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Gouvernance | Grand Paris | 21/05/2015
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Territoires du Grand Paris : premières réactions d’élus du Val-de-Marne

Territoires du Grand Paris :  premières réactions d’élus du Val-de-Marne
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Vue de ParisAlors que les hypothèses de périmètres des futurs territoires de la métropole du Grand Paris (MGP) ont été dévoilés officiellement ce mardi 19 mai, proposant des options assez différentes les unes des autres, quelques premières réactions d’élus.

A lire aussi : territoires du Grand Paris, les 4 hypothèses officielles (avec les cartes)

Sur la forme, plusieurs édiles font d’abord remarquer que la transmission des cartes en fin de réunion de la mission de préfiguration de la MGP sans inscription à l’ordre du jour était un un peu cavalière. « C’est une façon de faire passer l’information sans ouvrir le débat », Laurent Lafonestime Laurent Lafon, président de l’Actep, conseiller régional UDI-maire de Vincennes. A Arcueil, le maire EELV Daniel Breuiller considère que c’est une bonne chose que les informations apparaissent enfin au grand jour et indique qu’il mettra les cartes sur le site de la ville pour inciter les habitants et associations à s’y intéresser.

Au-delà des propositions mêmes, tous rappellent aussi le flottement persistant concernant les compétences. »On nous demande de nous prononcer Philippe Bouyssousur des contenants sans connaître leur contenu », regrette Philippe Bouyssou, maire PCF d’Ivry-Sur-Seine. Laurent Lafon s’interroge également sur l’impact des OIN (Opérations d’intérêt national) qui seront listées à partir de septembre et constitueront des périmètres au sein-desquels l’Etat aura la main en matière foncière notamment.

Alors que la loi Notre, qui doit préciser les compétences des différents échelons de la métropole, est encore en cours de discussion, les élus ont en effet jusqu’au 5 juin pour faire connaître leur position pour un bouclage des périmètres au 14 juillet.

Dans le détail des propositions, petits ou grands territoires, les avis fluctuent en fonction des positions géographiques des villes et les positions peuvent varier d’un élu à l’autre d’une même entité. Ainsi en est-il de l’Actep. Si tous ses élus s’accordent à peu près pour que le territoire ne soit pas amputé de sa composante Seine Saint-Denis (Neuilly-sur-Marne, Neuilly-Plaisance, Rosny-sous-Bois), tout le monde n’a pas le même avis sur l’entrée de Jacques JP MartinNoisy-le-Grand, une grosse pièce de puzzle. Maire UMP de Nogent-sur-Marne, Jacques J-P Martin y est favorable pour accrocher le potentiel de développement économique, innovation et formation de Marne-la-Vallée en plus des pôles de Val-de-Fontenay et Rosny-sous-Bois (hypothèses B et C). Il s’oppose en revanche fermement à ce que soient exclus du territoire des membres actuels de l’Actep positionnés du côté Seine-Saint-Denis, comme le prévoient les hypothèses A et D.« Face à Est Ensemble, GPSO (Grand Paris Seine Ouest), Paris… il est nécessaire de ne pas découper l’Est en tranches, motive l’élu. La constitution de grands territoires permet aussi d’en faire des coopératives de villes, tout en laissant les compétences de proximité aux communes. Bien-sûr, avec des territoire de grande dimension, comme l’arc Hauts-de-Seine (1 million), Christian Camboncela pose à terme la question de l’existence des départements… »  Sénateur-maire UMP de Saint-Maurice, Christian Cambon n’est pas favorable à l’entrée de Noisy-le-Grand mais regrette amèrement que Maisons-Alfort (qui n’était pas membre de l’Actep mais souhaitait le rejoindre) n’ait été retenu dans le territoire Actep dans aucun des 4 scénarios, y compris celui d’un grand territoire englobant Noisy. « Les territoires, ce n’est pas seulement de la géographie mais aussi des gens qui travaillent ensemble. Maisons-Alfort avait toute sa place dans le territoire d’Actep », regrette l’élu.

