Par exemple, leur situation souvent irrégulière leur font redouter le dépôt d’une plainte pour violence. Il faut expliquer qu’elles ont le droit de déposer une plainte, même en tant que migrante“, détaille Alexiane Bouharda-Caramelle, psychologue au centre communal d’action sociale Petite Enface (CCAS) de Créteil.  “Aujourd’hui, on a pu mettre des visages sur des noms qu’on a souvent au téléphone, et échanger directement sur des sujets précis entre structures“, se réjouit Isaulina Ferreira Da Costa, également assistante sociale à l’EDS des Hauts de Champigny.

L’enjeu n’est pas vain. “2 des 118 femmes mortes en 2014 sous les coups de leur conjoint habitaient le département”, a rappelé le préfet Thierry Leleu au début de la journée.  Le Val-de-Marne, 1o ème  département plus peuplé de France, est le 5ème qui reçoit le plus d’appels au 39 19, numéro national pour les femmes victimes de violences.

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