Solidarité | | 24/10/2015
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Une cinquantaine de migrants issus du lycée Jean Quarré accueillis à Fontenay-sous-Bois

Une cinquantaine de migrants issus du lycée Jean Quarré accueillis à Fontenay-sous-Bois

Alors qu’était évacué l’ancien  lycée parisien Jean Quarré, occupé progressivement par 1300 personnes depuis cet été, une cinquantaine d’entre eux ont rejoint les locaux de l’ancienne gendarmerie de Fontenay-sous-Bois ce vendredi 23 octobre.

Des familles, principalement originaires du Soudan, d’Erythrée, de Somalie et d’Ethiopie sont arrivées vers 10h30, accueillis par l’association Aurore, qui sera en charge de leur accompagnement sur le plan social, le sous-préfet de Nogent-sur-Marne, Michel Mosimann, et le premier adjoint au maire de Fontenay-sous-Bois, Pascal Clerget (PCF). Devant les familles assises sur des chaises dans la cour, les discours de bienvenue se succèdent.

50 autres personnes, des hommes seuls, ont été accueillies à Chevilly-Larue.

Des « choukrane » et des « thank you » (merci en arabe et en anglais) clôturent les prises de paroles, avec même quelques timides applaudissements. Les associatifs détaillent la marche à suivre : présentation des papiers d’identité pour l’inscription, attribution des chambres et fourniture d’une carte avec un tampon attestant qu’ils logent à la caserne.

Arrivée migrants fontenay 009

Persécution religieuse ou politique

Dans les rangs des arrivants, beaucoup d’Erythréens, comme Ferawaini, 26 ans. Bandeau sur la tête et longs cheveux tressés, la jeune femme raconte avoir fui son pays il y a six mois. De religion protestante, elle dénonce la persécution subie par les siens. Son père, pasteur, est en prison. De son périple pour l’Europe, elle se remémore son passage à la frontière avec le Soudan : “La police à la frontière, si elle te prend, c’est horrible ! Elle  t’envoie en prison sans te poser de question. C’est un crime là-bas de quitter son pays.” Ferawaini a ensuite rejoint la Libye, à pied et en voiture, avant d’atteindre l’Italie, en bateau. Un voyage presque semblable pour Bontu, 27 ans, originaire d’Ethiopie, avec sa petite fille de 4 ans, Coquette. En danger dans son pays pour des raisons politiques, il souhaite rejoindre la France, où “les droits de l’homme, l’acceptation de tous et la démocratie ont un sens”.

Arrivée migrants fontenay 036

Comme Ferawaini et Bontu, “beaucoup de Fontenaysiens ont fait un long voyage pour arriver jusqu’ici, soit parce qu’il fuyait la misère, la pauvreté, soit parce qu’il fuyait la répression politique”, rappelle Pascal Clerget. “La ville a été très marquée par l’accueil des latino-américains dans les années 70-80. Il ne nous a pas paru pas incongru de continuer cette histoire solidaire et fraternelle avec des gens en provenance de pays qui connaissent également la guerre et la violence”, motive l’adjoint.

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Après un petit déjeuner, les réfugiés rejoignent l’une des 29 chambres réparties dans les 8 appartements des deux bâtiments. Les membres d’Aurore veillent à ce que tous puissent “se reposer, manger et avoir accès au droit pour obtenir le statut de réfugié”, explique Vivien Gascq, secrétaire général de l’association (photo).

Au cours de la journée, des consultations médicales aux centres médico-sociaux de Fontenay-sous-Bois sont organisées. Les enfants en âge d’aller à l’école seront inscrits dans un établissement dès la semaine prochaine. “Les travailleurs sociaux vont écouter les récits de vie des migrants, souvent très douloureux. Certains ont vécu des scènes de guerre, d’autres ont traversé des pays à pied. Maintenant, notre objectif est de les remettre dans un cadre administratif et légal, et  leur permettre de vivre correctement pendant ces quelques temps”, reprend le secrétaire général de l’association.

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