Jean-Marie-BretillonMaire UMP de Charenton-le-Pont, Jean-Marie Brétillon, lui, ne décolère pas, qui s’est le premier, et pour l’heure le seul, fendu d’un communiqué sur le sujet. « Il n’est pas convenable que des maires qui ont été élus il y a un an et qui disposent d’une légitimité incontestable ne puissent pas déterminer eux-mêmes avec quelles communes ils vont travailler à l’avenir », dénonce l’élu, regrettant dans les 4 hypothèses une sorte de puzzle aléatoire et une absence de cohérence territoriale. « Quel est le plus petit dénominateur commun ? Le Bois de Vincennes, l’autoroute A4, la Marne, rien de tout cela. Les circonscriptions sont même éclatées puisque la ville de Maisons-Alfort ne figure dans aucun des  4 scenarii alors qu’elle fait partie de la même circonscription que Charenton, Saint-Maurice et Joinville-le-Pont. Est-ce avec l’un de ces scénarii que l’on va constituer un territoire identifié, homogène, avec des villes au passé si différent, avec des niveaux économiques et fiscaux variés. Ne parlons pas des 4 grandes sensibilités politiques qui y seront représentées (PC, PS, UDI, Républicains) ! Cette machine infernale sera ingérable et ce sera alors le dernier acte voulu par le gouvernement : recentraliser l’ensemble au détriment des pouvoirs de proximité du Maire et de son Conseil municipal, au détriment aussi des populations.« 

« L’intégration de Maisons-Alfort au sud en parallèle de celle de Noisy-le-Grand à l’Est aurait mis tout le monde d’accord. Avec seulement Noisy, cela déséquilibre l’Actep« , estime également le président de l’Actep, Laurent Lafon.

Du côté de Plaine-Centrale, la ville préfecture de Créteil serait pour sa part confortée par un mariage à l’Est et au Sud-Est (hypothèse C). Cela la placerait dans un rôle central.  Le président de la communauté d’agglomération, le député-maire PS de Créteil Laurent Cathala, ne souhaite toutefois pas commenter les hypothèses pour l’instant. Député-maire Sylvain BerriosUMP de Saint-Maur-des-Fossés, Sylvain Berrios voit pour sa part d’un bon oeil les hypothèses A,B et D, englobant Plaine Centrale, Haut Val-de-Marne et Plateau briard, tout en regrettant l’intégration forcée de Valenton qui souhaitait rejoindre Seine Amont, mais n’est pas favorable à l’hypothèse C avec un gros territoire de 660 000 habitants « qui poserait des problèmes de proximité avec les habitants » et qui n’a pas selon l’élu de logique territoriale. « Le périmètre doit répondre à trois enjeux : identité, proximité et projet de territoire« , résume l’élu. D’un point de vue politique, la donne sera évidemment différente, avec et sans Seine Amont. Et les dosages politiques rentreront forcément en ligne de compte dans les négociations.

A l’ouest, Jean-Jacques Bridey, député-maire PS de Fresnes et président de la Communauté Jean Jacques Brideyd’agglomération du Val-de-Bièvre, rappelle la position de la CAVB en faveur d’un territoire comprenant le Val-de-Bièvre, la Communauté d’agglomération Seine-Amont (Casa) et le Grand Orly avec ses nombreux pôles d’attractivité, ce qui correspond aux hypothèses B et D, donnant lieu à un territoire de 660 000 habitants. « Il y a une pertinence de projet économique et social », insiste le député qui rappelle que la limite des conseils de territoire a été fixée à 300 000 habitants minimum, ce qui exclut de fait l’hypothèse A d’un Grand-Orly autonome à 267 000 habitants. Maire EELV d’Arcueil, vice-Daniel-Breuiller-150x150président de la CAVB, Daniel Breuiller est également favorable à une logique de grand territoire constituant un outil de mutualisation, de péréquation horizontale et d’équilibrage entre activité économique et habitat. « De grands territoires, échelons remontants d’une stratégie territoriale, favoriseront une métropole multipolaire, plutôt que Paris et une myriade de petits territoires« , défend l’élu qui souhaite que les trois territoire (Bièvre Orly Seine-Amont) puissent travailler ensemble au plus tôt pour se préparer.

Christian HervyPour Christian Hervy, président de l’association du Grand Orly, la reconnaissance du territoire du Grand Orly à part entière, dans l’hypothèse A, est évidement une nouvelle qui va dans le sens de ce qu’a défendu l’association. L’ancien maire PCF de Chevilly attend toutefois un avis concerté des membres de l’association pour prendre position sur l’ensemble des options. Une réunion est prévue dans les jours qui viennent.

Côté Seine Amont, Philippe Bouyssou, maire PCF d’Ivry-sur-Seine témoigne de sa difficulté à se prononcer sur des périmètres sans savoir quelles compétences et moyens leur seront réellement octroyés.

Dans l’ensemble, les élus n’ont pas encore arrêté leur position définitive au nom de leur communauté d’agglomération ou association de communes, les réunions et discussions se tiennent en ce moment pour transmission au préfet de région le 5 juin.

 

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