Culture | Val-de-Marne | 17/03/2015
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Politique culturelle en Val de Marne : positions du PCF et de l’UMP

Politique culturelle en Val de Marne : positions du PCF et de l’UMP

macvalLa politique culturelle du Val de Marne, qui représente 13,6 millions € de fonctionnement et 4,7 millions € d’investissement sur un budget total d’1,67 milliard d’euros, cristallise toujours le débat quant à la bonne utilisation des deniers publics. Retour sur la question avec Evelyne Rabardel, vice-présidente PCF en charge de la culture au Conseil général, et Olivier Capitanio, président du groupe d’opposition UMP et apparentés.

Le Mac/Val en question

Pour rappel des chiffres, le musée d’art contemporain du Val de marne représente dans le budget 2015 des dépenses de 3,3 millions € de fonctionnement dont 1,8 million € pour l’entretien, la maintenance  et  la sécurité du bâtiment. Les crédits d’ investissement, essentiellement consacrés aux acquisitions  d’oeuvres  (430 000 €),  ont été budgétés à  670 000 €. Il accueille en moyenne 70 000 visiteurs par an (700 000 sur 10 ans) dont 51% de moins de 30 ans.

Olivier Capitanio« Le Mac Val existe depuis bientôt dix ans et il est bien identifié, il ne s’agit pas de le remettre en question, assure Olivier Capitanio. Sa création a coûté plus cher que prévu mais cela est derrière nous. Nous sommes en revanche réservés sur le budget d’acquisition annuel d’oeuvres. Si l’on fait l’addition de 2005 à 2014, cela représente 5 millions €. Nous souhaiterions développer une politique plus active d’échange avec d’autres musées dont les réserves sont peu exposées, et réfléchir au financement des acquisitions en allant chercher des mécènes », détaille l’élu.  « La politique culturelle du Conseil général, créée dès 1982 dans le Val de Marne, s’est toujours appuyée sur les deux piliers que sont le soutien à la liberté de création des artistes et la diffusion de la culture auprès de la population« , répond-on au sein du service culturel du département. Pour aider les artistes, il faut acheter leurs oeuvres, appelait Raoul-Jean Moulin, l’un des pères du Mac/Val.

Grands équipements culturels

« Au-delà du Mac/Val, désormais installé dans le paysage, nous nous inquiétons de la  multiplication de projets d’infrastructures culturelles très lourds avec désormais la Briqueterie (centre chorégraphique) et la Manufacture des œillets. Tous ces projets sont intéressants, mais avons-nous aujourd’hui la capacité d’assumer autant de structures? Car il ne s’agit pas seulement de les construire mais d’assurer ensuite un coût de fonctionnement élevé. Ceci alors que pour la première fois depuis 1958, le gouvernement a diminué le budget du ministère de la Culture de manière drastique deux années de suite avant de le stabiliser à la baisse cette année, et que les dotations aux collectivités locales sont également en diminution. Quelle est notre capacité à faire face à ces dépenses sur le long terme? N’avons-nous pas les yeux plus grands que le ventre? Ces dépenses ne s’effectuent-elles pas au détriment de l’action de proximité comme par exemple les fonds thématiques des médiathèques?« , reprend Olivier Capitanio qui souhaite réaliser un audit des équipements culturels pour évaluer les sources de financement possible et s’assurer des engagements de l’Etat.

Evelyne Rabardel« Il ne faut rien retirer ni aux grands équipements ni à  l’ensemble des initiatives culturelles », répond Evelyne Rabardel, vice-présidente du Conseil général en charge de la politique culturelle, rappelant que La Briqueterie est déjà ouverte depuis l’an dernier, et que les travaux de la Manufacture des œillets vont commencer en juin. « Mieux vaut se mobiliser pour que les collectivités locales ne soient pas ponctionnées et puissent continuer de développer des politiques publiques utiles à tous.  C’est une mauvaise chose que de commencer par la culture dès qu’il s’agit de faire des économies. La culture est ce qui permet aux gens d’accéder à la connaissance, de développer leur pensée,  de renouveler leur imaginaire pour se projeter. Plus les temps sont difficiles, plus il est nécessaire d’investir dans la culture pour ne pas se replier sur soi. Les grands équipements jouent un rôle d’entrainement sur le territoire et permettent aux artistes de travailler, d’échanger. Je ne les oppose pas à la diversité des actions culturelles sur le terrain« , insiste la vice-présidente.

Quelle programmation pour tous ?

Le représentant du groupe UMP s’interroge aussi sur la programmation culturelle du département. « Certaines initiatives, comme la Biennale des poètes et son budget de 500 000 € tous les deux ans, coûtent une fortune pour un public confidentiel. Je me souviens de m’être retrouvé avec deux personnes dans une salle pour écouter de la poésie en Finnois. Il s’agit d’argent public et ce n’est pas le rôle d’une collectivité de faire plaisir  à quelque uns. Nous souhaiterions réorienter davantage le budget vers des actions culturelles de proximité, cela n’empêche pas l’exigence », insiste Olivier Capitanio. « Le public populaire a aussi droit à l’excellence. Dans l’ensemble des festivals que l’on finance, comme Les Théâtrales Charles Dulin, le Festival de Marne, Ciné junior, Sons d’hiver, la Biennale de danse…  le public est au rendez-vous. La salle de la MAC était comble ce vendredi lors de l’ouverture du Festival des films de femmes. Ces initiatives sont volontairement décentralisées, avec des accueils scolaires, pour être au plus près des populations et 920 000 personnes ont fréquenté les festivals du département en 2014″, explique-t-on au sein du service culturel. « Je vois beaucoup de gens au chômage ou avec un petit Smic dans les salles de théâtre », pointe Evelyne Rabardel.

 

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