Entreprises | Accueil Val de Marne (94) Mandres-les-Roses | 20/02/2015
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Philippe Dreyfus, 90 ans et toujours horticulteur à Mandres-les-Roses

Philippe Dreyfus, 90 ans et toujours horticulteur à Mandres-les-Roses
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Philippe Dreyfus« Depuis 1950, Mandres-les-Roses a bien changé ! » lance Philippe Dreyfus. A bientôt 90 ans, Philippe Dreyfus travaille toujours dans sa jardinerie, Parcofleurs, proche du centre-ville.

Parisien pur jus, Philippe a trouvé sa vocation dès l’âge de huit ans, en vacances dans le midi. « On allait chez une famille d’amis qui possédait quelques serres. Je suis rentré dans l’une d’elles : c’était magique, j’ai tout de suite compris que je deviendrai horticulteur!« , se souvient-il. Des souvenirs de vacances qui lui permettront de tenir le moral pendant la seconde guerre mondiale. Son père est déporté, ses frères emmenés à la campagne, lui participe à la libération de l’Alsace, avant de faire l’Indochine où il passe deux ans.

En 1950, il cherche un terrain où s’installer, et tombe au hasard sur un lot à Mandres. « A l’époque, dans un rayon de 3-4 km, il y avait au moins 35 hectares de serres de rosiéristes« , se rappelle-t-il. Mais très vite, le monde change et l’explosion de la demande provoque l’arrivée de nouveaux acteurs. « Les Hollandais travaillaient brillamment. Après leur arrivée, je suis allé visiter leurs champs en Belgique et aux Pays-Bas. Je me suis dis : on n’a plus le choix, c’est comme ça qu’il faut faire! » . Impliqué, Philippe Dreyfus monte une coopérative de producteurs locaux, « pour signer des contrats avec les Américains » . Mais la mayonnaise ne prend pas, « tous ne jouent pas le jeu », regrette l’horticulteur.

Philippe-Dreyfus-Parcofleur-Mandres

 

 

Parallèlement, la métropole parisienne s’étend et se diversifie. La création de grandes zones pavillonnaires en banlieue éloignée de Paris dans les années 70 provoque l’arrivée de nouveaux habitants. D’un hameau d’horticulteurs, Mandres devient un petit village résidentiel. Et alors que la ville a changé d’appellation de Mandres à Mandres-les-Roses en 1957, les maisons remplacent progressivement les champs de roses. Aujourd’hui, moins d’une dizaine d’horticulteurs sont encore installés dans la commune qui compte quelques 5 000 habitants.

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Les affaires ne vont pas fort. Très au fait de l’actualité et des soubresauts de l’économie, car « c’est impensable de tenir une affaire sans être au courant de ce qui se passe! » Philippe sait que la crise oblige les gens à faire des choix. « Mais on a toujours besoin d’une fleur pour offrir, d’une plante », se rassure-t-il. « Tout ce qu’ils veulent, je leur fournirai! » Aujourd’hui, il maintient encore une petite production locale de roses et s’approvisionne également à Rungis ou directement chez d’autres producteurs. Présent de 9h à 19h, 7 jours sur 7 et toute l’année, Philippe reçoit souvent la visite d’élus ou de promoteurs immobiliers. « Mon terrain, c’est toute ma vie. Tant que je suis vivant, il ne sera jamais vendu! »

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